‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 334 sur 889 · LE FÉDÉRALISME VAINCU À MONTAUBAN · texte numérisé non relu

LE FÉDÉRALISME VAINCU À MONTAUBAN

blement du vrai dans les accusations qui circulaient, nous verrons plus lard-ce même Comité de Montauban dénoncé à nouveau et par un représentant Montagnard. Mais c'était la cavalerie bourgeoise qui provoquait les dénonciations, elle les obtenait de gens naguère en réclusion et dont le témoignage par conséquent était suspect, elle employait la menace à l'égard des membres du Comité dont la probité était inattaquable, elle glorifiait Charlotte Corday dans ses propos !. Bien plus, de la réunion du Conseil général de la commune où fut arrêtée ùne enquête, étaient absents le maire -Périès-Labarthe et la grande majorité des municipaux, Poncet-Delpech et la plupart des notables ?, et l'administration du district était fédéraliste. L'arrêté d'enquête était illégal, le Comité de Salut public de Montauban, sanctionné par décret de la Convention, n'avait de comptes à rendre qu'aux Comités de Salut public et de Sûreté générale de la Convention. Enfin, la coïncidence entre ces troubles et la marche des Bordelais élait évidente. La situation, juridiquement, n’avait pas d’issue : les membres du Comité inculpés traduisaient leurs diffamateurs devant les juges de paix, mais ceux-ci se récusaient comme membres du Comité; d’autre part, aller devant le tribunal criminel, à Cahors, dans la ville rivale et entachée de fédéralisme, le Comité s'y refusait *, Cependantil était urgent de régler l'affaire, le parti girondin se relevait dans tout le département, à Moissac notamment malgré un semblant de réconciliation entre Colombié et ses compatriotes *.

La répression fut prompte. Le 20 juillet, la Convention, sur une plainte des administrateurs de la Dordogne, décidait le rappel de Treilhard et Mathieu, trop tièdes *. Le 27, ces députés quittaient Montauban où ils n'avaient rien su calmer. Le 23, le Comité de Salut public

députer à l’armée bordelaise pour s’enquérir de ses intentions. Ils réduisirent ensuite ce Comité à trois membres (Aulard, Actes du Convilé de Salut public, t. V, pp. 331- 333; lettres des deux Représentants du Peuple au Comité de Salut public de Montauban dans le Compte de la mission des représentants du Peuple, Treilhard et Mathieu, délégués dans les départements de la Gironde, Lot-et-Garonne el départements voisins, pp. 76, 79. Le 29/39. Bibl. nation.). Leurs lettres sur la situation à Montauban sont mentionnées à la Convention le 26 juillet (Moniteur, t. X VIT, p. 250),

1. Lettre du Comité de Salut public de Montauban à Jeanbon, du 21 juillet, déjà citée ; séance du Comité du 25 juillet (Registre du Comité L, 107).

2. Séance du 21 juillet fol. 134 recto. 3e Reg. du Conseil général.

3. Séance du Comité du 25; lettre du Comité du 25 à Jeanbon : « Nous voulons ardemment que les coupables, S'il y en a, soient sévèrement punis, mais nous voulons aussi que jusqu’à la conviction ils soient respectés‘comme la loi les respecte... st la cabale parvient à traduire quelques membres du Gomilé au tribunal criminel de Cahors par l’accusateur public, son triomphe sera complet » (L 108. Arch. Tarn-et- Garonne).

4, 6 juillet, réconciliation de Colombié et du Conseil général de la commune de Moissac (1er Registre de délibérations du Conseil général, pp. 457-458. Arch. commun.). 1er août, lettre du club de Moissac aux Amis de la Liberté et de l’'Egalité de Bordeaux : les citoyens de Moissac ne se laisseront pas prendre au système de calomnies existant contre Bordeaux (L 2157. Arch. Gironde).

5. Moniteur, t. XVII, p. 187. Le 20 juillet, d'autre part, le ministre de la justice adressait déjà au procureur de la commune de Montauban, Estève, un blâme pour la façon dont il remplissait ses fonctions (fol. 147 recto. 3 Reg. Conseil général de la commune).

de la Convention envoyait à Perpignan les cavaliers rentrés de Saint:

Girons !; le 25, en séance de l’Assemblée, Jeanbon ramenait railleusement à des proportions plus humbles l’expédition guerrière d’où ces jeunes gens étaient revenus enhardis à Montauban : c'était « une promenade militaire », disait-i!, et ils n'avaient pas à en être si fiers, car ils n'avaient fait que leur devoir, « les gros propriétaires doivent être les premiers à défendre la Société qui protège leurs propriétés ? ». Le 26, Barère proposait de remplacer Treïlhard et Mathieu par Élie Lacoste et Baudot; Jeanbon, nous ne savons pourquoi, s’opposait à l’envoi du compagnon de sa première mission, et Baudot, qui avait déjà exécuté à Toulouse le décret du 24 juin, était seul expédié à Montauban #. Jeanbon faisait aussi décréter l’établissement dans sa ville natale d'une manufacture d'armes, en plus de la fonderie de canons qui était maintenue “.

Enfin, le 1 août, renseigné de façon circonslanciée par ses amis de Montauban, Saint-André vint, au nom du Comité de Salut public, exposer à la Convention l'historique des événements et faire voter un décret rigoureux : toutes les procédures entamées contre les membres du Comité de surveillance furent cassées, défense fut signifiée au tribunal criminel du Lot d’y donner suite ; renvoi des accusés devant les juges de paix, suspension des trois administrateurs du district et des cinq officiers municipaux signataires du manifeste du 21 juillet, le procureur de la commune mandé à la barre, telles furent les autres dispositions prises. Baudot fut chargé de leur exécution 5. Il s’en acquittera le 10 août malgré les protestations de

1. Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. V, p. 412, p. 344. 2. Songer que Jeanbon est à ce moment président : « Je dois, dit-il, à propos de la réquisition urgente des gardes nationales à cheval, vous citer un fait particulier

quoique je ne le fasse qu'avec une extrême douleur » (Moniteur, t. XVII, p. 234); il .

insinue aussi que cette troupe, en se formant en corps particulier, n’avait d'autre but que de se distinguer des sans-culottes, Un décret est voté mettant toutes les gardes nationales à cheval en réquisition. Uu autre est porté contre ceux qui combattraient les Sociétés populaires.

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