Rapport Jeanbon
3. Proclamation, le 10 août, de Jeanbon, Prieur, Soubrany, Ehrmann, Richaud (Guerre : armée de la Moselle). C'est le 27 juillet qu’au nom du Comité de Salut publie Jeanbon avait fait rendre commune aux armées et aux flottes la fête anniversaire du 10 août (Moniteur, t. XVIT, p. 256). Jeanbon et Prieur rendent compte de cette fête du camp de Sarrebrück par une lettre de Metz, au Comité de Salut publie (Arch. nat, AE 246, analysé dans Aulard, dôtes du Comité de Salut public, 1. V, p. 256).
4. Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. V, p. 508. L'arrêté envoyait Prieur de la Côte-d'Or et Guillemardet à Péronne et Cambrai pour encourager l’armée de la République et faire les préparatifs d’une attaque. Cette disposition ne “fut pas exécutée, sans doute parce que cette mission eût fait double emploi avec celle de Prieur de la Marne et Jeanbon.
5. Rapport Jeanbon. Chuquet, Wissembourg, p. 66 et note 2. L’infanterie se rendit à Soissons, la cavalerie à Péronne (Chuquet, Hondschoote, p. 162).
Îls munirent ce contingent de tout ce qui fut lrouvé d'armes à l’arsenal de Metz et en ville, hâtèrent par des réquisilions d'ouvriers la réparation de ces armes, en firent fabriquer de nouvelles et décidèrent l'établissement d’une fonderie de canons à Metz !.
Puis, en hâte, ils se rendirent à l’armée du Nord « pour y voir Houchard, le prévenir des secours que nous lui envoyions, et nous concerter avec lui sur la disposition de ces forces » ?. Chemin faisant, ils expédiaient à l'armée, le 13 août, deux détachements de cavalerie trouvés à Verdun. À Stenay le 14, après avoir constaté le délabrement inconcevable du 11° chasseurs à cheval, ils passaient la nuit à combiner des mesures pour sa remonte, son équipement et son armement. À Sedan, ils notaient et déploraient la scission opérée dans la Société populaire par les riches et la ruine des fortifications *. Ils s’arrétaient au camp de Carignan pour visiter l’armée des Ardennes et y éprouvaient les mêmes joies qu'à Sarrebrück, car ils voyaient les soldats se presser autour d’eux en criant : « Vive la République », en répétant avec instance « quand nous mêènera-ton à l'ennemi? »
Le 15 août, à la manufacture d’armes de Charleville, Jeanbon et Prieur trouvèrent un amas de 64,000 fusils non réparés ou non achevés : les entrepreneurs et ouvriers avaient fabriqué pour le commerce au lieu de travailler pour le compte de l’État et ils avaient employé à des commandes particulières tout le stock des matières premières. Les inspecteurs militaires fermaient les yeux. Jeanbon et Prieur prirent des mesures énergiques, et pour les assurer mirent l'administration de la manufacture sous le contrôle d’un comité de surveillance révolutionnaire ‘. Ils relevèrent aussi un accaparement de cuirs pour plusieurs millions par les administrations militaires *.
À Péronne, où ils arrivèrent le 18 août, leur impression fut encore plus mauvaise. Cette ville était une place forte de première ligne depuis que l’armée du Nord avait dû évacuer, le 8 août, le-camp de César et la ligne de la Sensée au sud de Valenciennes pour se reporter sur la Scarpe; le chemin était ouvert de Valenciennes par Bapaume sur Amiens, Péronne et Saint-Quentin, les villes de la Somme; et -
1. Rapport Jeanbon; lettre de Jeanbon et Prieur au Comité de Salut publi, de Metz, 12 août 1793 (Guerre, armée de la Moselle analysé dans Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. V,p. 534). Jeanbon et Prieur s’y déclarent partisans de l’exclusion des nobles des armées. Cf. à leurs mesures pour l’armement celles de Jeanbon durant sa mission dans le Lot.