Rapport Jeanbon
3. Custine avait déjà. jugé les fortifications de Sedan défectueuses, mais il préférait fortifier à neuf sur un autre point (Chuquet, Valenciennes, p. 140).
4. Rapport Jeanbon. Lettre de Jeanbon et Prieur de Mézières, 16 août, au Comité de Salut public. Ils y conseillent aussi d'acheter des chevaux dans ie Luxembourg, le duché de Bouillon et la Suisse (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VI, p. 5). Le 22 août, le Comité de Salut public arrêta l'envoi de sept commissaires à la manufacture de Charleville Gbid., p. 58). :
5. Jeanbon à la Convention, 29 août (Moniteur, t. XVII, p. 525). Noter que dans Son rapport Jeanbon dit que ce fait s’est produit à Sedan et que ce sont d’autres Représentants du peuple qui l’ont découvert,
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au-delà nul obstacle n’exislait plus jusqu'à Paris. Cependant, et en dépit d’une inspection de Carnot-Feulins dans les derniers jou rs de juin ‘, les fortifications de Péronne étaient à l'abandon, on les avait réparées seulement du côté où la ville était couverte par des marais; el, sur ce point même, l’écluse nécessaire à l’inondation se trouvait en mauvais état; à l'endroit Le plus accessible, le parapet du
rempart était ébréché et des matériaux amoncelés tout récemment
en dehors semblaient un remblais ménagé tout exprès pour l’esealade ; les fossés n'étaient pas creusés, canons et caissons en tas gisaient dans ia paille. Le commandant de la place et les autorités se renvoyaient les responsabilités. Jeanbon et Prieur attribuèrent la tiédeur ‘deshabitants, l’insouciancedes autorités à l'absence d’une Société populaire.Ils donnèrent des ordres pour remédier à cet état de choses, mais à Bapaume, poste avancé de Péronne, ils eurent le même spectacle ?.
L'armée du Nord amenée par Kilmaine, commandant intérimaire, du camp de César sur la Scarpe, laissait à découvert la route de Valenciennes à Paris, mais menaçait le flanc de l'ennemi qui s’y fût engagé : échelonnée d'Arras à Douai, avec Lille comme point d'appui, elle avait son centre au camp de Vitry sur Scarpe ?, et Houchard y était arrivé le 10 août. Jeanbon et Prieur y furent accueillis, comme à Sarrebrück et Carignan, par l’enthousiasme des troupes les Li de « Vive la République », des instances pour marcher à l'ennemi, et aussi par les cris de « serons-nous toujours trahis »? Billaud-Varenne et Niou l'avaient été quelques jours auparavant par ceux de « point de trahison, point de marche rétrograde * ». L'armée parut aux deux membres du Comité de Salut public « saignante encore » des plaies que lui avait faites « la trahison » de Custine. Ils se félicitèrent que les troupes se fussent déta- -chées de ce général que naguère elles adoraient, et ils virent dans ce changement d'opinion une preuve de plus de la félonie du commandant en chef incarcéré : la voix d’une armée, pensèrent-ils, est infaillible comme la voix du peuple *.
Les soldats, les volontaires surtout, semblèrent instruits à Jeanbon. Aux volontaires allaient toutes ses préférences, car dans Valenciennes ils avaient montré plus de patriotisme, à l’armée moins d’attache-
1. Voy. sur l'importance de Péronne à ce moment Chuquet, Hondschoote, pp. 83- 87. Sur la visite de Carnot-Feulins voy. Charavay, Correspondance générale de Carnot, t. II, p. 351. Noter que, le 3 août, les membres de la commune de Saint- Quentin, signalaient que cette place était également démunie (notes de Saint-Just, Barère, Mémoires, t: IV, p.483):
en Rapport Jeanbon.
3. Ou Vitry en Artois, ce camp couvert par la Scarpe s’appelait aussi camp de Gavrelle ou de Biache (Chuquet, Hondschoote, p. 90).
4. Rapport Jeanbon, Chuquet, Hondschoote, p. 112. Niou et Billaud Varenne avaient été expédiés en mission dans le Nord et le Pas-de-Calais par décret du der août (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. V, p. 443).
5. « Quand on est accusé par le cri de toute une armée, il est difficile qu’on puisse être innocent » (rapporté Jeanbon).
ment pour Custine que les anciennes troupes de ligne !. Au contraire, les officiers lui déplurent grandement : ils s ‘obstinaient à garder tout ou partie de l'uniforme de l’ancien régime au lieu de prendre l'habit aux couleurs nationales, et les deux Représentants s’indignèrent que Custline et les autres généraux eussent souffert cette violation de la loi *. Les états-majors leur parurent particulièrement gangrenés, sauf celui du général Davaisne. Ce dernier avaït peut-être, aux yeux de Jeanbon, le mérite de se poser dès ce moment en adversaire de Berthelmy *. Ces dispositions d’esprit des officiers inquiétaient d'autant plus Jeanbon et Prieur, qu'après d’autres conventionnels ils remarquèrent des coquetteries du duc d’York et des Anglais à l'adresse des Français #.
Les deux membres du Comilé de Salut public reprochèrent surtout aux officiers et généraux leur attachement à la défensive, leur système de disséminer des forces considérables à la surface du pays. On voit que C'était là une idée fixe chez Jeanbon et Prieur. Beaucoup d’autres du reste l’exprimaient à Houchard : Carnot, Billaud-Varenne et Niou, Levasseur et Bentabole. C'était, M. Chüquet l’a bien montré, l’idée courante *, el nous avons constaté que l'offensive était aussi en faveur dans la marine. Mais Jeanbon et Prieur commettaient trois injustices : ils flétrissaient la méthode de défensive et d’éparpillement du nom de « Gustinisme », alors que Gustine en juin avait été le premier à proposer l'appel à l’armée du Nord de renforts tirés des autres armées et la concentration en vue d’une offensive ‘; ils inculpaient de « Custinisme » les conseillers de Houchard, c’est-à-dire Berthelmy et Gay-Vernon, alors que Berthelmy réclamait instamment, lui
1. Chuquet, Valenciennes, p. 334, Hondschoote, pp. 49-53. Noter que,:le 9 août, less soldats au camp de la Madeleine sous Lille se plaignirent à Levasseur et Bentabole des trahisons des généraux. Leur opinion avait done peu à peu changé (Ibid. p. 55). Bentabole, le 13 août, jugeait les volontaires bons, les troupes de ligne « très froides pour la République » (Ibid., p. 111). Ajoutons que l’insubordination et la licence reparaissaient alors parmi les soldats (Ibid., p. 110).
8. Rapport Jeanbon. Le décret du 23 février avait prescrit l'uniforme national, un autre du 6 mai en avait ordonné le port pour le 15 juin, et le 5 mai à Douai les Réprésentants du peuple à l’armée du Nord avaient sommé Custine de faire exécuter la loi du 23 février sous sa responsabilité (Charavay, Correspondunce générale de Carnot, t. II, p. 206). Mais les officiers de ligne s’entêtaient ou à garder sur l’habit bleu des ‘boutons blancs, des épaulettes blanches, ou à ‘endosser V'habit blanc en dehors du service (Chuquet, Wissembourg, p. 87).