‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 348 sur 889 · Rapport Jeanbon. Chuquet, Hondschoote, p · texte numérisé non relu

Rapport Jeanbon. Chuquet, Hondschoote, p

4.-Rapport Jeanbon. Collot d'Herbois et Isoré dénonçaient, le 19 août, au Comité de Salut public, de Beauvais, l’effet de ces ménagements des Anglais sur les soldats de la garnison de Valenciennes (Actes du Comité de Salut public, t. VI, p. 28).

5. L'offensive et l’offensive par grandes masses, voilà le système qu’ils préconisent, La concentration des troupes dans chaque armée était une des formes de ce système, la concentration des principales forces des autres armées à l’armée du Nord en était une autre. Voy. Chuquet, Hondschoote, pp. 155-161 sur tous les Représentants du peuple qui l’ont recommandé.

6. Rapport Jeanbon. Custine et Gay-Vernon avaient fait approuver ce plan le 9 juin par le Comité de Salut public; le 17, le Comité de Salut public en avait suspendu l'exécution (Chuquet, Valenciennes, pp. 124-132).

aussi, la concentration ‘, et qu'avec Gay Vernon il préparait le plan de campagne offensive quidevait conduire à la victoire d'Hondschoote ; ils soupconnaient enfin Houchard de ne venir à l'offensive que contraint et forcé ?, alors que ce général était tombé d’accord avec Car-

not, dès le 13 août, sur l'opportunité d’une attaque dans la Flandre maritime. ;

Avec plus de justesse, à l’armée du Nord comme ailleurs, Jeanbon et Prieur signalèrent des malversations des fournisseurs : ils trouvèrent les places démunies de blé malgré les ordres réilérés d’autres conventionnels en mission, de Carnot notamment, et ils constatèrent que des lames de sabre livrées par l'arsenal de Douai étaient en plomb *. Aussi décidèrent-ils d'Arras, le 21 août, des achats de grains jusqu’à concurrence de huit millions dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme, de l'Aisne et des Ardennes“. Leur arrêté, tout autant que les précédents, devait être annulé par le mauvais vouloir des gros fermiers et propriétaires qui aimaient mieux vendre à l’ennemi contre du numéraire qu'aux Français contre des assignats. Jeanbon et Prieur aidèrent enfin à la conceniration des troupes par la réunion de tous les dépôts particuliers de cavalerie en quatre dépôts généraux, mesure dont Cochon, Delbrel et Le Tourneur avaient pris l’iniliative *.

1. Rapport Jeanbon. Chuquet, Honaschoote, pp. 110, 154, 157-158. Jeanbon désigne Berthelmy et Gay Vernon, car ce sont les deux conseillers de Houchard, et il les nommera à la Convention, le 24 septembre, en attribuant à la méthode de défensive entêtée de Gay Vernon les revers survenus à la frontière du Nord. Gay de Vernon, élève à l’école de Mézières en 1780, lieutenant en premier en 1785, capitaine en 1791, chef de brigade du 30 avril 1793, suspendu le 17 septembre, incarcéré, libéré après thermidor, sous-directeur des études à l’École polytechnique en 1798, commandant en second à la même Ecole en 1804, baron de l'Empire en 1811, défendit Torgau en 1813, chevalier de Saint-Louis en 1817, mort maréchal de camp honoraire en 1822 (Charavay, Correspondance générale de Carnot, t. II, p. 453, note 1).

2. Noter que le 19 août, Auger, adjoint au ministre de la guerre, dénonçait Houchard aux Jacobins (Aulard, Jacobins, t. V, p. 364). Voy. Chuquet, Hondschoote, p. 135.

3. Rapport Jeanbon. Jeanbon le rappellera à la Convention le 30 septembre (Moniteur, t. XVIII, p. 11).

4. Rapport Jeanbon. Carnot, dans la Flandre maritime, du 1 au 4 août avait constaté la pénurie de subsistances, Dumouriez ayant envoyé toutes les ressources de ces départements en Belgique (Charavay, Gorrespondance générale de Carnot, t. Il, pp. 434, 437-438, 443). Il avait ordonné des mesures de concert avec l'ordonnateur Petit Jean (ibid., pp. 434-454). Un décret du 17 août ordonna un recensement général des grains de la dernière récolte (Procès-verbal, t. XIX, p. 47).

5. Rapport. Voy. Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. V, p. 460, p. 482. Delbrel dit que l'arrêté fut pris par Cochon, Le Tourneur, Jeanbon, Prieur de la Marne et lui,quand Prieur et Jeanbon passèrent au camp où lui-même se trouvait (Aulard, Notes historiques du conventionnel Delbrel. Paris, 1893, in-12. \Bibl. nat. Ln ?1 no 41924). C’est sans doute du camp de Vitry-sur-Scarpe qu'il s’agit. — Le Tourneur de la Sarthe envoyé en mission avec Levasseur de la Sarthe-à l’armée du Nord par décret du 21 juillet (Aulard, Actes du Gomile de Salut public, t. V, p. 325).

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Ils étaient de retour à Paris le 23 août ‘. En vingt jours de tournée, ils avaient rempli leur principale mission : porter des renforts à l'armée du Nord, ils avaient pris aussi d'excellentes mesures de détail dont plusieurs d’ailleurs, après leur départ, ne furent point continuées, ils avaient enfin noté des observations générales qu’ils firent entendre au Comité de Salut public, que Jeanbon consigna en conclusion de son rapport et qu’il va répéter plusieurs fois à la tribune.

Ces observations, les voici : Il règne dans la défense du pays une inertie générale. « Il faut changer le système de tactique, le général qui le voudra ne laissera pas ses forces éparses et dispersées, il en formera des masses aussi imposantes que sa situation le permettra ; il ne voudra pas que chaque bourg, chaque village ou chaque hameau ait sa garnison ou son cantonnement ; mais il se portera dans tous les points avec son armée, sa marche rapide atteindra l'ennemi partout où il sera ; le soldat se réjouira de n’être plus condamné à l’oisiveté, il fera des prodiges de valeur, sa confiance renaîtra, et les hordes des brigands étrangers cédant à son impétuosité fuiront devant lui. » Mais il faut « un général capable, qüi veuille s’entourer de quelques patriotes intelligents ». Il est nécessaire de destituer les États Majors actuels composés de nobles et de corrompus. On peut compter sur le soldat, sur le volontaire surtout qui est la nation armée.

De même, tandis que le peuple est bon el veut la liberté, « les gros propriétaires, les fermiers des ci-devant moines et des ci-devant émigrés sur les frontières du Nord, affranchis des dîmes, des corvées et des redevances seigneuriales, n’en sont pas plus amis de la Révolution ;... le devoir pour eux est de s'enrichir » et les administrations locales les favorisent ?. Les fournisseurs, les agents des subsistances, charrois, etc., ne valent pas mieux, sont encore plus « voraces », étalent un luxe odieux *.

Au retour de Jeanbon et Prieur à Paris, une série d’arrêtés fut prise par le Comité de Salut public, conformément aux indications et conclusions de leur rapport, pour relever la manufacture d'armes de Charleville, pourvoir de cavalerie en hommes et chevaux

1. Prieur est mentionné présent au Comité le 23 (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VI, p. 68). Jeanbon y signe des arrêtés le 24 (ibid., p. 86).

2. Rapport Jeanbon, discours de Jeanbon à la Convention le 29 août (Moniteur, t. XNIT, p:625).

3. Rapport Jeanbon. Cf. Bouchotte sur les fournisseurs Le 25 août « ils ne veulent que gagner ». Cf. le Comité de Salut public aux Représentants, le 7 mai, circulaire déjà citée, et Niou et Billaud-Varenne écrivant le 11 août au Comité de Salut publie (Chuquet, Hondschoote, pp. 37, 112).

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