‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 349 sur 889 · CONCLUSIONS QU'IL EN RAPPORTE · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS QU'IL EN RAPPORTE

l’armée du Nord et garnir ses cadres ‘. Un arrêté du Comité du

24 août, confirmé par décret de la Convention du 29, ordonna la destitution des officiers qui auraient gardé tout ou partie de l’ancien uniforme ?. Jeanbon se joignit à Thirion le 29 août pour faire renvoyer par la Convention au tribunal révolutionnaire l’administrateur Gigot qui leur parut n’avoir pas exéculé les réquisitions prescrites *. Quant au système de concentration des troupes et de l’offensive par grandes masses, Carnot, entré au Comité de Salut publie le 14 août, allait le faire triompher ‘. Le 16 et le 23 août, la Convention demandait à la levée en masse un premier ban de 450,000 citoyens de dix-huit à vingt-cinq ans pour renforcer ces troupes nationales et volontaires en qui Jeanbon avait une telle confiance ÿ. La campagne de Hondschoote allait ouvrir la série des opérations offensives et des succès ‘. Enfin, les théories de Jeanbon vont être mises en pratique même dans ce qu'elles présentent d’exagération fatale et injuste : les officiers nobles seront bientôt, sauf exceptions individuelles, écartés du service, et Houchard, Berthelmy, suspectés par notre conventionnel avant d’avoir agi, seront dénoncés et accablés dans la Convention au premier revers.

Ces conclusions de Jeanbon et Prieur ne leur appartiennent pas en propre, puisque, nous l’avons dit, d’autres Représentants les ont pareillement formulées, puisque la Convention les met en pratique avant même le retour des deux membres du Comité de Salut public. Il en est d’autres, celles-là d'ordre politique, également conformes à toutes les théories des conventionnels, moins explicitement exposées dans ce même rapport, mais qu’il est essentiel de dégager pour marquer l’évolution politique de Saint-André, car il va aussi s’en inspirer

dans la Convention et au Comité.

Dans les dernières lignes du rapport, Jeanbon écrit : « Vous avez pour vous tous les hommes de bien, tous ces hommes simples et courageux qu'on a voulu flétrir par la dénomination de sans-culottes el

1. Arrôtés du 27 août non signé de Jeanbon, du 24 août signé de Jeanbon (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VI, pp. 127-129, 86). Décret du 29 août voté sur demande de Jeanbon, versant toutes les troupes de cavalerie qui ont été levées dans les anciens cadres (Procès-verbal, t. XIX, p. 359).

2. Aulard, Actes du Comité äe Salut public, p. 85. Procès-verbal, t. XIX, p. 359. Notons un arrêté du 21 septembre rédigé par Jeanbon pour obliger Julien de Carentan, qui avait été chargé de pourvoir au transport des Mayençais, de rendre ses comptes (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VI, p. 589).

3. Moniteur, t. XVII, p. 525. Gigot fut acquitté d’ailleurs par le tribunal révolutionnaire, peu suspect d’indulgence cependant, le 21 pluviôse an II (Campardon, op. cit., t. Il, p. 424). Thirion, né à Thionville en 1763, professeur à l’Oratoire, député de la Moselle à la Convention, rentra dans l’enseignement sous l'Empire. Exilé en 1816 comme régicide, il s'empoisonna (Dict. des Parlementaires).

4. Rappelé de la Flandre maritime le 6 août, renvoyé le 11 à Arras pour s'entendre avec Houchard sur le plan de campagne, il repartit pour Paris le 14 (Charavay, op. CciPitlntrod DT):

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