Procès-verbal, t. XIX, p. 23 et
6. M. Chuquet montre qu'avec de l’inexpérience et un certain manque de sang froid les soldats se conduisirent bien à Hondschoote (Hondschoote, p. 227).
qui s’honorent de ce nom parce qu’il leur rappelle leur pauvreté. Eh bien! souvenez-vous que dans toutes les révolutions qui se sont opérées dans le monde, la pauvreté et la vertu ont triomphé du double despotisme du pouvoir et de la fortune !, » Jeanbon s’affermit donc dans son attachement à la classe populaire, dans sa haine pour les nobles et les riches : il a l’intention ferme d’expulser ceux-ci des armées, pour n’y laisser que la démocratie, les soldats et volontaires, les officiers sortis des rangs des volontaires et des soldats; dans la politique générale, dans la réorganisation de la marine, il fera de même, il ne confiera désormais de pouvoirs, de fonctions et de grades qu'aux gens de la classe populaire. I a réclamé un contrôle et une répression impitoyables de tous les fripons, de tous les incapables, de tous les tièdes, et il a employé à cette œuvre, de sa propre initiative, comme dans le Lot naguère, les groupements démocratiques, c’est-à-dire les Sociétés populaires et les Comités de Salut public : il va préconiser l’extension à tout le pays de ces organes de Terreur locale. Il à devant l’inertie générale compris le besoin et réclamé l’emploi d’une direction d'ensemble, d’une action résolue qui se fit sentir partout : il va dans ce but pousser la Montagne à concentrer tous les pouvoirs entre les mains des membres du Comité de Salut public pour constiluer un gouvernement tout puissant, terrible et généralisant la Terreur. De sa mission aux armées comme de-sa mission dans le Lot, il revient plus résolu à la guerre sans pitié contre tous les ennemis de la Révolution, parce que l'expérience lui a montré la nécessilé de cette guerre.
1. Cf. Milhaud et Ruamps au Comité de Salut public, de Wissembourg, 22 août, « Lisez publiquement une observation importante à la Convention : il faut absolument chasser du sein de la République les riches égoïstes qui ne veulent ni nous fournir de subsistances ni se battre avec nous contre les despotes » (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VI, p. 65).