‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 353 sur 889 · Moniteur, t. XVII, p · texte numérisé non relu

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3. Sa mission en compagnie de Niou mentionnée au chapitre précédent. Voy. son portrait dans Aulard (Orateurs de la Législative et de la Convention, 1885-1886; 8 v.in-8, t. I, p. 479), « petit, toujours vêtu d’un modeste habit marron, coiffé d'une perruque noire, avec des traits réguliers et insignifiants, le teint jaune, le nez trop long, le front étroit » et Mercier (Nouveau Paris, t. VL, p. 8) « c’est avec ces yeux farouches et dans cette froide et immobile attitude qu’il eut assisté aux funérailles de l'Univers »,

Jeanbon ne pouvait répondre lui-même, ce fut Robespierre qui défendit le Comité, non sans être interrompu par des murmures. Il dévoila les intentions de Billaud : « Ce n’est pas d'aujourd'hui que je

’apercois qu’il éxiste un système perfide de paralyser le Comité de

Salut public en paraissant l'aider dans ses travaux. » Danton, avec son

patriotisme éclairé, montra les dangers de la commission proposée : « Déjà le Comité de Salut public presse le Conseil exécutif. Si vous créez une commission, elle pressera le Comité; peut-être au lieu d'une action nouvelle n’aurez-vous créé qu’une nouvelle inquisition. » Danton proposa plutôt l’adjonction au Comité de Salut Public de trois nouveaux membres, Billaud, implicitement, était désigné pour être l’un des trois, et de la sorte il serait intéressé à défendre à l’avenir le Comité quil attaquait aujourd’hui, Danton obtint même le renvoi de la motion au Comité de Salut public pour que celui-ci gardât la liberté apparente de choisir ses nouveaux collaborateurs !. .

Le Comité n’en fit rien. Pourtant la trahison de Toulon qu’il apprit sur ces entrefaîtes, et dont nous nous occuperons à propos du rôle de Jeanbon à la marine, constituait un désastre susceptible d’ébranler sa situation. La soumission de Bordeaux ?, l'entrée de Carteaux à la tête d’une armée monlagnarde dans Marseille *, parurent peut-être au Comité de nature à compenser l’effet de ce malheur. D'ailleurs, dans le Comité, il n’y avait pas, semble-t-il, unanimité pour l'adoption d’une politique de violence. Jeanbon, le 1 septembre, aux Jacobins déclarait qu'il fallait épurer la Société avec la dernière rigueur : «ne restons que dix si le onzième n’est pas trouvé digne de siéger parmi nous » “, et le 2, au Comité, informé que Toulon venait de se livrer aux Anglais, s’il faut en croire des rapports extrêmement sujets à caution il réclamait la tête de Marie-Antoinette ÿ. Mais Robespierre qui dominait au Comité, qui présidait la Convention, inclinait à l’indulgence : il le laissait voir notamment à propos de la répression qui se poursuivait alors de l'insurrection fédéraliste et royaliste des Lyonnais f.

Le 2 septembre, le Comité, interrogé par Billaud-Varenne sur la vérilé de la trahison de Toulon, niait cette nouvelle. Le 4, il était obligé de la confirmer. Cette hésitalion, ces petités manœuvres furent sur le point d’être fatales au Comité. Il ne pouvait maintenir

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