CHAPITRE. XI
La marine depuis l'entrée de Jeanbon au Comité de Salut public, plan d'opérations du 24 juin ; vains essais de réorganisation de répression, et d'épuration des états-
majors. — La trahison de Toulon et de l’escadre de la Méditerranée, les responsabilités, le rapport de Jeanbon sur la trahison de Toulon, discussion de ce rapport. — Conséquences de cette trahison. — Mesures du Comité de Salut public,
à la suite de ce désastre, pour relever la marine.
Parmi les événements qui, de juin à octobre 1793, avaient obligé la Convention à organiser la dictature du Comité de Salut public, nous avons signalé les revers de notre marine. Jeanbon était chargé de la marine dans le Comité de Salut public : il nous faut donc revenir sur ces fails, etmoutrer comment en juin, alors que le Comité de Salut public était à demi-moutagnard, en juillet et août quand il fut devenu exclusivement montagnard, Jeanbon Saint-André et ses collègues ne purent à la marine conjurer les effets désastreux de la désorganisation précédente, comment alors la Convention se résolut à leur confier les pouvoirs les plus étendus sur les services maritimes comme sur tout l’ensemble du gouvernément.
Le 2? juin, Barère, au nom du Comité de Salut public, faisait décréter par la Convention l’embargo sur tous les bâtiments marchands et corsaires : aucun d'eux ne devait désormais sortir des ports jusqu'au moment où nos escadres seraient armées et les 11,000 matelots qui manquaient aux vaisseaux de guerre seraient obligés de refluer du service du commerce et de la course au service de l'État. La guerre de course était ainsi frappée à mort, mais le Comité de Salut public et le ministre de la marine se proposaient de renouveler les armements en grand, les opérations en corps de flotte infructueuses jusqu'alors.
1. Cet embargo a été demandé le 21 par Dalbarade à la Convention, celle-ci a renvoyé au Comité de marine (Procès-verbal, t. XIV, p. 170). Le 22, un membre demande à la Convention un rapport du Comité de Salut public sur la question (ibid, p. 189) et Barère vient faire ce rapport (Moniteur, t. XVI, p. 719).