PLAN D'OPÉRATIONS DU 24 JUIN
En effet, le 24 juin, Dalbarade traçait sous le titre de « Disposition de forces navales » un vaste plan de guerre maritime. Il y posait en principe ceci : « nos forces navales sont dans une trop grande disproportion avec celles de nos ennemis pour que nous puissions destiner une ou plusieurs armées pour tenter avec eux le sort d’un
- combat ». Donc il s’agit : 1° d'éviter une descente ennemie, surtout du
côté des départements soulevés par les Vendéens ; 2° de protéger notre navigation au long cours, ainsi que le cabotage qui assure « la circulation des approvisionnements entre nos différents ports», et de nuire au commerce ennemi; 3° de maintenir sans cesse nos adversaires dans la crainte d’expéditions sur différents points en Europe ou dans les colonies, « de les alarmer par les préparatifs d’une descente et de l'effectuer S'il est possible »; 4° de défendre les colonies.
En conséquence, un cordon de corvettes, avisos et canonnières sardera les côles de Dunkerque à Bayonne et de Port-Vendres à Villefranche ; une chaîne de frégates de l’île de Sein à la côte d'Espagne, à moins de trente lieues au large, aidera au même office et interceptera les bâtiments ennemis sortant des ports espagnols de Galice ; des croisières, chacune de quelques bâtiments légers, frégates et corveltes, seront disposées sur la côte de Galice, le cap Saint- Vincent, au large des caps, à l’ouest de l'Irlande au cap Clar, aux Orcades, à l’ouvert de la Manche avec ordre de rallier Brest en cas de besoin, aux abords de Rochefort et de Lorient, à Cherbourg, dans les mers d'Allemagne pour nuire au commerce ennemi. En outre, « le plus grand nombre possible de frégates, corvettes et autres bâtiments légers » sera jeté au large sur les routes de commerce. On destinera six vaisseaux de ligne, les meilleurs voiliers, pour sortir par groupes de deux ou trois afin d’aller soutenir les frégates, avec ordre: de changer souvent de position. Enfin, on réunira « dans la rade de Brest tous les vaisseaux de ligne des ports de Brest, Lorient et Rochefort, à mesure de leurs armements, pour faire un seul corps d'armée », et on ne hasardera de « sortir cette armée que dans le cas où sa force serait reconnue supérieure ou égale à celle de l'ennemi »; on augmentera par radoubs, refontes et constructions le nombre de nos vaisseaux de ligne, « et particulièrement celui des frégales et corvettes »; on rassemblera « sur les divers points de la Manche des bâtiments de transport pour annoncer les dispositions d’une descente », el on se préparera à l’effectuer « si les circonstances sont favorables ». Des croisières aux Antilles, sur les côtes d'Afrique et aux Indes Orientales garderont nos colonies. Des dispositions analogues seront prises dans la Méditerranée pour protéger nos bâliments de commerce et de cabotage, enlever ceux de l'ennemi sur nos atterrages et sur les routes maritimes, augmenter dans Toulon notre armée navale. En dehors de ce plan, des opérations particulières seront tentées, notamment celle de Kerguelen ‘. Le ministre