Arch. marine, BB# 33, fol
joignailt à ce dispositif la liste des bâtiments garde- côtes, dressée pour le littoral de la Bretagne *.
Ce plan « défensif et menaçant tout à la fois », comme le qualifiait son auteur Dalbarade, fut immédiatement adopté par le Conseil exécutif. Pour le réaliser, il décida de porter à cent les vaisseaux de ligne armés et équipés, d'augmenter de cinquante le nombre des frégates, de trente celui des corvettes, de vingt celui des avisos réclamés par: le projet, et de frêter cinquante à soixante bâtiments de commerce pour être répartis dans les divers ports de la Manche en vue d'une descente. Le Comité de Salut public, le 27 juin, approuva le plan et la délibération du Conseil exécutif : au bas de l'arrêté signèrent Delacroix, Cambon, Ramel, Guyton, Lindet, Delmas, Jeanbon Saint-André ?.
Nous ne pouvons juger ce plan que sous réserves, n'étant point compétents en la matière. Il nous semble toutefois que, si l’on excepte le projet de descente en Angleterre qui était d’une témérité excessive, mais auquel tenaient essentiellement les Montagnards, et que d’ailleurs Choiseul avait risqué sous l’ancien régime avec une marine encore plus délabrée, ces vues étaient habiles et prudentes, témoignaient de hautes et nobles ambitions en même temps que d’une appréciation exacte de la situation. Dalbarade, d’ailleurs, avait dù les formuler d’après les avis des officiers formés dans les guerres précédentes, car elles sont conformes à ce que souhaitaient Villaret- Joyeuse *, Van Stabel, et les mesures tendant à retenir les Anglais dans leurs ports par la crainte d’un débarquement étaient inspirées de la fameuse campagne de d’Orvilliers en 1778 ‘. Tel quel, ce projet est de première importance, attendu que les révolutionnaires avan- cés l’ont adopté et s’acharneront à le mettre en pratique tant que ‘Subsistera la suprématie de la Montagne. Au nom du Comité de Salut public qui partait, le 11 juillet, Cambon répéta l’opinion de Dalbarade que sur mer l'ennemi nous était supérieur et que « les forces de la République ne peuvent être mises en action qu'avec beaucoup de prudence et de circonspection * ». L’avènement d’un Comité de Salut public entièrement montagnard ne modifia en rien ces plans, puisque Dalbarade qui les avait conçus resta au ministère, et que Jeanbon quiles avait approuvés dans le Comité précédent fut chargé de la marine dans le nouveau. Leur exéculion même ne pouvait que