Pons, pp
3. Embosser : action d’amarrer à l’ancre un navire de manière qu’il puisse éviter un
done de direction à volonté et présenter le côté vers un point voulu. On embosse un bâtiment de guerre qui veut présenter le flanc afin de se défendre.
4. M. Cottin place à ce moment un dernier conseil tenu par Saint-Julien, et où un officier provençal proteste contre les projets de résistance des Ponentais (0p. cit., p.127).
5. Précis du marin de {’Orion ; rapport anonyme du 3 septembre; rapport de P. A. Adet au ministre, de Marseille, 28 septembre (BB3, 30, fol. 202). Lettre de Régat, du 19 octobre, dans Buchez et Roux, t. XXXV, p. 420. Joseph- Etienne Michel, commissaire civil de l’armée départementale des Bouches-du-Rhône dans l’Histoire de l’armée départementale des Bouches-du-Rhône (Paris, an V, 1797, in-8, Bibl. nat., Lh3, n° 186), p. 129. Rapport de Romeiron dans Maurice Loir, La livraison de Toulon (Revue maritime, 1897, p. 281). Faits relatifs à l’entrée de lu flotte anglaise, de Puissant, et Précis de sa conduite, déjà cité, Pons, pp. 82-83, etc. Henry met au 27 la manifestation de La Perle arborant le pavillon amiral (t. IL, p. 62). Voy. le plan de Toulon à cette époque dans Henry, t. LE, p. 240 et les deux plans donnés par M. Cottin. ;
6. Nous mentionnons ce détail parce que nous retrouverons Gassin. Voy. Faits relatifs à l’entrée des Anglais, de Puissant, et Lauvergne, p. 299, que suit Guérin. D'après le rapport anonyme du 3 septembre, le vent manquait. Gassin, le 2 janvier 1793, avait été l’objet d’un décret élogieux de la Convention qui autorisait le ministre de la marine à lui donner un avancement exceptionnel pour avoir sauvé plusieurs vaisseaux en éloignant d'eux un brigantin incendié (Procès-verbal, t. V, p. 12). D’après la lettre très hâbleuse qu’il écrivit le 30 août à la Convention et qui
LA TRAHISON DE TOULON ï 441
s'enfuit. Cazotte, le plus ancien des capitaines ponentais, refuse d’arborer le pavillon de commandement abandonné par Saint-Julien, Bouvet, par suite, n’osé prendre l'initiative de la résistance. Sur l’'Orion une partie des matelots affolés essayent en tumulte d’appareiller ; ailleurs, d’autres se jettent dans des barques, volent aux batteries du rivage pour les servir contre les Anglais, et les trouvent enclouées. À onze heures et demie du matin il ne reste plus que quatre navires en grande rade, sans commandant en chef, sans équipages au complet = Éperdus, découragés, accablés de leur Impuissance; matelots et ofliciers cèdent à l'exemple donné : les quatre vaisseaux rallient à leur tour la Perle, vont en petite rade, ne demandant aux Toulonnais que des sauf-conduits pour les matelots qui voudraient retourner chez eux par terre ?. Et à la même heure, 11 heures et demie du matin, le 29 août, la flotte anglaise entre en grande rade sans coup férir : l’escadre, le port l’arsenal sont livrés comme la ville ?.
Quelle part de responsabilité doit-on faire à chacun dans ce désastre ? Les trois chefs de la marine qui avaient naguère désobéi
à la Convention et au ministre ont-ils ajouté à ces fautes le crime d’une trahison ?
Peut-être Puissant avait-il été réduit à l'inaction par les Toulonnais, comme il l’a prétendu ; il est certain que dans la suite son altitude le rendit tellement suspect aux Anglais et aux sections qu’il fut déporté par les Anglais *. Toutefois, sa conduite, antérieure-
est insérée au rapport Jeanbon (p. 93), on peut douter de l’action d’éclat récompensée en janvier. M. Cottin approuve la conduite de Gassin (op. cit., p. 131).
1. Précis d’un marin de {’Orion; Faits relatifs à l’entrée des Anglais, de Puissant; Lauvergne, pp. 301-302, etc.
2. Précis d’un marin de l’Orion, arrêté du Comité des sections accordant aux équipages leur renvoi (Arch. nat., D xzur, n° 4). Mémoire du citoyen Boubennec déjà cité, ses matelats viennent le trouver, lui déclarent qu’ils veulent « quitter le plus tôt possible une ville souillée de tous les crimes qui venait de commettre l’action la plus
atroce..... et qu'ils voyaient très bien limpossibilité d’y remédier n'étant tout au plus que six vaisseaux ponentais pour faire face à quarante-deux vaisseaux de guerre... et qu'ils demandaient absolument d’aller à terre pour obtenir leurs
congés à leur tour » (Biblioth. du port de Brest; Levot, op. cil., p. 151).
3. M. Cottin établit que l'entrée des Anglais eut lieu le 29 et non le 28 comme nons l’avions d’abord pensé (op. cit., p. 135). Voy. Arch. nat., la proclamation du Comité des sections du 3 septembre « Hood et Langara et vous, leurs dignes coopérateurs, vos noms célèbres gravés partout seront désormais l’ornement de nos demeures... Des Français, l’opprobre de l'humanité, pillèrent nos maisons, brûlèrent nos campagnes... violèrent notre liberté et égorgèrent nos frères. Des étrangers compatissants et valeureux conduits par deux héros viennent exposer leur vie pour mettre fin à ces horribles attentats » (D xLi1, n° 4).
4. Incarcéré le 14 septembre, déporté en Angleterre, y resta jusqu'au 1e décembre 1795, échangé comme prisonnier de guerre, se constitua prisonnier à Cherbourg, transféré à Coutances, puis à Caen, il publia les brochures apologétiques citées plus haut. Sa conduite ambigué, la tendance générale à l’absolution pour le passé, peutêtre l'influence de Barras dont il fut, d’après les Toulonnais, l’espion au commencement de septembre 1793, le firent réhabiliter le 7? messidor an VI et mettre en liberté, (Voy. ses brochures, Lauvergne, p. 360, Guérin, p. 372,note 1.)
ment au 29 août, est bien étrange et présente toutes les apparences de la duplicité. Il s’est défendu plus tard dans des brochures fort habiles, mais qui ne lèvent pas les doutes sur son véritable rôle !. Quant à Chaussegros, il a fait plus, il a signé l'acte d'appel aux Anglais; contraint ou non, peu importe. C’esl un traître, et qui ne réussit même pas à conserver sa place, car les sections le destituèrent peu après:
Trogoff n’a pas signé l’appel aux Anglais, son cas n'est pas meilleur pour cela. Il s’est dérobé dans les journées des 25, 26, 27 et 28 août; il a quitté son bord, laissant ses équipages et officiers se débattre dans l'incertitude et l'angoisse et son commandement tomber aux mains d’un-subordonné sans autorité morale. Puis, subitement le 29, quand une division de l’escadre se décide à fermer la rade aux Anglais, son pavillon de commandement esl hissé au mâtdé la Perle avec le signal de laisser l'entrée libre à l’ennemi. On a prétendu que la maladie le clouait à terre, et que Van Kempen arbora le pavillon de commandement sans l’ordre de l'amiral ?. Mais Saint- Julien conteste la maladie de Trogoff, les royalistes disent que ce ‘ fut bien lui qui fit le signal de trahison à bord de {a Perle 3, el la relation anonyme déjà citée, celle de l'enseigne Romeiron, témoin des événements, confirment l’assertion des royalistes. Admettons pourtant que Trogoff fût malade à terre, il est des cas où un amiral doit se faire porter à son bord et la circonstance assurément le lui commandait. Ajoutons qu'après l'entrée des Anglais dans Toulon, une lettre, signée de Trogoff, ordonna au commandant de la station navale de Villefranche, de rallier Toulon avec sa division s’il partageait les opinions royalistes des Toulonnais, c’est-à-dire lui enjoignit de venir remettre aux Anglais des bâtiments que ceux-ci n'avaient pu saisir dans Toulon “.