Rapport, pp
2. Voy. BB: 38, fol. 134; BB 39, fol. 281. Troude, Batailles navales de la France,
t. II, p. 308. Voy. aussi Cottin (op. cit., pp. 170-190). Jeanbon se persuade que le désastre est encore plus grand : « Avant la prise de Toulon la France était la puissance la plus redoutable de l’Europe », il assure qu’elle pouvait « disputer avec avantage » l'empire de la Méditerranée « aux Anglais et aux Espagnols réunis » (Rapport sur l'insurrection de l’escadre de Morard de Galles, dont nous parlerons plus loin).
3. Nous verrons qu'il rentra dans les ports de l'Océan quatre vaisseaux et un certain nombre de marins et d'ofliciers.
4. Lettre du sous-chef d'administration de Cette au ministre sur les marins échappés de Toulon. « Le retour de ces marins est du plus mauvais exemple. Leur insubordination est à son comble » (Arch. nat., Dxuur, n° 4). Voy. l'attitude des marins de la division de Tunis dans Maurice Loir, Ton Casous d Vence, corsaire et amiral,
déjà cité, p. 41.
furent, nous le verrons, renvoyés par les Anglais ‘ : les premiers, le capitaine Gassin par exemple, firent valoir leur fidélité pour obtenir des postes qu'ils étaient incapables de remplir, les autres restèrent suspects d’avoir pactisé avec les traîtres.
La Catastrophe de Toulon précipita en outre l'expulsion des offciers nobles hors du corps de la marine et leur remplacement par des hommes de la classe populaire, comme les défaites à la frontière du Nord-Est accentuaient le même mouvement dans l’armée. On regardait les nobles comme « des traîtres commencés » avant la trahison de Toulon; après, on considéra qu’il n’y avait plus de ménagements à garder vis-à-vis d'eux. Ce fut la leçon que tous lirèrent des événements ?. Les Montagnards allèrent même jusqu’à suspecter tous les ofliciers de marine, ils ne se confièrent plus qu’aux matelols, l'élément le plus démocratique des escadres. La Convention et le Comité de Salut public se prirent pareillement à douter de la fidélité de lous nos ports et à juger capables des plus abominables desseins les fédéralistes qui pouvaient s’y trouver *. Enfin, nous l’avons vu, la Convention, après s'être révollée contre le Comité de Salut public, abdiqua plus complètement ses pouvoirs entre les mains des membres du Comité, et celui-ci, plus fort que par le passé, put désormais, dans , la marine comme à la guerre et à l’intérieur, déployer une énergie
terrible, porter son effort au maximum, briser ioute résistance #.
Déjà, le 6 septembre, un décret avait été voté qui mettait en arrestation tous les étrangers dont le pays se trouvait en guerre avec la France *. Le 9, Barère faisait envoyer à Rochefort et à La Rochelle, Laignelot et Lequinio avec une mission identique à celle de Bréard
1. Lettre du sous-chef de Cette; lettre de Gasparin et Saliceti au Comité de Salut public, du 30 septembre (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VII, p. 158). BB 38, fol. 148. Arrêté du Comité général des sections de Toulon, « les équipages qui voudraient retourner chez eux par terre obtiendront une conduite et une permission de s’y rendre ». (Arch. nat., DxLrr, n°4.) Voy. aussi ch. xur. Une partie des marins échappés de Toulon fut formée en compagnies dans l'armée de Carteaux (Convention, procès-verbal, t. XX V, p. 137).
2. Lettre d’Albitte, Marseille, 9 septembre, au Comité de Salut public (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VI, p. 394), à propos du discours de Jeanbon du 31 août.
3. Carrier au Comité de Salut public sur Brest, 11 septembre, et réponse du Comité de Salut public, « les perfidies de Toulon doivent fixer une surveillance particulière sur nos villes maritimes » (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VI, pp. 429, 430), Prieur de la Marne à Le Carpentier, « d’après ce qui vient d’arriver à Toulon, à Bordeaux, et ce dont on nous menace à Brest, Lorient, etc., il faut avoir l'œil toujours ouvert sur nos ports de mer » (AFn 121).