‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 408 sur 889 · PT OP TE ET EP AR PA CNP PE OT LOST ETS · texte numérisé non relu

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et Trehouart pour Brest : surveiller la marine et prévenir les conspirations ‘. Le lendemain, le Comité de Salut public expédia en tournée le jeune Marc- Antoine Jullien, le disciple favori de Robespierre, du Havre à Bayonne et à Marseille pour se renseigner sur lesprit public, le ranimer et déjouer tout complot ?. Le 19 sep- tembre, après le vote de la loi des suspects, le Comité de Salut public en ordonna l'application immédiate à Brest. Quant aux officiers de marine, Jeanbon, le 9, fit décréter à la suite de son rapport que Dàälbarade présenterail la liste de ceux qu’il avait nommés à Toulon. Le 13, à la demande de Saint-André, la mesure fut étendue à tous les ports et escadres *. Jeanbon n’épargna même pas les officiers investis de la confiance de ses collègues à la Convention : il prescrivit l’'arrestatiôn du lieutenant de vaisseau Larcher dont Bréard avait fait son conseiller à Brest ‘. Il poursuivit, avec prudence toutefois, l’'épuration de l’escadre Morard de Galles, toujours en croisière sur les côtes de la Vendée *. Par contre, il multiplia les faveurs aux malelots, faisant, comme nous l’avons vu, simplifier la distribution des secours à leurs femmes et leurs enfants, réclamant du Comité de Marine la réglementation des parts de prises 5.

Des négociants exporlaient, nous l’avons dit, les denrées nécessaires à la marine : un décret du 11 septembre les frappa en ordonnant le déchargement des bâtiments destinés pour des ports autres que ceux de la République 7. Puis le 20, Jeanbon, au nom du Comité de Salut public, lut à la Convention un long rapport sur les mesures à prendre pour compenser la perte de l'arsenal de Toulon. Dans un préambule plein de fierté il déclarait : «la nation française grande par elle-même, accoutumée aux sacrifices par quatre années

: 1. Moniteur, t. X VIL, p. 685. Nous retrouverons Laignelot : né à Versaillés en 1750, auteur dramatique, élu de Paris à la Convention, compromis dans la Conspiration de Babœuf, acquitté le 7 prairial an V, il fit opposition au Consulat, se: tint dès lors à l’écart, mourut en 1829 (Dict. des Parlementaires).

2. Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VI, p. 397. Nous retrouverons

Jullien au cours de sa mission. Le 4 septembre, le Comité de Salut public a encore envoyé dans le Finistère et le Morbihan deux agents secrets (Aulard, Actes du Gomité

de Salut public, t. VI, p. 271).

3. Moniteur, t. XVII, p. 652. Le 16 vendémiaire, Albitte fera réclamer par la Convention la ‘liste de tous les officiers qui sont restés ‘au service des traîtres à Toulon, et, Le 20, l'Assemblée en ordonnera l’impression (Moniteur, t. X VIIT, pp: 69, 100).

4. Sur Larcber, voy. BB#, 19, fol. 293. L'arrêté de Jeanbon est du 23 septembre (Aulard, Actes du Gomrité de Salut public, t. VIL, p. 14.) Bréard en manifeste, le 27, son étonnement au Comité (ibid., p. 89). Nous reviendrons sur cette affaire. Le 19, Jeanbon fait signer l'acte d’arrestation du capitaine de vaisseau Eyriès. Né à Marseille en 1733, sous-directeur de port avant la Révolution, Eyriès sera jugé le 22 messidor

* an IL par le tribunal révolutionnaire et acquitté (Campardon, op. cüt., t. Ï, pp. 396, 527). \

5. Voy. ch. xux et le discours de Barère à la Convention le 25 septembre (Montteur,t. XVII, p. 748).

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