‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 411 sur 889 · septembre, Moniteur, t. XVII, p · texte numérisé non relu

septembre, Moniteur, t. XVII, p

4. 21 septembre. Ils avaient déjà été chargés de cette mission conjointement avec le général Beysser, le 20 août (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VI, p. 587).

5. Lecture par Jeanbon à la Convention, le 14, d'adresses de Lorient à ce propos (Moniteur, t. XVII, p. 659) et par Barère, le 21, d'adresses des Brestois (ibid., p. 718). Bréard et Tréhouart envoient la proclamation de la Convention du 6 : « aux braves marins et ouvriers des ports nationaux de Brest et Lorient et ajoutent que la trahison de Toulon est un crime dont la vengeance appartient à tous les Français » (Arch. du Finistère). Voy. Bréard et Tréhouart au Comité de Salut public, le 14 septembre (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VII, p. 484).

Après comme avant la catastrophe de Toulon, le Comité persévéra dans l'exécution du plan d'opérations navales du 24 juin. Le 22 septembre, moins de trois semaines après avoir annoncé à la Convention la chute de notre puissance maritime dans la Méditerranée, il prit un arrêté chargeant le ministre de la marine de tous les préparatifs nécessaires « pour faire incessamment un débarquement de 100,000 hommes sur les côtes d'Angleterre ». C’est ce projet que Billaud révéla le 25 à la Convention. Le 27 septembre, le Conseil exécutif décida en conséquence la répartition et la concentration de troupes, sur les côtes de Boulogne à Brest ‘. Nous verrons l’insurreclion vendéenne retarder cette entreprise, comme l’a fait une première fois l'insurrection fédéraliste. Jeanbon n’a pas signé l'arrêté du 22, mais il en rédige un le 24 qui prescrit, dès la rentrée à Brest de l’escadre Morard de Galles, l'armement de tous les bâtiments légers : frégates, corvettes, avisos, etc. et l'achèvement de tous ceux qui sont en chantier; il ordonne pour presser leur construction de travailler simultanément à la coque. et à la mâture; il requiert le mivistre de dresser sous huil jours un tableau de croisières d'hiver disposées de façon à favoriser le commerce de la France, inquiéter celui de l'ennemi et protéger l’arrivée des bâtiments français ou étrangers chargés de subsistances pour la République ?. Un décret du 1# octobre, pour encourager nos bâliments de guerre à l'attaque de ceux de l'Anglais, stipule que l'Etat, pour chaque bâtiment capturé, payera à l'équipage capteur une somme de tant par canon *.

C'est ainsi que, de juin à octobre 1793, le Comité de Salut public montagnard et, dans le Comité de Salut public, Jeanbon continuent l’œuvre de la réfection de notre marine. La désorganisation datait de trop loin, les querelles mêmes des Montagnards avec les Girondins l'avaient trop accrue pour que les résultats fussent immédiats, et des désastres inouïs, suite de cette désorganisation, ont répondu aux premiers efforts du Comité. Le Comité n’en a pas été atterré, pas un instant il n’a désespéré de la puissance maritime de la France, il a redoublé d’activité, de vigueur et d’audace. Quoi que l’on puisse penser des moyens auxquels il a eu recours, on doit se sentir saisi d'admiration devant son énergie superbe.

1. Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VIL, pp. 2, 84. L'arrêté du Comité est signé de Barère, Collot, Carnot, C.-A. Prieur, Billaud, Hérault.

e. Aulard, ibid., t, VIL,-p. 31.

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