‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 412 sur 889 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Le Comité de Salut public en septembre 1793, pourquoi nous l'étudions à ce moment. Son rôle exact, sa situation par rapport aux autres Comités et à la Convention, et par rapport aux détenteurs du pouvoir exécutif : ministres et Représentants en mission; part qu'il s’est faite à leurs dépens dans le travail législatif et dans l’exécution. Division du travail, mais responsabilité collective. — Place de Jeanbon dans le Comité; son rôle dans l’organisation et la direction de la marine par rapport au Comité de marine, au Ministre et au Comité de Salut public tout entier. — Méthode de travail dans le Comité, vie journalière, solidarité. — Jeanbon envoyé en mission à Brest et Lorient le 24 septembre, conséquences de son éloignement du Comité. Loi du 7 octobre sur l’épuration et le recrutement des états-majors de la marine.

Nous sommes arrivés à la fin de septembre 1793, c’est le moment d'étudier en détail les pouvoirs du Comité de Salut public, sa part dans le gouvernement, la place qu'y tient Saint-André. L’essayer avant eût élé prématuré : il a fallu les revers de juillet et août sur les frontières, les progrès des Vendéens et de l'insurrection fédéraliste à l’intérieur, la trahison de Toulon révélatrice de l’anarchie dans la marine aux premiers jours de septembre, pour que l’Assemblée confiât au Comité de Salut public toute la réalité du pouvoir et y fit entrer successivement tous les hommes marquants de la Montagne à l'exception de Danton. Remettre ce travail à plus tard serait peu judicieux : en octobre, Jeanbon, quoique figurant toujours dans le personnel du Comité, va s’absenter pour près de quatre mois. D’ailleurs, le rôle que le Comité de Salut public a pris décidément en septembre, les éléments dont il est alors constitué, il les gardera jusqu'au 9 thermidor, il perdra de ses membres mais ne s’adjoindra plus personne. HE

Cette étude n'ira pas sans une certaine imprécision. En effet, le Comité de Salut public est un pouvoir de circonstance, provisoire, créé par l’Assemblée, ne vivant que par son consentement, grandis-

sant par les périls extérieurs parce qu’alors la Convention le fortifie pour les besoins de la défense nationale, toutefois redouté par elle pour la trop grande puissance qu’elle lui a confiée. L'Assemblée se garde donc de fixer le ressort du Comité et de déterminer son action, le Comité même, pour ne pas augmenter les méfiances de l’Assemblée, évite de rien lui demander de semblable; et, d'autre part, le Comilé ne perfectionne son organisation que peu à peu, ne modifie ses rapports avec les autres rouages du gouvernement qu'au fur et

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