‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 418 sur 889 · MÉTHODE DE TRAVAIL DANS LE COMITÉ · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE TRAVAIL DANS LE COMITÉ

celte formalité en ce qui le concerne ‘. Par suite, c'est sur la minute

de chaque arrêté, d'après l'écriture, que l’on peut dire, et sans l’affir-

| mer catégoriquement, quel en est l’auteur. Les arréêlés les plus impor-

£ tants et susceptibles d'attendre quelques heures sont retardés jusqu’à

| la séance de réunion du Comité. Après le travail effectué dans cha-

que section avec ou sans lassistance des ministres compétents, le

. Comité de Salut public délibère avec le Conseil exécutif dans la salle

4 désignée plus haut. Entre temps, le Comité de Salut public, ou du

moins plusieurs de ses membres, ont assisté à la séance de la Con-

vention ou des Jacobins; deux d’entre eux, plus tard un seul, ont reçu

les Représentants rappelés de mission ou qui demandaient à entre-

tenir le Comité, et les pétitionnaires. Tout cela s’est fait à des heures déterminées ?.

Vient ensuite la séance plénière du Comité : il y en a eu tantôt

- une, tantôt deux. La seule qui ait constamment subsisté, la plus importante d’ailleurs, commençait tard dans la soirée, se prolongeait souvent dans la nuit, nul étranger n’y assistait, les secrétaires et commis n’y paraissaient que mandés *. Il n’y avait pas de président établi ‘. On (railait d’abord les affaires courantes, on lisail la correspondance, les rapports et projets de décrets à présenter le lende-

€ main à la Convention, puis on discutait les grandes mesures ; « vers deux heures du matin, on apporlait des monceaux de lettres qui faisaient rapidement le tour de la table, recevant des paraphes sans que la conversation fût interrompue ». Le lendemain, on expédiait les lettres et arrêtés ainsi contresignés avec le timbre particulier de chaque bureau ‘. C’est de la sorte que les membres du Comité de Salut public maintenaient une responsabilité collective tout en assurant la division du travail, et par là on saisit l'intervention de tous dans le domaine de chacun et l’associalion des ministres à leur

œuvre.

Ce travail en commun ne doit pas faire illusion. Dans la vie journalière les membres du Comité de Salut public ont peu de rapports personnels. Si l'on fait abstraction de Jeanbon et de Prieur de la Marne, absents la plupart du temps à partir d'octobre 1798, les trois groupes des gens de la haute main, Robespierre, Saint-Just, Couthon, des révolutionnaires, Billaud- Varenne, Collot d’Herbois, Barère, des gens d'examen, Carnot, Prieur de la Côte-d'Or, Robert Lindet, se jalousent, se surveillent, et les deux derniers se coaliseront

1. H.- Carnot, t. I, pp. 341-347, Aulard, Études sur la Révolution, 1'e série, pp. 195-196. Nous verrons des arrêtés non signés de Jeanbon mais rédigés par lui ou que manifestement il a inspirés.

2. Voy. Aulard, Actes du Comité de Salut public,t. TT, p. 133, t. IV, pp. 569-570, t. V,.p. 459, t. VI, p. 588, t. VIII, p. 243, et Barère, Mémoires, t. Il, p. 194.

3. Arrêté du 21 septembre (Aulard, t. VI, p. 588) et ceux ci-dessus; Barère t. I, p. 194; H. Carnot, t. I, pp. 341-347,

4, Affirmation d'H. Carnot confirmée par la publication de M. Aulard où l’on ne voit pas paraitre de président. Pourtant une lettre de Rouyer est adressée à « Couthon, président du Comité de Salut public » (Aulard, t. V, p. 322).

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