‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 422 sur 889 · Cf. Billaud-Varenne, ibid. À · texte numérisé non relu

Cf. Billaud-Varenne, ibid. À

5. Beugnot, Mémoires, Paris, 2 v. in-8, 1866, t. Il, p. 17. Nous citerons plus loin le discours où Jeanbon fait ainsi le tableau de la vie qu’il a menée. Cf. Barère, Mémoires, t. IV, p. 118, sur l’existence que mène alors Carnot.

d'une merveilleuse mémoire prend la parole : à la suite d’un résumé rapide et lumineux, il rassemble en un faisceau tous les arguments, pose nettement la question et ses collègues n’ont plus « qu'un mot à dire pour la résoudre ! »; parfois aussi la fatigue les terrasse, Barère s’assoupit un instant, Jeanbon se jette sur un matelas dans la salle même ?; puis, suivant le mot de Billaud-Varenne, ils reprennent tous « du même cœur et les mains fatiguées, la tâche immense de la conduction des masses * ». Emportés dans une tempêle qui peut les engloutir d’un instant à l’autre, appelés « par un concours de circonstances extraordinaires à des emplois redoutables où le moment de la réflexion était sans cesse absorbé par la nécessité d'agir * », ils gardent l'esprit lucide, restent de sang-froid, n’oublient rien, combinent les mesures d'ensemble et parent aux difficultés de détail, et dans le moment où ils combattent le péril présent ils étudient des plans de monuments et des projets d'œuvres d'art en vue d’embellir Paris pour l'éternité. En moyenne, le Gomité de Salut public, brasse quatre et cinq cents affaires par jour, et quand on considère la liste de ses arrêtés de juillet 1793 au 9 thermidor, on reste confondu d’un tel labeur. Plus tard, ceux qui firent partie du Comité durant cette période, contempleront leur œuvre avec une fierté étonnée : « Nous n’avons pas failli à la République, nous n’avons pas laissé la France humiliée », s’écriera Billaud- Varenne. « Quand on s’occupera de mettre en ordre tous les matériaux que nous avons laissés, nous paraïitrons des Colosses ÿ », affirmera Barère. Enfin, Jeanbon, faisant aux courtisans de Napoléon le tableau des prodiges réalisés par le Comité de Salut public, terminera par ces paroles : « J'en étais, Messieurs % »! En effet, cela seul sufi-

rait à sa gloire.

Nous avons constaté dans les précédents chapitres qu’en septembre le Comité de Salut public commence à faire œuvre efficace dans toutes les parties du gouvernement et spécialement à la marine, nous avons vu en étudiant son fonctionnement quels puissants moyens il

a à sa disposition.

1. Témoignage de Prieur de la Côte-d'Or, rapporté par H. Carnot, dans Barère,

Mémoires, t. 1, p. 82.

2. Barère, Mémoñres, t. 1, pp. 103-105; discours de Jeanbon Saint-André dans Beugnot, Mémoires, t. Il, p. 17.

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