‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 438 sur 889 · SON ÉTAT D'ESPRIT · texte numérisé non relu

SON ÉTAT D'ESPRIT

du travail entre eux, la présence d’une influence dirigeante devaient fortifier considérablement Faction de la commission.

Leur tâche essentielle, le Gomité de Salut public l'avait marquée à Prieur et Saint-André à lheure du départ : « sauvez Brest et la flotte ‘ », Cette flotte de vingt-deux vaisseaux, « c'était la dernière espérance de la patrie sur les mers » depuis la catastrophe de Toulon. Si elle périssait, « la France était effacée au moins pour quelque temps du catalogue des puissances maritimes, et le gouvernement anglais coalisé avec les rebelles de la Vendée pouvait vomir sur notre territoire des légions ennemies pour seconder le fanatisme de ses alliés ? ». Barère, le 25 août, avait établi un rapport entre l’agitation royaliste et fédéraliste sur la côte et les désordres sur l’escadre.Jeanbon avait démêlé pareille entente entre les meneurs de la trahison dans la ville de Toulon et les chefs de la flotte de la Méditerranée, et il l'avait démontrée dans son rapport sur cet événement. Jeanbon s'était aussi habitué dans les querelles de l’Assemblée, dans son examen du mouvement girondin sur tout le territoire, à diviser les Français en deux catégories : d’une part, les nobles et les bourgeois, peuplant les administrations et les états-majors, tous royalistes, feuillants ou girondins et capables de toutes les infamies, et d'autre part les gens du peuple, les soldats ou marins, tous Montagnards, ou le devenant dès qu’ils élaient arrachés à l'influence des aristocrates de toute catégorie, tous vertueux et susceptibles des plus grands sacrifices el du plus absolu dévouement à la patrie. Les événements de Toulon venaient de fortifier, chez les membres du Comité de Salut public, l'opinion exposée par Barère, le 25 août, à propos de l’escadre de l'Océan et de la ville de Brest *; Jeanbon, parti du Comité avec cetle idée, confirmé sans doute dans son opinion par sa conversation. avec Carrier à Rennes, croyait certainement en arrivant à Brest à une criminelle entente des administrations fédéralistes de ce port avec les officiers et employés de la marine et de l’escadre.

Ce qu’il apprit dès l’abord ne pouvait l’en dissuader. Il n’y at plus trace d’insubordination sur la flotte. À l’excitation précédente avait succédé dans les équipages l’abattement et la peur du châtiment, dans une adresse à Morard de Galles ils exprimaient leur repentir ‘. Cependant, Bréard et Tréhouart instruisaient l’affaire, et après avoir écrit au Comité de Salut public en faveur d’administrateurs de la marine qui s'étaient enrôlés naguère dans la force départementale, après avoir, le 1+r el le 2 octobre, réservé loute leur sévérité aux individus que leur désignaient les animaux et les capi-

Bréard et lui dans sa Réponse à lu dénonciation des citoyens de la commune de Brest.

Page 1