‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 439 sur 889 · BB* 20, fol · texte numérisé non relu

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taines, brusquement le 12 vendémiaire (3 octobre), on les avait vus mander le capitaine Thomas du: Northumberland, faire arrêter Duplessis-Grénedan, destituer le contre-amiral Lelarge ‘. Le même jour, Guermeur, chargé avec Hérault de rechercher les Girondins fugitifs, Guermeur avait communiqué aux deux Représentants des: lettres surprises à Concarneau, lettres qui dénonçaient qu'à Brest, le 21 août, une partie des députés proscrits s'était embarquée pour Bordeaux, grâce au généreux concours de Belval aidé de municipaux et d’administrateurs du district de Quimper ?. Stupéfaits, Bréard et Tréhouard avisaient leurs collègues dans la Gironde, ordonnaient l'arrestation de tous les individus qui avaient trempé dans cette évasion *. À

Ils étaient désormais convaincus de l’existence d’un complot fédéraliste, ourdi à Brest, ayant des ramifications sur l’escadre, et les notes, les renseignements qu’ils communiquèrent à Jeanbon et Prieur durent refléter leurs appréciations. Ajoutez, que les deux membres du Comité de Salut public, répandirent en ville des espions pour faire boire matelots, ouvriers et soldats et recueillir leurs propos *, que ces propos furent naturellement hostiles aux officiers et supérieurs de toute catégorie. Enfin, la visite des Représentants à bord des vaisseaux, immédiatement après leur arrivée, fit grande impression sur leur esprit. Du 17 au 21 vendémiaire (8-12 octobre), accompagnés de Jullien et des ofliciers généraux, ils inspectèrent la flotte. Ils débutèrent par les navires les plus compromis, et leur appareil menaçant, leur atlitude glaciale, dans une journée attristée d’un opaque brouillard d'automne, épouvantèrent les équipages. Sur les vaisseaux les moins coupables, assemblant les hommes autour d'eux, ils entonnèrent la Marseillaise que matelots et soldats reprirent en chœur, el au dernier couplet « Amour sacré de la patrie », on les vit se découvrir et s’agenouiller solennellement; puis ils s’adressèrent à la foule qui les entourait, ils lui parlèrent des bienfaits de la Révolution, de la destruction de l’odieuse noblesse,

1. Les Représentants au Comité de Salut public, 2 octobre (11 vendémiaire). Registre II de correspondance des Représentants. Arch. commun. Brest; Aulard, Actes du Comilé de Salut public, t. VII, p. 190, voy. aussi AFu 155. Sur les arrestations, voy. BB3 38, folios 356-385; voy. BB? 22, fol. 363 et les Représentants au Comité de Salut public, Brest, 4 octobre (AF11 298, Aulard, t. VIL, p. 217), sur leur intention de faire juger à Brest les inculpés déjà saisis.

2. Sur l'évasion des Girondins, voy. Guadet, les Girondins, t. Il, p. 352; Meillan, Mémoires, p.135; Levot, p. 135, et dans le Rapport Jeanbon, Pièces justificatives, pp. 42-45, les lettres saisies.

3. Aulard, t. VII, p. 217 ; ordre d'arrêter Roujouff, Abgrall, Souchet, la Hubaudière, Kerdisien, Veller, la femme de Kervelegan. Brest, 4 octobre (13 vendémiaire). (Registre III de correspondance des Représentants) Bréard et Tréhouart à leurs collègues dans la Gironde, même date, ibid.

4. « Quand j'arrivai à Brest, plusieurs individus, officiers et autres, étaient en détention. Les papiers relatifs à cette affaire avaient été recueillis par mes collègues; je les reçus de leurs mains et j’appris de leur bouche les détails particuliers qu'ils crurent devoir y ajouter » (Réponse de Jeanbon à la dénonciation des ciloyens de la commune de Brest). Voy. sur les espions répandus AF1 170. Arch. nat.

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