Rapport Jeanbon, p
bon, a copié dans ses Guerres maritimes !, sans d’ailleurs avouer l'emprunt, le passage du rapport relatif aux gens de sa caste. La
communication avec le pays de Quiberon niée par De Chatellier est.
avouée par Morard de Galles ?, et c'était certainement une imprudence que de la laisser s'établir. Assurément, le désir des matelots de renrer à Brest était délerminé par la crainte de voir ce port livré aux Anglais. Kerguelen, Marec, Morard de Galles reconnaissent implicitement que la croisière élait peu active. Il y avait bien deux partis dans les états-majors, et au dire de Marec lui-même, les intrigants y trouvaient leur compte. Morard de Galles n’a pu justifier l’indiscrétion qu’il avait commise en révélant aux capilaines de la division Landais quelle devait être leur mission. Jeanbon juge parfaitement l'amiral, il écrivait de lui au Comité de Salut public, le 23 vendémiaire : « Nous ne l'avons pas regardé comme un traître et il ne l’est pas, mais c’est un homme du vieux régime incapable de prendre l’allure du nouveau »; et Morard de Galles se rendait lui-même compte qu’il était inférieur à la situation, il offrait sa démission, il déclarait que sa présence à la tête de l’escadre n’y serait plus qu’un prétexte de désordre. Un historien aulorisé approuve Jeanbon de s’en être séparé, elle Directoire n’aura pas à s’applaudir d’avoir confié à cet esprit sans audace l'expédition d'Irlande. De plus, il était noble et l’armée s’en défait ; or, pensait le Représentant, « un homme traduit au tribunal de l’opinion publique avec un titre défavorable a la douleur de voir s’échapper de ses mains le bien qu’il voudrait faire, il doit avoir le courage de se sacrifier » *. On observera aussi que Jeanbon ne retint pas plusieurs des accusations portées contre l'amiral, notamment celle que le Représentant lui-même croyait fondée, d’ avoir convoqué une assemblée de délégués des équipages, et de fait, cette assemblée, malgré les assertions de Morard de Galles et les témoignages des officiers au temps de la réaction thermidorienne, semble bien avoir été une assemblée délibérante. Jeanbon destitua l'amiral, mais dans des termes tels que le Comité de Salut public adoucit la sentence : elle fut donnée comme une mesure de sûrelé générale et on accorda au vieil officier une pension de retraite *. Plus tard, Jeanbon, rentré au Comité de Salut public, autorisera Morard à se retirer dans son
1. Nous employons ce titre désormais, bien qu’inexact, parce que c’est l’abréviation par laquelle on désigne couramment l'ouvrage de Kerguelen déjà cité, Relation des combats et des événements de la guerre maritime. Voy. le passage copié par Kerguelen.p. 481 ci-dessus.
2. L’amiral la dit limitée à la presqu’ile de Quiberon, comme s’il eut pu cantonner
- Sur ce terrain des marins rétifs à toute discipline.
3. Rouvier, op. cit., p. 135. Jeanbon au Comité de Salut public sur son propre cas, 4 nivôse an IT (24 décembre 1793) (AF1 294, Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. IX, p. 643).
4. Jeanbon dira à Donzé Verteuil plus tard que « le Comité avait prononcé une espèce d’absolution » pour Morard de Galles (BB# 20, fol. 6). L’amiral, parti de Brest le 7? brumaire, est à Paris le 14; le 10 frimaire (30 novembre), le Comité de Salut public le destitue « par mesure de sûreté générale » et avec pension de retraite (BB# 20, fol. 55).
itaairet di ES