‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 451 sur 889 · ARRIVÉE DES VAISSEAUX RAPATRIÉS DE TOULON · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DES VAISSEAUX RAPATRIÉS DE TOULON

décidé qu'on se servirait pour remplir cet objet des quatre vais-

seaux, le Patriote, l'Orion, l'Entreprenant et l'Apollon ! ». Croyant

avoir suffisamment expliqué son voyage, le capitaine Bouvet permit

à son monde de débarquer ?.

Mais la stupéfaction était indicible chez les Représentants, chez

le commandant des armes, et celte impression fut partagée à

Lorient et Rochefort quand on y vit entrer l’Orion et l’Apollon *. Les Anglais n'avaient pas bénévolement rendu à la France

6,000 marins qui constituaient l'élite des équipages de l'Océan, leurs

élats-majors, des capitaines de la valeur de Bouvet et quatre vais-

seaux de ligne ! On avait bien, de Marseille et d’ailleurs, annoncé ce départ *, il n’en était pas moins inexplicable. Le Comité de Salut public, les conventionnels en mission, les autorités sur tous les points du territoire avaient accueilli avec gratitude les officiers et marins qui s'étaient échappés de Toulon le jour de la trahison ou peu après ; ceux qui étaient demeurés dans la ville étaient maintenant considérés comme des traîtres, et un décret du 16 vendémiaire (7 octobre), venait de les mettre hors la loi $, Pourquoi les 2 Ponentais qui rentraient avaient-ils attendu si longtemps avant + de répudier toute solidarité avec les traîtres ?

Dans le dossier d’après lequel Jeanbon avait rédigé son rapport sur Toulon, un document portait qu’à l’heure où Saint-Julien avait consulté ses subordonnés avant de tenter la résistance aux Anglais, le vœu de l’Entreprenant et de l’Orion avait été « un roi et guerre aux Anglais si la majorité le demande », le vœu du Patriote « guerre à PAnglais, paix entière avec Toulon ». Un autre document assurait : 208 que le 30 août, sur une sommation de la municipalité de crier : « Vive la nation, la loi et le Roi », l'équipage de l’Orion avait crié :

à 1. Arch. nat., DxLrr, n° 4. d 2260 2. Jeanbon au Comité de Salut public, 30 vendémiaire (AK 102, Aulard, Actes 5 du Corite de Salut public, t. VIT, p. 542).

3. Lettres ci-dessus; Gautier, principal chef de Lorient au ministre (BB3 25, fol. 215) ; délibération du Conseil général de la commune de Lorient, 15 octobre : « l'assemblée, surprise de cette circonstance extraordinaire, considérant que ce renvoi dont l’histoire ne fournit pas d'exemple. » (2° Registre du Conseil général, fol. 17 recto, D?, n° 5, Arch. commun. Lorient). De Rochefort, le commandant d’armes au ministre (BB? 27, fol. 306, 320), Laignelot, Lequinio au Comité de Salut publie (Aulard, t. VIIL, p. 281); Lequinio, cité par Chassin, Révolution française, t. XX VIIT, pp. 120-121 ; Proclamation de Laignelot et Lequinio du 8 brumaire (BB3 38, fol. 96). L’étonnement des Représentants à Brest réfute l’assertion de Levot que l'arrestation des officiers rapatriés était convenue avant leur arrivée (op. cit., p. 154).

4. Adet au ministre, Marseille, 20 septembre (BB3% 30, fol. 198); BB? 21, fol. 215, communication au ministre d’une lettre qui annonce que les Ponentais et Bouvet reviennent et qui doit tranquilliser la citoyenne Bouvet « sur le temps qu'ils ont souffert à Toulon et dont ils sont heureux d’être sortis ». BB3 27, fol. 306; BB* 38, fol. 394,

. accusé de réception par Bréard de lettres transmises par le ministre, les termes sons obscurs, mais semblent indiquer que les lettres révélaient des machinations parmi les Ponentais rapatriés. Voy. aussi Levot, p. 155 : lettre des Représentants à Rochefort à leurs collègues de Brest.

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