‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 454 sur 889 · Lettres du 23 et du 27 vendémiaire, déjà citées · texte numérisé non relu

Lettres du 23 et du 27 vendémiaire, déjà citées

5. Voy. les histoires de Toulon, déjà citées, de Pons, Lauvergne, Henry, l'ouvrage de M. Cottin, et la lettre de Jeanbon du 27 vendémiaire au Comité de Salut public. Le

espérait-il que les marins ponentais seraient accueillis par les Français en suspects, que ce présent forcé ne profiterait pas à la République, et peut-être les propos des gazelles britanniques étaient-ils perfidement calculés dans cette intention.

Y avait-il réellement dans cette foule qui abordait à Brest des affidés des Anglais, des agents de troubles et de contre-révolution ? C’est douteux. Lors de l’apposition des scellés, le 24 vendémiaire (15 octo: bre), le lieutenant de vaisseau Fichet jeta subrepticement des papiers à la mer ‘,il se peut qu’il n’y ait eu là qu’une simple coïncidence. Des proclamations de l'amiral Hood aux Toulonnais furent saisies, il se peut qu’elles aient élé apportées par mégarde ?. Des dénonciations surgirent *, elles n’avaient rien de précis. Mais c’en fut assez pour que les soupçons de Saint-André prissent corps.

Aivsi que dans l'affaire de Quiberon, le conventionnel jugea les équipages innocents sauf quelques individus; il leva, au bout de quelques jours, la consigne qui pesail sur eux et les répartit sur l’escadre. Quant aux officiers, c’étaient de « nouveaux Sinons », ils avaient eu « la scélératesse de livrer la flotte de Toulon, ou tout au moins la lâcheté de ne pas la défendre “ ». Ils furent gardés en détention. Les individus les plus suspects, le lieutenant Fichet, l'enseigne Lécluse du vaisseau amiral de Trogoff, quatre canonniers de marine, furent envoyés au tribunal révolutionnaire de Paris par arrêté du 29 vendémiaire (20 octobre), en compagnie de Duplessis-Grénedan et de ses coaccusés ”. Ils seront condamnés à mort et exécutés

14 septembre 1793, le comité général des sections écrit à Trogoff que les marins des côtes de Brest et Rochefort descendent en ville en quantité, que cela trouble la tranquillité, peut avoir des conséquences fâcheuses, et le prie de les consigner à bord jusqu’au départ des vaisseaux qui doivent les emmener (Arch. commun. de Toulon, série D). È

1. W., 313, Arch. nat., Rapport des Représentants envoyés à Brest, p.9.

2. BB3, 38, fol. 447; W., 313. Jullien écrit de Lorient, 20 octobre, que les marins de l’Orion : apportaient des proclamations de l’amiral Hood pour corrompre l'esprit public dans nos ports » (Lockroy, Une mission en Vendée, p. 51).

3. Les Représentants à Brest, à l’accusateur public du tribunal révolutionnaire à Paris. Brest, 29 vendémiaire : énumération des dénonciations qu'ils envoient (Registre IL de correspondance des Représentants. Arch. commun. de Brest). W., 313 Arch. nat.

4. Jeanbon et Bréard au Comité de Salut public, 2 brumaire (23 octobre), (Aulard, Actes du Comité de Salut publie, t. VIT, p. 590); arrêté des mêmes du 10 brumaire, levant la détention de équipage de l’Orion (BB*, 24, fol. 294). Voy. BB3, 38, fol. 446, la lettre de Jeanbon au Comité de Salut public du 27 vendémiaire, le Rapport des Représentants envoyés à Brest, p. 9.

5. Jeanbon au Comité du Salut public, 30 vendémaire, 21 octobre (AF1x, 102, Aulard, t. VII, p. 542), les Représentants à l’accusateur public, 29 vendémiaire. L'arrêté du 29 est Registre 1 des arrêtés des Représentants. Arch. Commun. de Brest, et W., 313. Arch. nat. Un lieutenant de vaisseau nommé Falesse, compris dans l’arrêté, était resté à Toulon ainsi que l’enseigne Darnaud ; quatre marins, désignés aussi dans l’arrêté du 29 vendémiaire, n’ont pas été expédiés à Paris ni traduits en

jugement (rien sur eux dans W., 113). Le convoi d'inculpés arriva à Paris le 5 brumaire,

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