MESURES EN KAVEUR DES MATELOTS
répartilion des sommes qui en provenaient !, lendirent « à prouver aux matelots français que le temps était enfin arrivé où l’on s’occupail sérieusement du soin de rendre leur condition meilleure ? ». Les couventionnels leur firent de fréquentes visites, s’enquirent de leurs besoins. D'autre part, des journaux patriotiques leur furent distribués, et comme beaucoup regrettaient leurs aumôniers, Jeanbon, par un arrêté du 27 vendémiaire (18 octobre), leur offrit en place des instituteurs. Ces instituteurs, nous avons déjà dit qu’ils devaient procurer aux novices les plus intelligents les connaissances nécessaires pour leur permettre de se présenter aux écoles d’hydrographie d’où l'on sortait aspirant, et qu'ils devaient donner en même temps aux marins une instruction élémentaire, ils eurent ordre de joindre à ce double enseignement l'éducation morale et civique. Jeanbon voulut en faire « de véritables missionnaires de la liberté * ». En outre, sur chaque navire les tables de la Constitution, au sommet des mâts le bonnet phrygien, emblème de la liberté, rappelèrent qu’on se trouvait en République. Les noms des bâtiments qui n'étaient pas susceptibles d'évoquer des idées ou des souvenirs républicains furent changés *.
Les Représentants se préoccupèrent aussi de relever le matelot à ses propres yeux, de développer en lui le sentiment de sa dignité en appelant son attention sur le caractère honorable dela mission que lui avait confiée la Patrie, en invitant les officiers, comme nous l’avons vu, ” à traiter leurs subordonnés sans injures ni violences, en récom-
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1. Sur les soins et secours voy. arrêté du 10 brumaire (Dxvi n° 4, Arch. nat.). Levot, p. 165. L'hôpital général de Brest avait été brûlé, de ïà de grandes difficultés pour hospitaliser les malades. BB 38, fe 395 ; état des dépenses de la commission envoyé au Comité de Salut public le 7 brumaire (AFu, 170). Le décret du 4 mai accordant des secours aux familles des marins, ouvriers et soldats de marine (Procès-verbal, t. XI, : p. 49) était très mal exécuté. Cf. aux intentions de Saint-André la circulaire du 2 ‘Comité de Salut public aux Représentants en mission du 4 mai (Aulard, t. IV, p. 34). Voy. aussi arrêté du 30 vendémiaire (AFn, 102 et recueil des arrêtés pris par le républicain Jeanbon Suint-André) et circulaire du 21 aux officiers municipaux des difrérentes communes (ibid.) : « Songez que les magistrats du peuple sont honorés de sa confiance principalement pour l’appui du faible et pour le soulagement de l'indigent. » Le 30 vendémiaire, le Comité de Salut publie annonce aux Représentants à Brest l’envoi du décret du 1e octobre (Procès-verbal, t. XXII, p. ?) réglant la répartition des prises et il ajoute : « Puissent les trésors des esclaves servir à réparer les fatigues des enfants de la liberté et à consoler le veuvage de leurs généreuses familles » (déjà cité, Arch. commun., Brest). Noter qu’en juillet précédent l'équipage de La Proserpine à Brest s'était révolté parce que les parts de prises n'étaient pas payées. Un autre décret du 17 brumaire accélérera ce payement.