Rapport des Représentants envoyés à Brest, p
3. Ibid., p. 6 et p. 7. Jeanbon au Comité de Salut public le 30 admire à propos de ces instituteurs : « cette espèce d’hommes, si le choix est bien fait, vaudra bien les aumôniers. » Cf. une proposition analogue faite pour les armées dans Chuquet, Hondschoote, p. 56. Pareille institution est établie à Rochefort par l'initiative des marins (Procès-verbal, t. XX VIII, p. 68).
4. Déjà le Royul-Louis était devenu le Républicain; le Diadème, le Brubus ; le Sceptre, la Convention (Moniteur, t. XIV, p. 319); {a Bretagne devient Le Révolutionnüire; la Côle d'Or, la Montagne ; le Suffren, le Redoutable ; l'Orion, Le Muctius ; l’Auguste, le Jacobin (Dxvi, n° 1, Arch. nat.; Marine, BB# 36, fo 243; BB3 24, fo 300).
pensant solennellement les belles actions, les actes de dévoûment t. Jeanbon comptait beaucoup sur la vie active, les croisières au large, les expéditions lointaines et les combats pour nourrir chez Les équipages les vertus civiques et militaires : « le marin a besoin d’être à la mer, pensait-il, et quand ce besoin n’est pas rempli il acquiert bientôt celui d'une indépendance qui dégénère souvent en licence ?. » Il avait, d’ailleurs, des illusions, il pensait que la classe populaire était naturellement vertueuse, que par suite il arriverait à « établir la discipline par l'attrait du devoir et des récompenses, et non par la crainte de la punition * »,
Toutes cés idées, Jeanbon les avait indiquées dans la conclusion du rapport consacré à l'affaire de Quiberon, et ce rapport avait été répandu sur la flotte. Il les reprit dans une proclamation aux équipages le 20 brumaire, en même temps qu’il adressait aux ofticiers les belles paroles déjà citées. « La discipline est le garant des succès, dit-il aux matelots, c’est par elle et par elle seule que les armées sont invincibles : appelés à tous les grades que votre capacité et vos vertus vous rendront dignes de remplir, il n’en est aucun auquel vous puissiez prétendre, si ce n’est par l'observation exacte des devoirs que vous impose celui où vous êtes placés. Ce n’est plus comme dans l’ancien régime à l’homme que vous obéissez, c'est à la loi, c’est à la Patrie dont le saint amour doit brûler dans tous les cœurs. Et combien cette mère tendre n’a-l-elle pas fait pour vous! elle vous a rendus à vous-mêmes, elle vous à retirés de l’opprobre dans lequel vous gémissiez dans l’ancien régime, elle vous permet de prétendre à tout, d’aspirer à toul ; elle ne met à votre ambition pour la servir d’autres bornes que vos talents et vos vertus; elle vous offre tous les moyens d'instruction pour que ces talents ne demeurent pas oisifs ou inutiles ; elle prend soin de vos femmes et de vos enfants ; elle vous abandonne la riche moisson des prises ; elle ne veut rien, elle ne réserve rien pour elle-même. Servez-la: fidèlement et prouvez aux Anglais que ce n’est pas en vain que vous portez le litre d'hommes libres et de citoyens français *. >
Dans la pensée du Représentant les mesures prises à l’égard des officiers et les mesures décidées vis-à-vis des équipages étaient des- : tinées à se compléter les unes par les autres. Également assurés de la protection des Représentants du peuple, péuétrés des mêmes convictions et dégagés de toute méfiance réciproque, tous pourraient s’'employer du même zèle à la défense de la patrie. La sévérité sans orgueil et la justice sans emportement chez les ofliciers, chez les matelots « celte docilité raisonnable et réfléchie qui convient à des hom-
1. Guerre : armée dés côtes de Brest, Arch. nat., Dxvi; n° 1. Lecomte et Girard (Chroniques de la marine française, t. 1, p. 104) ont bien vu cette tendance de Saint- André.
2. Jeanbon au Comité de Salut publie, 12 nivôse (AFn, 269, Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. X, p. 16).
3. Les Représentants au Comité de Salut public, 14 brumaire (BB, 38, fo 411 RTE
4. Recueil des arrétés pris par le républicain Jeanbon, déjà cité.