‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 465 sur 889 · MESURES EN FAVEUR DES MATELOTS · texte numérisé non relu

MESURES EN FAVEUR DES MATELOTS

‘ mes libres ! », devaient augmenter la communion de sentiment et de

volonté. « Dites aux marins que conduits désormais par des chefs que le soupcon ne peut atteindre, ils doivent marcher sans crainte de trahison », écrivait dans son rapport Jeanbon s'adressant à ses col-

lègues; « vous nous demandiez des chefs pris parmi vos égaux et vos

frères, nous vous les avons donnés. Marchez done sur la même ligne que vos frères d'armes qui combattent aux frontières », disait-il aux marins le 26 brumaire. Et il ajoutail : « que chacun de vous soit ferme à son posle, qu’il soit docile à la main qui le conduira, que tous les amours-propres se taisent, que tous les murmures s’anéantissent, qu’il n’y ait parmi vous qu’un seul cri : Vive la République... Voilà, citoyens, ce que nous vous dirons à tous, à l'officier comme au matelot, au canonnier comme au soldat. L'intrigue doit disparaître, la jalousie du commandement doit être inconnue à des marins français, que l’oflicier donne le premier exemple de la subordination, qu'il obéisse à ses supérieurs et qu’il sache se faire obéir, que de degré en degré depuis l'amiral jusqu’au mousse l’ordre règne, et qu'on ne dispute que d’ardeur à remplir ses devoirs. » Après l’escadre vint le tour de l'administration civile de la marine. Les Représentants firent preuve à son égard d’une grande mansuétude. Bréard et Tréhouart avaient appuyé, on s’en souvient, auprès du Comité de Salut public, une pétition de la Société populaire en faveur d'employés de cette administration destitués par le ministre pour avoir fait partie de la force départementale : Jeanbon prit sur lui d’en réintégrer vingt-cinq dans leurs fonctions. Il aurait même voulu rendre la liberté à l’ex-ordonnateur Redon. A part les quelques individus frappés conformément aux conclusions du rapport sur l'affaire de Quiberon, les destitutions furent peu nombreuses ?. Les vacances furent remplies par la promotion à des fonctions supérieures, d'employés qui s'étaient montrés montagnards exallés, Julien Jullien, Bellanger, etc., et deux places furent données aux secrétaires de la commission Duras et Labrouche *.

Jeanbon était peu satisfait cependant de l’administration'civile de

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