‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 466 sur 889 · Même proclamation du 20 brumaire · texte numérisé non relu

Même proclamation du 20 brumaire

2. Les Représentants au Comité de Salut public, 4 brumaire ; arrêté de Jeanbon et Bréard, 1° brumaire (AF11 268) et lettre du 2, annonçant cette mesure de clémence au Comité de Salut public (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. VII, p. 590). Guerre : armée des côtes de Brest; Réponse à la dénonciation des citoyens de la commune de Brest, Redon, dit Saint-André, « n’était pas arrêté par mes ordres ». Nous n'avons trouvé qu’une destitution dans l’administration de la marine, celle de Corré Villeson, outre celles de Belval et de Verneuil; il y en eut sans doute d’autres, et aussi quelques-unes dans les troupes de la marine : « J’ai maintenu en place malgré beaucoup de criailleries, Douesnel et Massac, dont on me demandait la destitution ; mais si j avais destitué ces hommes pour donner leurs places à ceux qui se plaignent ils ne m’auraient pas dénoncé. Je n’ai fait presque aucun changement dans l’administration, et il y a eu dans cette partie beaucoup plus de mutations ordonnées par le ministre que de destitutions » (Jeanbon Saint-André, Réponse à la dénonciation des ciloyens de la commune de Brest, en l’an Il).

3.-Dxvi, n° 1; Arch. nat. Noter la jeunesse des employés de l'administration, la plupart ont de dix-huit à vingt-cinq ans (ibid.).

la marine. Il avait fait rendre, on se le rappelle, le décret du 27 sep-:

tembre pour en combattre l'esprit de corps et supprimer le différend

de la plume et de l’épée : Bréard et lui, considérant la puissance de

la famille Bergevin dont les membres étaient répandus dans toutes les places importantes, déclaraient qu'il y avait là « une indécence » des plus criantes, el demandaient une loi qui interdit « de placer dans la même administration plus de deux personnes de là même famille ‘ ». Ils jugeaient le service lrop embarrassé de formalités, s'efforçaient de le simplifier et de l'activer *. Surtout ils soupcon-

naient des irrégularités de comptabilité, des détournements, des

abus. Comme l'encombrement des magasins, le désarroi dû à la récente crise politique atténuaient les responsabilités, ils remirent à

plus ample informé et à plus tard des réformes qu’ils FRERE

nécessaires .

L’attitude des conventionnels fut la même pour les ouvriers de l'arsenal et des chantiers que pour les matelots. Les salaires demeurèrent fixés au Laux marqué par la loi du 25 janvier 1793, au lieu d’être établis d’après le tarif du maximum. Des gratifications récompensèrént les travaux supplémentaires, des secours discrètement distribués soulagèrent les familles nécessiteuses. Les Représentants visitèrent la population de l’arsenal, lui parlèrent « le langage de la raison et du patriotisme ». Mais, d'autre part, ils l’astreignirent à un travail régulier et contrôlé, supprimèrent l'octroi de ralions de vivres à ceux qui n’y avaient pas droit, et se firent rendre compte exactement des opinions et des sentiments de cette portion de la démocratie brestoise *. Ils acquirent bientôt la conviction qu’ils pouvaient, sans qu’elle protestât, lui demander en faveur de la réfection de l’escadre un grand effort.

Mais l'esprit nouveau propagé dans le’personnel de la marine ne devait subsister qu'autant que la ville de Brest penserait et agirait à l'unisson des états-majors et des équipages, de l'administration de la marine el des ouvriers. Or, les différents témoignages s’accordaient à dire « tout est fédéraliste à Brest * ». Comment remédier à

1. Les Représentants au Comité de Salut public, 9 brumaire (Reg. IL de correspondance des Représentants du peuple ; Arch. commun. Brest).

2. Arrêtés du 7 et du 9 brumaire (AF1 296; Marine, BB 54, fol. 494); Rapport des Représentants envoyés à Brest, p. 18.

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