Même rapport
4. Rapport des Représentants envoyés à Brest, p. 13; BB19, fol. 24. AFn 170, état des dépenses de la commission. AF11 102; commission nommée le 13 brumaire pour remédier aux dilapidations, les commissaires « ne recevront aucune dénonciation vague » (Reg. I d’arrêtés des Représentants du peuple; Arch. commun. Brest).
Dè Ron Jeanbon; les Représentants au Comité de Salut public, 4 brumaire, déjà cité ; Arch, Marine, BB? 65, fol. 56.
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cette situation ? A Rochefort, par l’afflux de marins et d'ouvriers nouvellement recrutés allait se fonder une véritable colonie révolutionnaire. « Rochefort, dira le jeune Jullien, est une colonie composée d'hommes presque tous nés sur un autre sol, qui n’habitent celui-ci que momentanément et pour y remplir les devoirs de leur emploi respectif »; à Lyon, la proscriplion de la population attachée au parti vaincu amenait.un résultat analogue ‘ ; à Toulon, la même cause déterminera, nous le verrons, avec la collaboration de Saint- André, la création d’une autre colonie révolutionnaire. Mais à Brest, malgré l’arrivée de quantité de recrues pour l’arsenal et les équipages, les indigènes demeuraient la grande majorité. Dans cette extrémité les Représentants s’entourèrent du petit groupe des mon- . tagnards éprouvés qui s’offraient à eux, et c’est avec leur concours,
par leur propagande, qu’ils s’efforcèrent de modifier l'esprit public.
Ces individus étaient de valeur morale très inégale, il n’en fallait pas moins recourir à leur action sur les Brestois. C’étaient des montagnards de passage à Brest : l'agent du Comité de Salut public, Jullien, disciple fougueux de Robespierre et ennemi fanatique des bourgeois et des riches, l'agent du Conseil exécutif, Guermeur, qui venait de faire ses preuves d’habile policier à Concarneau, et qui, Breton d’origine, connaissait bien le pays, Hérault, son acolyte et son adjoint dans la recherche des députés girondins, Hector Barère, cousin du conventionnel et courtisan servile de sa fortune, que Prieur de la Marne va trouver à Vannes el envoyer à ses collègues à Brest ?. C'étaient surtout des hommes que nous retrouverons souvent au cours de ce récit : Dagorne, inspecteur des domaines nationaux, les juges de paix de Brest, Dandin et Hériez, un ouvrier menuisier, le Bars fils, personnage déclassé et par la suite aigri ? ; d’autres appartenant à la marine, Martin, lieutenant, Leclerc, Roxlo, sous-lieute-
nants des troupes de la marine *; Philippe Barère, cousin d’'Hector et
1. Lettre de Jullien, 1# germinal, dans Lockroy, op. cit., p. 275; députation deÿ démocrates de Lyon à la Convention, 30 frimaire « que dans ses murs (les murs de Lyon), s'élève un peuple nouveau » (Buchez et Roux, t. XXX, p. 381) et mesures prises pour réaliser ce programme.
2. Voy. sur Hector Barère, Mémoires de Barère, t. II, p. 93 ; il est à Nantes le 23 septembre comme agent du Conseil exécutif chargé des pouvoirs des Représentants du peuple (BB? 38, fol. 161). À Vannes, le 11 brumaire, Prieur l’autorise à se rendre à Brest (AF11 126). Voy. sur son caractère BB* 38, fol. 174 et Arch. nat. AFnr 30. Le rapport de Courtois sur les papiers trouvés chez Robespierre le mentionnera parmi les patriotes sur qui Robespierre comptait.
3. Dagorne, né à Rennes, en 1758, contrôleur des domaines à Lesneven en 1789, député par le club de Brest à la Fédération, inspecteur des domaines pour le Finistère (Le Guillon Penanros, op. cit., p.380). Le Bars, né à Brest, en 1766, ouvrier menuisier (Levot, p. 201).
4, Rapport Jeanbon, pièces justificatives, p. 85. Roxlo y est cité comme sous-lieutenant alors que Du Chatellier (Révolution en Bretagne, t. MI, p. 124), le dit sousofficier dans les bataillons de l’armée révolutionnaire qui arriveront à Brest en nivôse. Il faut citer aussi Conrier, Gautier, sous-lieutenants, Lenotte ou Lenôtre, adjudantmajor des troupes de la marine (Rapport Jeanbon, ibid.); Colin, oflicier de pionniers (lettre du 4 ventôse an IIL, carton : lettres des Représentants du peuple; Arch. commun. Brest).
probablement aussi du conventionnel, enseigne de vaisseau promu par Jeanbon lieutenant ‘, Tempié, ex- oflicier du commerce, au service de l'État depuis douze ans et ayant combattu sous Guichen dans la guerre d'Amérique d’après ses dires, présentement lieutenant de port et jouant le rôle de la mouche du coche ?, Lucadou, déjà nommé, Palis, chirurgien de l’armée de Mayence, passé dans la marine à la suite d’affaires fâcheuses et auteur d’un projet d'éducation nationale. Tous étaient peu recommandables ÿ. Le lieutenant de vaisseau, Duclos, le capitaine d’armes Philippe, l’architecte el ingénieur Vatrin, le médecin de la marine Damour, sont dans les mêmes idées, mais beaucoup plus estimables *, et avec eux, il faut citer Rochon, ingénieur habile, physicien aux conceptions scientifiques très audacieuses *. Signalons encore dans l’administration de la marine, René Bellanger, que ses dénonciations contre les Girondins ne préserveront pas des dénonciations de plus violents que lui 5 et Julien Jullien.
Les Représentants avaient aussi à leur service la commission administrative du Finistère, dont les convictions ardentes n’excluaient pas la compassion pour l'administration départementale fédéraliste qu’elle avait remplacée; composée en majorité de