Ibid., p
6. « Les consistoires seraient composés de six particuliers seulement, un plus grand nombre étant inutile; mais on aurait l’attention de choisir dans chaque lieu des hommes d’un âge mur, d’une probité reconnue, d’un caractère doux et d’un esprit éclairé... À défaut de connaissances acquises il faudrait avoir au moins une réputation de bon sens pour être admis dans ces places. On préférerait des hommes mariés aux célibataires. Une femme et des enfants attachent davantage au pays où l’on est né » (Nicolas, p. 309).
HATbIT,Lp 308:
38 JEANBON PASTEUR A CASTRES
licisme sa situation privilégiée et son appareil fastueux, il demande simplement la tolérance dans l'obscurité !, il prend même toutes les précautions possibles pour mainteuir le protestantisme dans cette condition inférieure, offre par avance des arguments à l’État contre ‘ ceux de ses frères qui émettraient des prétentions plus hardies ?, et
tout en tenant compte de la publicité à laquelle était destinée son écrit, on est obligé, pour comprendre cette modération, disons mieux, cette timidité, de se rappeler que tel avait toujours été le sentiment du pasteur de Castres, qu'il l'avait exprimé dans la péroraison du sermon de 1778, que le conflit du bois de Massy lui avait donné l'occasion de le répéter. I1 n’est pas le seul à penser de la sorte, Rabaut Saint-Étienne déclare en 1787 aux protestants « que leurs maisons de prière ne doivent avoir aucune décoration extérieure appartenant aux édifices royaux ? », de même, en 1789, O. Desmont “. Surtout à ce moment où l'État est sur le point d’abroger les lois de rigueur contre les protestants, les uns parmi ceux-ci, las des misères passées sont prêts à se contenter des moindres concessions, les autres éprouvent le besoin de ne pas effrayer la royauté de leurs exigences. Cette dernière précaution est urgente; toutes les passions d’intolérance ont été réveillées par l’annonce des libertés promises aux calvinistes : dans les pamphlets de 1786 et 1787 sur l’Édit de Tolérance, non seulement les adversaires des protestants les traitent d’éternels factieux, proclament que dans une monarchie l'unité de foi-est la seule garantie de soumission des sujets ÿ, mais les avocats
JE Nicolas, p. 296.
TDi MD e07.
3. Il a dit, quelques lignes plus haut : « en leur accordant une liberté de culte on
doit distinguer la liberté de la publicité, et maintenir le respect dû à la religion natio-
nale. Leur laisser un culte non public est assez. » C’est dans un deuxième Mémoire
postérieur au premier déjà cité, et aussi publié par M. Fabre (Mémoires de l’Académie de Nimes, VIIc série, t. XVI, p. 226).