DIFFICULTÉS QUI RESTENT À VAINCRE
métier, écrit-il au ministre, il eut été dans tous les temps au-dessus de mes forces, et je serais aujourd’hui traître à la patrie si je con- . Servais un poste qui compromettrait sa gloire et ses intérêts. » Le 26,
il écrira encore à Dalbarade : « Une santé que la rade de Brest altère tous les jours, le travail inséparable du bouleversement qui vient d'avoir lieu dans la marine, et par dessus tout mon peu de moyens me font vous supplier de faire passer au moins pour quelque temps le commandement en d’autres mains ! ».
Et les Représentants qui doivent remédier à toutes ces défaillances ne se sentent même pas les maîtres dans Brest. Autour d’eux il se trame parmi les clubistes brestois des intrigues fort peu nettes. Hérault dénonce Guermeur et Tribout Bellanger, la commission
administralive du Finistère accuse son procureur général syndic Ducouëdic ?; Philippe Barère, Tempié, Lucadou, encouragent les clubistes de Lorient à la délation et l’insubordiration. Peut-être même espionne-t-on jusqu'aux actes de Jeanbon et Bréard el lie-t-on partie contre eux avec des gens en place à Paris. Un fait se produit du moins qui autorise cette supposition et que nous aurions voulu éclaircir davantage. Le 4 brumaire (25 octobre), Jeanbon écrit au Comité de Salut public que deux agents du ministre des affaires étrangères, des individus tout jeunes, dont l’un se nomme Cuny cadet et l’autre Collinet, se sont présentés à lui la veille, munis de pièces dont l’irrégularité a éveillé son attention. « Notre surprise, ajoute-t-il, a élé bien plus grande encore lorsque nous avons lu dans des instructions assez mal rédigées que les commissaires ne devaient s'ouvrir qu'avec réserve aux Représentants du peuple sur l’objet de leur mission. S’il est vrai qu’ils en aient une, serait-elle dirigée contre nous ? et deux jeunes gens seraient-ils envoyés à Brest pour épier notre conduite? Nous la mettrons au grand jour quand vous le voudrez, et quand la Convention nationale l’ordonnera, Mais nous vous déclarons avec franchise que nous ne voulons pas des espions à côté de nous. Si la mission des agents prétendus du ministre des affaires étrangères avait réellement cet objet, nous vous demandons notre rappel. D’autres verront s'ils doivent occuper notre place à de pareilles conditions. Pour nous, nous vous disons franchement que nous ne le voulons pas. » Et délibérément Jeanbon met les deux agents en surveillance, leur interdit toute démarche *. Les agents de Desforgues le ministre des affaires étrangères étaient, on le sait, chargés d’un véritable service d'espionnage à l’intérieur comme à