Procès-verbal, t. XX VII, p. 27, p
2. Verteuil à Desforgues, Saint-Malo, 6 nivôse (Aff. étrang., France, Reg. 330, fol. 226). AF11 121. Journal de l’armée des côtes de Cherbourg, ordre militaire du 5 octobre. AF11 120. Le 5 brumaire, à Cherbourg, Le Carpentier réprouve la persécution religieuse (Registre des délibérations du club, Arch. commun.).
3. Le mouvement commence à Cherbourg en brumaire (Procès-verbal de la Gonvention, t. XXV, p. 61, t. XX VIL p. 62). Voy. aussi Registre du club. Délibérations du conseil général, du 8 avril 1791 au 4 nivôse an Il. Arch. commun. Pour Cahors, voy. Procés-verbul, t. XXVI, pp. 166, 223, 347, premiers jours de frimaire. Pour Montauban, le 28 brumaire, la Convention reçoit des objets du culte en argent envoyés par le Comité de surveillance (Procès-verbal, t. XXV, p. 300); le 1er frimaire, Poncet Delpech prêche au club sur « les avantages que nous procure le
‘culte de la Raison sur les dogmes des préjugés, de la superstition, du fanatisme »; le 4, le 5 des prêtres abdiquent, l’un d'eux, Balthazard, fait voter par le club la dis-
masse des conventionnels, belle plus méditée de quelques-uns Fa
avaient passé par la même évolution que lui et souhaitaient le même idéal, notamment de Julien de Toulouse son ex-confrère dans le ministère évangélique, qui abdiquait le sacerdoce dans les termes suivants : « Je n’eus jamais d'autre ambition que celle de voir s'établir
sur la terre le règne de la raison et de la philosophie. Ministre d’un.
culte trop longtemps proscrit par la barbarie de nos lois gothiques, j'ai prêché hautement les maximes de la tolérance universelle... Je préparais alors les approches du flambeau de la raison qui devait un jour éclairer ma patrie, el je me’ félicite d’avoir vu arriver ce jour où la bienfaisante philosophie, mère de toutes les vertus sociales, n’a fait de tous les Français qu'un peuple de frères. » Jeanbon put comprendré enfin, quoique le décret du 16-18 frimaire ne lui fût point encore parvenu, que le Comité de Salut public, dans le mouvement anti-chrétien désapprouvait moins les tendances que la violence impolitique des procédés !. Par suite, notre Représentant dut croire que le moment était venu pour lui de favoriser de son approbation l'abandon de l’ancien culte, auquel succéderait la religiou nouvelle qui avait toutes ses sympathies.
La Société populaire de Cherbourg avait tout récemment sommé la municipalité d'interdire aux prêtres de « courir les rues en costume sacerdotal ou de mascarade ». Sur une fin de non-recevoir des municipaux, le club S$’était adressé au directoire du district; celui-ci avait accordé l'interdiction demandée, puis craignant d’aigrir les esprits et de faciliter une nouvelleinvasion des brigands de la Vendée, il s'était ravisé ?. Sur ces entrefaites, le 18 frimaire, Jeanbon vint au club : après lecture d’un procès-verbal de la Société populaire de Marennes, qui annonçait dans ce pays « le triomphe de la vérité, de la raison et de la philosophie sur le fanatisme », le conven-
tionnel prit la parole.’« Il a fait voir, expose le procès-verbal de la
séance, de combien de maux les prêtres ont inondé la terre, combien, dans tous les temps, ils ont enchaîné la liberté du genre humain : voulez-vous, a-t-il dit, rentrer dans l'esclavage ? voulez-vous que le flambeau de la Raison cesse de vous éclairer? conservez les prêlres. Voulez-vous la liberté et la liberté toute enlière? débar-
tribution des ornements d'église aux pauvres (4° Registre du club). Le 10 frimaire, le nouveau culte est installé dans l'ancienne cathédrale (Ed. Forestié, Éphémérides -montalbanuises, p. 243). Sur Caussade, La Française, localités voisines, voy. Procèsverbal, t. XX VII, pp. 177, 314. Noter que Jeanbon est en correspondance avec le club, lui a écrit de Coutances, le 28 brumaire (7 frimaire, séance du club, 4e Registre). Paganel est alors à Montauban (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. IX, p. 52). Un décret du 21 brumaire l’a chargé d’épurer dans le Lot les autorités (Procëésverbal, t. XXV, p. 159).
1. Discours de Julien de Toulouse, Procès-verbal, t. XXV, pp. 55-57. Les raisons de Robespiérre et du Comité de Salut public visent toutes Faphiience de cette campagne.
8. Délibérations du club (Arch. commun.). Lettre du directoire du district au Comité de Salut public, sans date, mais, venant après une autre du 18 frimaire, il ‘raconte l'incident et ajoute que la Société populaire « ne menace de rien moins que -de nous faire traduire au tribunal révolutionnaire » (L13, fo 82. Arch. de la Manche).
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rassez-vous des prêtres. » La Société, enchantée de « ce langage philosophique », chargea deux citoyens d'aller demander au Représentant l exécution de l'arrêté du district, et le 19, elle l’invita à venir le lendemain allumer-un feu de joie sur la place, à l’occasion de l’inauguration du culte de la Raison. Jeanbon fit répondre qu’il acceplait avec joie l'invitation, et qu’il prendrait en très grande considération la demande de la Société.
Mais, au cours de la séance du 19 dans la Société populaire, un ecclésiastique défendit énergiquement sa foi, et il s’en suivit une agitation extrême.
Le 20, Jeanbon se rendit solennellement au feu de joie, escorté des autorités et des clubistes, le soir la ville fut illuminée, une grande séance de la Société populaire s’ouvrit à l’église, et des Voix Sy élevèrent pour réclamer la transformation des confessionnaux en guérites. Le conventionnel répondit « que cette mesure, juste en elle-même, ne serait pas exécutée avec succès », et il conclut « à ce que l’on éclaire le peuple auparavant. Par un mouvement simultané, un peuple immense a demandé l'exécution subite. Le Représentant du Peuple a exhorté le peuple à prononcer librement sur cet objet et a professé que quand il lui sera parfaitement démontré que telle est la volonté générale, il donnera les ordres pour l’exécution ». Puis, les diatribes contre le catholicisme se succédant, Jeanbon reprit la parole : «il a montré, dit le procès-verbal, son étonne- - ment de ne pas voir les ministres du culte intervenir dans cette discussion ; il a montré, qu’en se transformant en prédicateurs de la morale, ils ne changeraient pas d'état, il a expliqué les principes du Maître dont ils se disent les apôtres, il a fait voir combien ces principes de sagesse, de justice, d'égalité et de liberté, ont été tronqués et aggravés par l’imposture, et que, si cette religion dénaturée, souillée par ceux qui s’en disent les ministres, eût été exactement suivie dans sa pureté, nous n’aurions jamais eu besoin de Révolution !. »
Le 21, Jeanbon avait reçu le décret du 16 qui prescrivait de respecter la liberté des cultes. Il adressa « aux citoyens de la ville et du district de Cherbourg » une proclamation trop importante pour que nous n’en citions pas les principaux passages.
Les sentiments républicains des habitants lui auraient procuré une joie bien vive, disait-il, « si elle n'avait été mêlée de la douleur: de trouver des citoyens qui s’estiment réciproquement prêts à se diviser pour des opinions religieuses...; le règne de la Raison s’avance à grands pas; le peuple, fatigué des impostures grossières par lesquelles on avait trop longtemps abusé de sa crédulité ne veut d’autre despote . que la loi, d’autre guide que la morale, d'autre sacerdoce que celui de ses magistrats. Elevé par la sublimité des conceptions philosophiques
1. Délibérations du club (Registre du club. Arch. commun. Cherbourg). Cf. Mallet du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution de France, déjà cité p. 18 « Francklin répéta plus d’une fois à ses élèves de Paris que celui qui transporterait dans l’état politique les principes du christianisme changerait la face de la société »,
Fe} Re MISSION DE SAINT-ANDRÉ CONTRE LES VENDÉENS
devenues familières à ous les esprits, à ce point de radene qui rend l’homme à sa dignité primitive, il rougit d'avoir été pendant
des siècles entiers enveloppé des langes du fanatisme, et il brise”
avec mépris ces honteuses entraves qui s’opposaient à l’exercice naturel de ses facultés. L'homme devenu libre est devenu un être pensant. Mais les malveillants... répandent des inculpations d’athéisme ; ils affectent de craindre le renversement de la morale... Hommes atroces.. Quelle est donc cette détestable hypocrisie qui s’annonce par un tendre intérêt pour la cause du ciel? N’étes-vous plus ces mêmes hommes qui avez voulu soutenir les derniers efforts du despotisme expirant? N’êles-vous plus ces ennemis déclarés des ‘droits de l'humanité aux yeux de qui toute tentative vers la liberté était un attentat, qui, vous considérant comme des êtres privilégiés, vouliez voir la terre entière à vos pieds et qui rendiez la divinité même complice de vos forfaits? Vous parlez d’outrages faits à la divinité? Est-ce donc à vous à invoquer ce nom redoutable et sacré? Qui la respecte le plus, de vous qui désolez la terre ou de nous qui voulons la rendre heureuse? Sera-ce par des mensonges que nous lui rendrons un culte digne d’elle, ou par là pratique des vertus sociales ?..... vous parlez de la divinité! Malheureux ! transporlezvous dans les contrées de la Vendée fumante De carnage... venez y contempler votre ouvrage !
« EL vous, consciences timorées, rassurez- vous. La Convention nationale ne veut point vous ravir les objets de votre vénération, elle sait tout ce qu’une longue habitude, une éducation théologique peuvent avoir d’empire sur l’âme de l’homme. Elle sail qu'un cœur sensible et faible a besoin d’un appui; et si cet appui vous croyez le trouver encore dans les vieux préjugés que vos pères vous ont inspirés, elle ne veut point le briser entre vos mains. Elle désire sans doute le développement de ces grandes maximes qui altachent tous les citoyens à leurs devoirs par le saint et brûlant amour de la Patrie; mais elle ne gêne point vos opinions, elle n’interroge point vos consciences, et la première des lois qu’elle a rendues au nom du peuple dont elle est l'organe, contient formellement la reconnaissance de la liberté de tous les cultes... Juifs, Chrétiens, Musulmans, disciples de Confucius ou adorateurs du grand Lama, vous êtes tous égaux aux yeux d’un peuple libre.
Tl suit de la liberté absolue des cultes qu'il ne peut pas y en avoir de dominant, que chaque agrégation religieuse n’est sous ce rapport qu’une société particulière, libre dans l'exercice de ses rites, mais soumise aux lois de police, chaque secte doit se renfermer dans les lieux destinés à ces assemblées, au dehors rien ne doit frapper les regards.
« Tels sont les principes... Pontifes de toutes les religions, si vous n'avez pas renoncé à tout sentiment de pudeur, vous en sentirez la justesse, vous ferez plus, vous profiterez de l’ascendant que vous pouvez conserver encore pour les étendre et les propager. Osez être avec nous les instituteurs du genre humain, la terreur du vice, le
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