‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 511 sur 889 · IL PROTESTE CONTRE LA POLITIQUE DE TERREUR · texte numérisé non relu

IL PROTESTE CONTRE LA POLITIQUE DE TERREUR

plicité des pouvoirs et des agents. Il venait de mettre en liberté le 1% nivôse (21 décembre) un certain nombre d'individus appréhendés

par ses commissaires, lorsque le 24 décembre (4 nivôse) Jeanbon revint à Are :

Il à

Jeanbon arrivait indigné des violences commises sous ses veux dans la Manche à l'égard du culte assermenté. I] se croyait, de plus, atteint dans sa situation personnelle à la Convention et au Comité de Salut public par la politique de déchristianisation : le 26 frimaire, sur une motion de rappel des Représentants qui étaient prêtres ou ci-devant nobles, Bourdon de l'Oise, persévérant dans sa guerre de chicane au gouvernement avait demandé que fussent

exclus du Comité de Salut public les conventionnels de ces deux

calévories, c’est-à-dire Jeanbon et Hérault-Séchelles, il aurait même

obtenu gain de cause si un député, dont le Moniteur ne cite pas

le nom, n’eût fait valoir les services rendus par Saint-André à la marine ?. 2

Sous l’empire de ces préoccupations, Jeanbon, le 4 nivôse même, écrivit au Comilé de Salut public une lettre très vive. Il avait, disait-il, demandé son rappel à la Convention, et sa santé déjà mauvaise à son départ de Paris, ne s'était pas améliorée dans la suite; cependant, « peu accoutumé à consulter ce qui m'est utile, je n'ai pas balancé à déféren à vos vues quand

.vous m'avez dit que ma présence vous paraissait nécessaire à

Brest ». Mais une proposition faite par Bourdon de l'Oise l’avertissait de la nécessité de son retour. « Un autre désormais fera mieux que moi, parce qu’il ne sera pas environné des mêmes défiances..…., d’ailleurs, la rétraite de Bréard me priverait d’un collègue utile et me laisserait seul chargé d’un fardeau trop pesant pour mes épaules... la partie administrative était bien placée entre les mains de Bréard; le reste, avec du zèle, de la réflexion, et les lumières des citoyens instruits je le faisais de mon mieux. Cependant, sous la dénomination vague et insignifiante de prêtre, car je ne connais personne dans le Comité à qui on ait pu appliquer ce nom si ce n’est à moi, on cherche à semer des soupcons. Je les supporterai sans peine pour ce qui me regarde. Mais un homme traduit au tribunal de l'opinion avec un titre défavorable, a la douleur de voir échapper de ses mains le bien qu’il voudrait faire... Nous sommes environnés d’intrigues, on outre tout, on exagère

1. Reg, I d’arrêtés des Représentants du peuple, BR. 1er nivôse ; Bréard dément aussi solennellement son différend avec l'administration du Finistère (lettre du 1er nivôse à cette administration. Arch. Finistère Quimper).

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