‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 525 sur 889 · LA DESCENTE EN ANGLETERRE PRÉFÉRÉE ‘AUX CROISIÈRES · texte numérisé non relu

LA DESCENTE EN ANGLETERRE PRÉFÉRÉE ‘AUX CROISIÈRES

appellent tes-nôtres Vous avez senti le: besoin: d'établir des -croi- Sières, on peut tenter ‘celle du -eap Start, nous vous observerons rela- - tivement au projet de croisière sur le Cap Finistère que le Comité a un plan plus large. Le ministre de la marine est chargé de faire préparer cinq vaisseaux avec quatre mois de vivres... vous ne pouviez être instruits des plans g généraux du Comité. Nous n’insisterons pas sur une explication qu’on ne peut confier ni aux courriers, ni à la poste. » ILajoute que l’ordre de retenir des frégates à Rochefort estémané du Comité, et il refuse de renvoyer les frégates de Cancale à Brest ‘. Les cinq vaisseaux, dont l'armement était ordonné, devaient,en réalité, aller à la rencontre du convoi d'Amérique, c'était un projet arrêté depuis longtemps”; les«plans généraux » en vue desquels toute croisière était ajournée et toute concentration des bâtiments légers à Brest interdite, c’est le projet de débarquement, Nous aurons plus loin la preuve de la première assertion. Quant à la seconde, nous en trouvons la démonstration dans ce billet du Comité de Salut public au Comité de Sûreté générale du 4 nivôse : « prière de sortir de dessous les scellés du général Miranda, l’ouvrage du général Lloyd sur l'attaque et la défense de la Graude-Bretagne », dans ce fait que Dalbarade, le 10 brumaire, avait mis à l'étude le projet de débarquement arrêté le 24 juin et le 22 septembre, et quele contre- ‘amiral Cornic avait été mandé à la fin d'octobre au Comité de Salut public pour ce travail et retenu aux bureaux du Comité ÿ, dans cet autre fait que durant ce mois de nivôse, la signature de Billaud- Varenne, qui sera bientôt chargé de surveiller l'exécution de l’entreprise, apparaît fréquemment au bas des arrêtés du Comité relatifs - à la marine, et que les dernières lignes de l'arrêté du 11 nivôse, portant inlerdiction de toute croisière, sont de la main même de Billaud. Débarrassé des Vendéens, le Comité de Salut public revient au plan préféré des révolutionnaires et y subordonne toute autre opération, sauf celles qui doivent assurer le retour du convoi d'Amérique.

Et le Comité de Salut public s’obstina dans cette conception. A la demande d’une sortie de la flotte, faite par Jeanbon dans sa lettre du 12 nivôse, le Comité de Salut public ne répondit rien. Il ne leva pas non plus l’embargo des corsaires et navires marchands *. Dalbarade, à la lettre de Saint-André du 17, répliqua : une croisière a été envoyée dans les mers du Nord, pour les autres, « le Comité de Salut public admettra ou rejettera les proposilions qui lui seront Halles: ;:::.: suivant son arrêté du 11 de ce mois » . Le 20 nivôse,

1. Le Comité de Salut public à Jeanbon et Bréard, 13 nivôse (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. IX, p. 36); BB° 38, fol. 543 recto. La croisière du cap Start c'est celle du cap Clar qui devait pousser d’abord jusqu'au Start-Point.

2. Arrêté du Comité de Salut public du 19 vendémiaire (AFu* 183, Aulard, t. VII, pp. 340-341, voy. le chapitre xu1, p. 562). rer

3. Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. 1X, p. 685, t. VIIE, p. 145.

4. Cette intention apparaît déjà le 20 frimaire (BB? 10, tol. 12).

5. BB3 61, fol. 60, annotations de Dalbarade à la lettre de Jeanbon du 17 nivôse. Sur la croisière partie de Dunkerque le 14 brumaire jusque ventôse, de la corvette

le Comité décida de diriger sur Saint-Malo avec deux mois de vivres les gabarres qui avaient servi à l'expédition de Noirmoutiers, et, d'accord avec le Comité de Marine, il:fit fixer par décret de la Convention, le 28 nivôse (17 janvier 1794), la composition des états-majors des vaisseaux de transport !.

Cependant, Jeanbon conserva dans le courant de ce mois de nivôse, l'altitude politique qu’il avait adoptée en rentrant à Brest. Il manifestait à Bréard son indignation en apprenant les noyades de Carrier, Verteuil était venu le rejoindre, et il s'était débarrassé d’Hector Barère en l’envoyant réquisitionner. des chanvres pour la marine. Quant à Vérité Corbigny, il était rappelé par le ministre des affaires étrangères ?. Le 13 nivôse (2 janvier 1794), Bréard quitla Brest pour rentrer à Paris. Il se disait trop incommodé par la goutte pour demeurer en mission ; à la vérité, il était atteint dans sa situation par les offres de rappel du Comité de Salut public et les récents incidents *. Le jour même de son départ, Jeanbon institua une Commission de trois membres, chargée de reviser les arrestations précédemment faites, et de désigner les personnes « que la précipilation, la haine, les vengeances particulières, les soupçons mal fondés avaient injustement privées de leur liberté », et qui méritaient d’être élargies * ; la mesure n’était pas superflue, les prisons regorgeaient de malheureux, victimes des commissaires de Bréard. Jeanbon constituait ainsi un Comité de Justice, analogue à celui de Robespierre du 30 frimaire. Ce 13 nivôse, également, Saint-André faisait

le Pandour et du lougre le Courageux, et qui fut très fructueuse dans la mer du Nord, voy. BB* 57 passim.

JE Arrêté du Comité de Salut public, dans Aulard, Actes du Comité de Car public, t. X, p. 104. Décret du,28 nivôse, Procés- verbal, t. XXIX, p. 300. Se rappeler que le décret du 4 octobre avait mis en réquisition tous les bâtiments marchands.

8. Réponse à la dénonciation des ciloyens de la commune de Brest, à propos de Carrier : « Bréard dira que je me récriai avec des expressions très vives contre la faiblesse de la Convention qui avait permis que son bulletin fût sali par de pareilles infamies. » Verteuil à Desforgues, Saint-Malo, 7 nivôse : « Je pars pour Brest aujourd’hui » (Aff. étrang. France, Reg. 330, fol. 247 et 333, fol. 23). Mission d'Hector Barère, Arch. nat., Dxvi n° 4. Départ de Corbigny, 9 nivôse (Aff. étrang. France, Reg. 330, fol. 299). ’

3. Levot, pp. 178-179. Jeanbon au Comité de Salut public, 12 nivôse. Rapport des Représentants envoyés à Brest, p. 18. Le 11, Carrier, Jullien, et le 26, Jullien dénonçaient encore Bréard au Comité de Salut public (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. X, p. 82; Lockroy, p. 210. Papiers inédits trouvés chez Robespierre, 4 vol. in-8, 1828, Paris, t. IIL, p. 51). Jullien, le 18, dénonçait encore Bréard à Jeanbon (Lockroy, p. 179). :

4. Reg. I d’arrêtés des Représentants. Réponse à la dénonciation des citoyens de la conimune de Brest, ; :

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