‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 527 sur 889 · LAIGNELOT VEUT ÉTABLIR UN TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE · texte numérisé non relu

LAIGNELOT VEUT ÉTABLIR UN TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

main, prononcça, s’il faut en croire la tradition, le mot fameux : « Les peuples ne seront vraiment libres que quand le dernier des rois aura été étranglé avec les boyaux du dernier des prêtres »; il promit aussi de mettre au pas, avec l’aide de Ance, tous les conspirateurs de Brest !. À Saint-André, Laignelot se dit « chargé de pouvoirs et d’ instructions du Comité de Salut public, pour lPérection d’un tribunal révolutionnaire », d’ailleurs il ne les montra pas, ces pouvoirs et instructions ?. Toulefois, Jeanbon accueillit bien son nouveau collègue. Jeanbon venait en effet de profiter du départ de Bréard pour faire emprisonner trois ou quatre personnes qui «avaient usurpé une confiance qu’elles ne méritaient pas », c'est-àdire les fédéralistes dont la présence auprès dé Bréard avait pro- voqué tant de protestations, notamment Trouille, chef de la gardenationale brestoise qui entretenait parmi ses subordonnés la malveillance *, et cet acte de sévérité inattendue soulevait contre le Représentant « bien des parleurs ». La scène lamentable du 10 nivôse, au Temple de la Raison, contribuait sans doute à l'agitation, car il fut apporté à Jeanbon des cartes trouvées dans les rues et qui reprochaient aux Brestois de se laisser gouverner par un protestant et de renoncer à leurs anciennes croyances alors que tout peuple, même les sauvages, avait une religion. Jeanbon ne fut donc point effrayé dans la circonstance de recevoir un collaborateur d'énergie extrême, il en remercia le Comité de Salut public, pria même ses Collèzues du Comité de compléter la mesure par le rappel de Tréhouart, trop tiède décidément. « Le moment de frapper est venu * », déclarait-il. Cependant, la Commission instituée le 13 nivôse ne discontinua point l'élargissement des personnes injustement détenues, et le 24 nivôse (13 janvier), malgré l’arrivée imminente de Hugues mandé de Rochefort par Laignelot, le tribunal révolutionnaire n’était pas encore constilué *.

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