‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 529 sur 889 · SON IMPULSION SECONDÉE PAR LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC · texte numérisé non relu

SON IMPULSION SECONDÉE PAR LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC

André, le grand port de constructions de la République 1, Pour que ce programme ne restât point lettre morte, le 28 nivôse (17 janvier), le Comité envoya à Rochefort deux Représentants, avec la mission spéciale de pousser les constructions et pleins pouvoirs pour commander, requérir et destituer. C’étaient des ‘hommes compétents, Topsent, capitaine de vaisseau et membre du, Comité de Marine, Guezno, négociant du Finistère qui avait acquis la pratique des affaires comme membre de l'administration de ce département. Topsent était un modéré, Guezno s'était compromis dans les menées fédéralistes de ses compatriotes, il eût même été inquiété en-septembre précédent si Jeanbon et Bréard l’avaient voulu. Par de tels choix, le Comité de Salut public prouvait bien, comme l'avait dit Barère, qu’il acceptait la collaboration de toutes les bonnes volontés pour relever la marine *?.

Le 27 nivôse (16 janvier), c’est à Lorient que le Comité de Salut public prescrit l'accélération des travaux : trois vaisseaux devront y être lancés le 15 floréal au plus tard, trois autres seront mis sans délai en chantier à Caudau, deux frégates sur un autre point, une corvette sera mise à l’eau sous deux mois, ordre d’en finir avec tous les bâtiments en réparation, les travaux seront menés la nuit comme le jour, les retards auront pour sanction la destitution, l’arrestation, comme à Rochefort *.

Le même jour, le Comité dresse le programme des constructions et réparations pour les ports secondaires : à Bayonne, deux frégates et six corveltes; à Bordeaux, deux frégates et une corvette; à Nantes, deux frégates, deux corvettes; à Saint-Malo, trois frégates; au Havre, trois frégates, quatre corvettes à Honfleur et deux frégates à

. Dunkerque, les mêmes peines qu’à Lorient et Rochefort y puniront les négligences et les retards “. A Toulon, appelé maintenant le Port

1. Sur le désarroi persistant à Rochefort, voy. Cuny aîné à Desforgues « dans le port, on paye tous les jours 3,000 individus enrôlés comme matelots, et quand il faut faire sortir un vaisseau, à peine se trouve-t-il 400 marins » (Aff. étrang. France. Reg. 333, fol. 93). Noter qu'il y a plus de marins qu'il n’en faut (BB 27, fol. 347, BB3 54, fol. 120, BB3 28, fol. 547 verso). Des difficultés matérielles ralentissent les armements (BB 27, fol. 354, 362), mais la négligence est reconnue de tous (BB? 61, fol. 60). Léquinio et Laignelot ont pris des mesures pour y remédier (BB3 54, fol. - 127), sans succès, paraît-il. L'arrêté du 20 nivôse est dans Aulard, Actes du Gomité de Satut public, t. X, p.140, autre du 29, établissant de nouvelles cales (ibid., p. 303).

2. Aulard, t. X, p. 283. Desforgues rappelle, d'autre part, son agent à Rochefort, Cuny aîné (Aff. étrang. France, Reg. 330, fol. 309), Laignelot va à Brest, Lequinio sera bientôt envoyé ailleurs. Sur Topsent, voy. ch. vrr, p. 307. Guezno né à Audierne (Finistère) en 1763, négociant et procureur de la commune, membre du directoire du département, député du Finistère à la Convention, aux Cinq-Cents jusqu'en 1798, receveur des douanes à Audierne, proscrit comme régicide en 1816, retiré à Bruxelles, rentré en 1830, mort à Audierne en 1839 (Aulard, t. X, p. 282, note 3). Leur mission durera du 30 nivôse au 3 thermidor an [I (Compte rendu de leurs dépenses. Bibl. Nat. Le 29, n° 199).

Page 1