Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. X, p
4, Collection Maurice Loir, signé Barère, Billaud-Varenne, Carnot, Collot d'Herbois, C.-A. Prieur, Saint-Just, Robespierre, R. Lindet. Noter qu'on ne pouvait plus compter sur les quatre corvottes de Tressegain à Saint-Malo (BB? 50, fol. 230), et
da Montagne, le décret du 14 nivôse a prescrit un égal: effort. A Dunkerque, le Comité de Salut public ordonne dans les vingt-quatre heures à l'ingénieur en chef de commencer les travaux décidés le 11 brumaire et non exécutés, de facon à « mettre sous trois mois le port en état de recevoir des vaisseaux du dernier rang et les frégates les plus fortes »; en cas de retard, l'ingénieur sera regardé « comme suspect el mis en état d’arrestation ! ». A la fin du mois, le Havre est déjà dans la plus grande activité, et Dalbarade peut répondre à la lettre de Jeanbon du 14 nivôse : « Il y a dans ce moment-ci, sur les chantiers des divers ports de la République, soixante-huit bâtiments, dont dix vaisseaux de ligne, seize frégates et vingt-cinq corvettes ?. »
C'est alors, quand les travaux étaient poussés avec une ardeur nouvelle, qu’on vit Saint-André quitter Brest à l’improviste et rentrer dans le sein de la Convention. Autour de lui, à Brest, on s'attendait un peu, semble-t-il, à le voir partir pour Toulon : il y avait déjà envoyé des officiers, il en suivait les travaux de loin *. Mais nul ne pensait qu’il voulûl renoncer à toute mission. De retour à Paris, il prétexta qu'à l’arrivée de Tréhouart et Laignelot il avait senti « que trois Représentants du peuple étaient plus qu’il n’en fallait pour les mesures qui restaient à prendre », qu'il avait d’ailleurs besoin de repos et désirait conférer avec le Comité de Salut public “. Ces propos s'accordent mal avec ceux du Conseil général de la commune de Brest qui qualifia le départ de Jeanbon d’ « inopiné », et avec ceux: du club qui lui écrivit en pluviôse : « ton départ longtemps incertain a surpris désagréablement tout le monde ÿ ».
Nous avons l'explication de cette soudaine résolution dans les paroles de Saint-André en l’an III : « Hugues, accusateur public du tribunal de Rochefort, arriva deux jours après Laignelot. Mes idées sur ce tribunal n'avaient point changé et la tournure de Hugues ne me plut point. Je pris le seul parti que je pouvais prendre dans la circonstance, je partis sans rappel et je me rendis à Paris 5. » C’est
qu'à Cherbourg la corvette le Châlier que Jeanbon pensait devoir être lancée vers le 26 frimaire ne le fût qu’au 14 nivôse (BB? 13, fol. 13). Qu'on se rappelle que sous l’ancien régime on construisait les frégates et corvettes de préférence dans tous ces ports secondaires, et que c'était là l’idée de Jeanbon et Sané.
1. Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. IX, p. 694, et Procès-verbal, t. XX VII, p. 257, sur Toulon; sur Dunkerque, Aulard, t. VIII, p. 160, t. IX, p. 670.