SON KAPPORT SUR SA MISSION A-BREST
faire la paix avec eux que quand ils seraient sortis d’esclavage. J'ai pensé que des écrits salutaires et sages, concouranl avec les coups de canon, pourraient opérer cette heureuse révolution; je ne crois pas qu’il y ait aucune faiblesse dans les sentiments que je viens de vous exposer. Si j avais quelque faiblesse de caractère à me reprocher, je remercierais celui qui m'en ferait apercevoir. — J'aurais manqué mon but, répliqua Robespierre, si j'avais offensé dans l'énoncé de mon opiaion celui qui a travaillé avec nous à opérer le bien de la République. » À ces mots, Jeanbon enthousiasmé s’écrie : « Unis de sentiments et de principes nous avons combattu, Robespierre et moi pour la liberté, et nous combattons encore; nous avons voué une haine éternelle aux tyrans, et notre tête tombera ou ils seront. exterminés. Les moyens se préparent... La marine doit terminer la guerre, peuple parisien, devenez marin; portéz vos regards sur nos ports, animez les travaux, portez l’ardeur et le courage dans l’âme de vos frères qui vont sur un élément terrible exposer leur vie pour votre liberté. » Ainsi la voix du chef du gouvernement montagnard et celle du délégué de ce goûvernement à la marine s ’unirent dans un SRE cri de guerre contre la nation britannique.
Le 12 pluviôse (31 janvier), es hbon eut occasion de répéter cette ardente profession de foi. Il rendit compte à la Convention de la mission qu’il avait remplie avec Bréard, Tréhouart et Prieur de la Marne à Brest et auprès de l’armée navale. Bréard seul était présent, Tréhouart n’était pas encore de retour et Prieur demeurait dans le Morbihan. Un député demandait que le rapport fut imprimé : «il ny a que la Convention qui connaisse les rapports dont elle ordonne ainsi l'impression préalable, observa Cambon. L'énergie et la vigilance de Saint-André et de Bréard ont mis notre marine sur un pied formidable ; il faut que leurs services soient connus. C’est surtout à l'approche de la campagne qu’il importe que les mesures prises par le gouvernement pour réorganiser la marine francaise soient proclamées à toute la République ‘ ». La parole fut donc donnée à Saint-André. Son rapport, imprimé en vertu d’un décret du même jour et suivi de la série de ses arrêtés qu’il proposait d’ériger en lois de la République, forme une brochure de trente-six pages in-8°, intitulée Rapport des Représentants envoyés à Brest et auprès de l’armée navale par Jeanbon Saint-André ?. Nous l'avons assez mis à contribution au cours des précédents chapitres pour qu’il . suffise ici de le résumer.
« Je n'ai à vous exposer que des faits simples, dit l’auteur, mais -en les rapprochant vous y verrez ce qu'était votre marine, ce qu'elle est en ce moment, ce qu’elle peut, ce qu’elle doit devenir. » Après