‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 548 sur 889 · Moniteur, t. XIX, p · texte numérisé non relu

Moniteur, t. XIX, p

2. Imprimerie nationale. Voy. l’Introduction, voy. aussi Moniteur, t. XIX, p. 350; et Procès-verbal, t. XXX, p. 280.

avoir rappelé l'envoi de Bréard et Tréhouart à Brest pour conjurer dans cette ville les menées de Pitt et des fédéralistes, après. avoir mentionné le décret qui leur adjoignit deux membres du Gomilé de Salut public à la suite de la révolte de l’escadre, Jeanbon résume ses appréciations sur l'insurrection de l’armée navale et expose brièvement l’épuration qui en fut la conséquence. On se souvient que sur ces faits il avait lu à ses collègues à Brest un rapport particulier. Il note l'envoi de Tréhouart à Belle-Isle et de Prieur de la Marne dans le Morbihan, les efforts de Bréard et de lui-même pour ranimer à Brest tous les services : à ce propos, il cite ses arrêtés établissant des instituteurs à bord des vaisseaux ainsi que des écoles de matelotage, et promulguant un code pénal maritime supplémentaire, et il demande l'extension de la première mesure à tous les ports par décret. Puis il expose les précautions rigoureuses prises à l'arrivée des deux vaisseaux de Toulon, revient à l’épuration de l’escadre, justifie le choix de Villaret, Martin, Cornic et Van Stabel pour les postes de contre-amiraux, et à l’appui du nom du dernier raconte la dextérilté avec laquelle il s’est dérobé à l'amiral Howe. Il ajoute que des croisières ont été organisées et ont envoyé à Brest el Lorient de nombreuses prises dont la frégate anglaise /a Tamise, que les travaux du port ont été aclivés, que Sané a été chargé de leur direction, que l'esprit public dans Brest à élé régénéré sans qu’il y ait eu besoin de recourir à un tribunal révolutionnaire.

Lors de la marche des Vendéens sur Granville, les Représentants ont envoyé à Cancale deux frégates, et des secours à Granville. puis Jeanbon, sur ordre du Comité de Salut public, est parti luimême à Cherbourg, et il résume cette période de sa mission sans omettre que pendant son absence Bréard, malade et cependant toujours actif, a envoyé de Brest à-Cancale trois nouvelles frégates qui, réunies aux deux premières, ont formé « cette escadre légère qui depuis a si vivement inquiété le commerce ennemi dans la Manche ». Jeanbôn se vante d'avoir calmé à Cherbourg l'agitation suscitée « par de misérables querelles religieuses ». Il est rentré à Brest au moment où Bréard, d'accord avec lui, faisait appareiller la division qui devait croiser sur le cap Clar et qui a recueilli si fructueuse moisson. Bréard parti pour Paris, Jeanbon a poussé les travaux. Afin d'empêcher « les friponneries qui se commettaient dans lembarquement et le débarquement des approvisionnements », il a pris un arrêté pour lequel il demande un décret de la Convention de facon à l’étendre à tous les ports, el au retour à Brest de Tréhouart, à l’ar-. rivée de Laignelot, jugeant sa présence superflue il est revenu à son tour dans la Convention après avoir contenu les forçats par un règlement sévère et pris quelques autres mesures moins importantes.

À la suite de cette lecture, la Convention adopta en principe comme lois de la République les trois arrêtés sur le placement d’instituteurs à bord des vaisseaux, sur l’embarquement des denrées et sur l’hygiène des marins, ainsi que celui relatif aux écoles de

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