Jeanbon au ministre, 6 germinal
4. IVe Reg. de correspondance des Représentants du peuple, 3 germinal. Voy. sur retards à Lorient BB3 52, fol. 19, BB3 43, fol. 142.
. Guezno et Topsent au Comité de Salut public, 6 pluviôse (AF17 175, Aulard, des du Comité de Salut public, t. X, p. 452). Voy. BB 54, fol. 481, fol. 3, fol. 195, BB! 9, fol. 44. Jullien au Comité de Salut public, 1 germinal (Lockroy, op. cit., p. 275). AFur 296.
6. Reg. II d’arrêtés des Représentants du peuple, 28 ventôse, Reg. IV de correspondancé, 25 ventôse. Les constructions sont aussi trop lentes à Cherbourg et Por- Malo (AFn 178, BB3 50, fol. 247).
7. AFu 300. Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. XII, p. 142.
8. AF11 102, Reg. il d’arrêtés des Représentants du peuple, 25 ventôse. Le Comité
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Eufin, Jeanbon ramasse le plus possible de marins. Durant son séjour au Comilé de Salut public, les désertions se sont multipliées à nouveau sur l’escadre de Brest, comme sous l’ancien régime chaque fois que la vigilance du gouvernement se relâchait ‘. Pourtant la campague navale va s'ouvrir. Le 5 ventôse, le Représentant lance la proclamation suivante : « La République appelle en ce moment tous les marins à la gloire, cependant quelques malelots séduits ou timides cherchent à se dérober à l'honneur de combattre et de vaincre pour la liberté. Des citoyens indignes de ce nom favorisent les désertions et cachent les lâches qu’ils devraient dénoncer. Nous appelons l’indignation de tous les amis de la patrie contre ces hommes coupables. Que les autorités constituées civiles et militaires, que la société populaire, que les bons citoyens secondent notre zèle. Allez, patriotes ardents et incorruptibles, allez fouiller dans les cachettes où Ils se retirent comme dans un asile impénétrable des bras que la République réclame. Saisissez, amenez devant les Représentants du peuple ceux qui favorisent cette désertion criminelle, ils méritent d'éprouver la sévérité de la loi, la loi les jugera ». Des visites domiciliaires dans Brest, des patrouilles sur les routes ra- mènent les réfractaires, et bientôt l'enthousiasme que fait naître la propagande du Représentant enraye la désertion. Mais il faut de nouveaux équipages pour quantité de bâtiments en construction, en armement. Saint-André recherche les marins qui se sont fait déclasser, qui ont esquivé les obligations de la loi; comme il l’a demandé précédemment, le Comité de Salut public lui envoie les marins qui se trouvent en excédent à Rochefort, ainsi que tous les volontaires de première réquisition qui préfèrent le service de la marine. Des garnisons à bord des vaisseaux suppléeront tant bien que mal à l’insuflisance des effectifs, et Jeanbon compte sur les écoles de matelotage pour les former ?.
Le temps presse d’ailleurs. Il faut envoyer à Cancale la division destinée à atlaquer les îles anglo-normandes et les six vaisseaux chargés de la protéger, il faut même faire sortir toute la flotte pour les appuyer. Quand Saint-André arrive à Brest, la tempête
de Salut public porte à 5,000 hommes la garnison de Belle-Isle (13 ventôse, Aulard, Acles du Comité de Salut public, t. X, p. 505), il prend des mesures pour surveiller les bateaux pêcheurs du cap Fréhel (près Saint-Malo) à Dunkerque (9 et 25 ventôse, Aulard, t. XI, pp.432 et 712). Autre arrêté du Comité généralisant ces mesures pour toutes les côtes, le 14 germinal (A F1 295, Aulard, t. XII, p. 362). Mais on n’a pas exécuté les mesures ordonnées par Jeanbon pour fortifier la côte de Cherbourg (rapport de Tilly, 3 ventôse. Guerre : armée des côtes de Cherbourg).
1. BB! 9, fol. 3, Reg. I d’arrêtés des Représentants du peuple, 3 ventôse, Maurice Loir, La marine royale en 1789, p. 245.
2. AFrr 102. Voy. aussi Jeanbon au Comité de Salut public, 15 ventôse (AF11 298, Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. XI, p. 558), AFir 296, Reg. IT d’arrêtés des Représentants du peuple, 19 ventôse; arrêté du Comité de Salut public du 12 ventôse envoyant à Brest les matelots inutiles à Rochefort (AF1ir 295, Aulard, t. XI, p. 494) comme Jeanbon le demandait au Comité le 7 nivôse et le 17 au ministre, autre du Comité le 12 ventôse mettant à la disposition du ministre les volontaires de première réquisition qui optent pour la marine (Aulard, t. XI, p. 496).
souffle au large et les vents sont “contraires, « mais nous sommes prêts, écrit le Représentant à Barère le 7 ventôse, et vos ordres seront exécutés aussitôt que le veto de la nature sera levé! mon parti est pris, je pars avec la flotte; le pavillon de la Représentation nationale flottera à la mer sur le vaisseau amiral ‘ ». Cette nouvelle excite l’ardeur des équipages : « Est-il vrai, Représentant du peuple, que tu viens avec nous ? demande à Jeanbon un matelot de /a Montagne. — Oui, si les intérêts de la patrie l’exigent. — Le Représentant vient avec nous, il ne faut plus de drisse au pavillon, il faut qu’il soit cloué », dit alors le marin à ses camarades ?. Le 8 ventôse (26 février), Jeanbon ordonne pour le lendemain des visites domiciliaires minutieuses et un contrôle sévère de tous les individus qui composent la garde nationale ; ces mesures qui ont intrigué Levot et du Chatellier s'expliquent pour nous par la crainte du Représentant de laisser derrière lui des agitateurs et des contre-révolutionnaires, qui auraient eu le champ libre en son absence et en l'absence de la flotte *. Jeanbon opère aussi quelques remplacements dans les étatsmajors et embarque sur l’escadre les bataillons formés des anciens régiments de marine cantonnés dans les villes voisines *..
Le même jour, 8 ventôse, dans l’après-midi, le capitaine de vaisseau Thévenard, fils de l’ex-commandant d'armes, et le capitaine de vaisseau Doré appareillent : le premier avec Le Brave, le Scévola, deux frégates et deux corvettes, le second avec la division des six vaisseaux de soixante-quatorze . Ils vont se mettre aux ordres de l'amiral Cornic qui a reçu la direction de l’expédition de Jersey après l'avoir préparée dans les bureaux du Comité. La division de frégates commandée par Gohet Duchesne et qui est en station à Cherbourg, doit rallier Cancale pour participer à l’entreprise. Cornic est arrivé à Port-Malo(ci-devant Saint-Malo), le 27 pluviôse. Le général Regnier procurera les pilotes, il connaît l'archipel anglo-normand pour avoir vécu aux îles Chausey et collaboré autrefois à la tentative du baron de Rullecourt sur Jersey. Rossignol, de son côté, a emprunté des troupes à tous les corps stationnés en Bretagne, à Tribout et Beaufort notamment, et au 7 ventôse il a rassemblé près de 21,000 hommes, partagés en deux divisions, de Cherbourg à Saint-Brieuc, le général Moulin les commandera ‘. Des