‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 599 sur 889 · F7 3681, n° 9. Arch. nat · texte numérisé non relu

F7 3681, n° 9. Arch. nat

2. Moniteur, t. XV, p. 554; ibid., p. 356, Procès-verbal, t. VI, p. 54.

3. Dossier Ramel. Ils le déclarent « intrigant, fayettiste décidé », impliqué dans l’affaire Dufresne Saint-Léon. « Son père ci-devant procureur à Cahors, son frère curé d’une des paroisses de cette ville a été un des plus ardents apologistes du féderalisme. Nous ignorons comment Ramel aîné, qui n’avait jamais servi que la messe de son curé, s’est conduit à la tête de la légion des Pyrénées, mais nous croyons que si on ne veut pas éterniser la guerre et nous exposer continuellement à des trahisons, on ne doit pas confier le commandement des armées à des intrigants. »

4. Reg. de correspondance des Réprésentants du peuple, fol. 18 verso, L11# Arch. Pyrénées-Orientales; Aulard, Actes du Comilé de Salut public, t. X, p. 606.

5. Milhaud et Soubrany au Comité de Salut public, 29 pluviôse (Aulard, t. XI, p. 241); arrêté de ces Représentants, même jour (Revue rétrospective, t. VI : affiches révolutionnaires dans le département des Pyrénées-Orientales) ; ‘journal L'avant garde de l’armée des Pyrénées-Orientales, du 5 ventôse au 10 fructidor an IL, fondé par Payot Ricord fils, accusateur au nouveau tribunal installé le 3 ventôse (Arch. nat., ADxx*, n° 75).

6. No 9 du journal L’uvant-garde de l’armée des Pyrénées-Orientales, 14 germinal an II: « l’ex-général de brigade Ramel a été condamné à la peine de mort; je donnerai son jugement en entier par supplément. » Ce supplément n’est ni aux Arch. nationales ni à Perpignan.

TDR SECONDE MISSION DE JEANBON À BREST

nées Orientales, répète, à propos de cet événement, la version donnée par la famille de Ramel et déjà citée !. Mais de l'exposé cidessus, il ne ressort aucune charge contre Saint-André. La perte de Ramel a été préparée dès la fin de 1792 par des événements dont Jeanbon n’est pas responsable, et la seule dénonciation formelle signée par les conventionnels du Lot contre l’ancien député à la Législative ne porte pas le nom de Jeanbon, elle a été rédigée dans un temps où Jeanbon était absent de Paris. Quand Ramel a été condamné à mort Jeanbon se trouvait à Brest, à l'opposé de Perpignan. Qu'il ait écrit à Perpignan pour charger son ancien rival c’est possible, quoique nous n’en ayons aucune preuve, mais sa dénonciation, si dénonciation il y a eu, ne pouvait que rappeler les antécédents de Ramel, comme la lettre de Monmayou, Cledel, Bouygues, Sallèles, lettre qui n'avait pas empêché Ramel de conserver son grade. La version de la famille s’explique cependant très bien : Ramel a été condamné par un lribunal formé de juges choisis, puisqu’il avait été l’objet d'une épuration de Milhaud et Soubrany, peutêtre même Ramel avait-il été traduit une première fois par les deux Représentants devant ce tribunal et peut-être l’indulgence des juges pour lui avait-t-elle été une des causes de l’épuration prescrite. Ramel avait failli comparaître antérieurement devant un premier tribunal, le tribunal criminel du département de Paris, et on croyait même qu’il y avait comparu ?. Connaissant l’inimitié de Jeanbon pour Ramel, la famille de ce dernier ne se sera expliqué sa mort que par la haine persistante de Jeanbon, elle aura attribué à Saint-André

la mise en accusation de Ramel au commencement de 1793, l’épu-

ration du tribunal de l’armée des Pyrénées ordonnée par Milhaud et Soubrany, la condamnation voulue par Milhaud et Soubrany.

Jusqu’à preuve du contraire, Jeanbon nous apparait donc comme pleinement innocent de la mort de son ancien rival.

De retour à Brest le 19 germinal (8 avril 1794), Jeanbon y restera jusqu’à sa sortie avec l’escadre, c’est-à-dire jusqu’à la fin de floréal (milieu de mai). Dans cette nouvelle période, la Terreur s’accentue encore à Brest.

C'est là un phénomène d'ordre général. À Paris, Robespierre, après avoir fauché successivement les hébertistes et les dantonistes, institue dans le Comité de Salut public un bureau de haute police dont il dirigera les travaux avec Saint-Just et Couthon, et qui met

1. Fervel, Campagnes de la Révolution française dans les Pyrénées Orientales. Paris, 1861, 2 vol. in-8, t. I, p. 244.

2. La lettre des conventionnels du Lot du 6 frimaire déjà citée, dit : « Il fut traduit au tribunal criminel de Paris, il a été acquitté à la vérité. »

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