ACCENTUATION DE LA TERREUR. LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE
dans sa main la police générale de la Répubiique au-dessus du Comité de Sûreté générale‘. Le Comité de Salut public absorbe donc maintenant jusqu’à la police même, et Robespierre, maître dans le Comité de Salut public, concentre tout le pouvoir. Mais il lui reste dans la Convention des ennemis dont l’existence lui est insupportable, il est victime de cette fatalité qui entraîne les despotes à exagérer leur despotisme et les gouvernements de rigueur à se montrer toujours plus rigoureux; d'ailleurs, il y a un ennemi extérieur qui reste invaincu, l'Angleterre. Robespierre use donc de sa puissance pour précipiter la Terreur, notamment par le décret du 26-27 germinal sur la police générale ?, et l'effet s'en manifeste dans tout le pays, à Brest comme ailleurs.
Des causes locales rendent celte politique tout à fait nécessaire aux yeux du Représentant à Brest. Le décret du 27 germinal est pour Saint-André un sujet d’inquiétudes : il ordonne à tous les ex-nobles de quitter Paris, les places fortes et les villes maritimes et leur en interdit le séjour pour la durée de la guerre; les ci-devant incarcérés à Brest ne vont-ils point profiler de cette disposition pour se faire ouvrir les portes de leur prison ? Jeanbon prend soin de confirmer leur détention par un arrêté explicatif du décret, et il engage Billaud- Varenne à faire étendre par le Comité de Salut public cette mesure à toute la République *. De plus, les embarras du Représentant à Brest redoublent : l'arrêté du Comité de Salut public du 18 germinal, sollicité par Jeanbon, et qui a exclu des administrations et fonctions publiques tous les agents de la marine, achève de désorganiser les autorités constituées de Brest et des autres ports; la ville de Brest endettée ne peut plus faire face aux dépenses nécessaires * ; l'embrigadement des réquisitionnaires bretons bien improprement appelés volontaires donne lieu à des scènes de désordre Ÿ. Enfin, il faut plus que jamais hâter les constructions, presser les armements.
Aussi le fonctionnement du tribunal révolutionnaire de Brest s’accélère. Après une interruption de treize jours employée par le parquet à l'instruction de nouvelles affaires, le tribunal reprend ses séances à partir du 24 germinal. C’est dans cette période que Jeanbon complète son organisation, nomme Bonnet substitut pour aider Donzé-Verleuil et Grandjean dans leur terrible mission, fait deux fournées de jurés, fixe le traitement de l’exécuteur. Le décret du 27 germinal qui supprime les tribunaux révolutionnaires des dépar-