Arch. commun. Brest
tements n'est point appliqué à Brest, sans doute parce que le tribunal de Brest est constitué à l'instar de celui de Paris. | Le 24 germinal (13 avril 1794), le tribunal condamne à mort deux réfractaires saisis à Lesneven, à la déportation trois cultivateurs qui les ont cachés, à la réclusion deux individus complices du recel et trop âgés pour être déportés. L’exécution des deux prêtres a lieu à Lesneven même pour frapper les populations, et elle n’aboutit qu’à faire des suppliciés des martyrs sur la tombe desquels les gens du pays s’empressent. Le 28, c’est un autre réfractaire qui est envoyé à l’échafaud, une femme qui l’a caché est punie de la déportation. Le même jour, autre sentence capitale contre un volontaire nommé Hippolyte, pour propos inciviques, une
femme Galabert qu’il a chargée dans ses dépositions est acquitlée
mais retenue jusqu’à plus ample informé pour une correspondance avec un émigré; les propos inciviques sont prouvés, toutefois leur incohérence ne démontre que la faiblesse d'esprit de leur auteur. Toujours le 28, le parquet conclut à la mise en liberté de trente-cinq paysans et une paysanne des environs de Brest. Le 1°" floréal, sont condamnés à morl deux charpentiers domiciliés à Brest, l’un pour des propos tendant au rétablissement de la royauté, l'autre pour avoir crié « Vive le Roi ». Le 3 floréal comparaissent deux époux qui ont soustrait des meubles et effets d’émigré, c’est-à-dire des biens nationaux, le mari est frappé de quatre ans de fers, la femme de quatre ans de réclusion ; deux individus impliqués dans la poursuile sont acquittés. Puis, le parquet conclut à l'élargissement de six individus, hommes et femmes. Le 11, le tribunal juge un soldat de marine qui, mené en prison pour ivresse, à crié « Vive le Roi », son état d’ébriété manifeste le fait acquitter. Le 13, un caporal de marine est condamné à mort pour avoir composé « des écrits tendant à l’avilissement et à la dissolution de la représentalion nationale et au rétablissement de la royauté en France, et ce en pleine raison » ; ce dernier considérant est erroné, l’inculpé était de cerveau affaibli, les écrits dont on lui faisait un crime et des attestalions de médecins l’établissaient. Le parquet élargit ensuite dix individus. Le 16, le tribunal juge Michel Marie Lesquin, et Miorcec dit Kerdanet, accusés, le premier d’avoir préféré les assignats au numéraire et d’avoir voulu fuir en Angleterre, le second d’avoir en 1792 cherché à faire passer par l'intermédiaire du premier de l'argent à un émigré, ils sont acquittés, et, comme il arrivait parfois à Paris, les terroristes passant de la fureur à l’attendrissement accueillent la sentence par des tr ansports de joie‘.
En trois semaines le tribunal a prononcé sept condamnations à mort, dont trois, frappant des insermentés, étaient fatales. Bonnet se
1. Reg. du tribunal. Arch. Finistère, Du Chatellier, Brest et le Finistère sous la Terreur, pp. 121-130. W 542, Arch. Nat., Levot, pp. 287- 291. AFi1r 102. Reg. Il darrêtés des Représentants.
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