‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 62 sur 889 · Poncet-Delpech, dans le Journal national, n° 20 'et · texte numérisé non relu

Poncet-Delpech, dans le Journal national, n° 20 'et

6. Parmi les suspects emprisonnés sous la Terreur, quantité d'anciens titulaires d’offices, de commis et employés qui s’y rattachaient et « sans profession depuis la Révolution » (L?27, Arch: Tarn-et-Garonne).

ligionnaires, Rabaut Saint-Étienne, e qu il avait promis d’abord son appui aux Montalbanais !.

Dès la fin de 1789, l'antipathie pour la Révolution gagna dans Montauban : le fait d’ailleurs se produisait dans tout le royaume, l'abolition de l’ancien régime blessant des intérêts tous les jours plus nombreux. Poncet-Delpech, qui faisait dans le Journal national le compte rendu des débats de l’Assemblée Constituante, s’en apercevait dans sa correspondance, et se plaignit de « ces inculpations hasardées qui ne m’étonnent pas, mais qui lassent à la fin un honnête homme ? ». On s’ingéniait à rendre le Comité patriotique « odieux », bien qu’il administrât de son mieux ; on le disait composé « de personnes peu favorisées des biens de la fortune, n’en imposant par aucune sorte d'éclat ni pouvoir » ?. Un décret du 4 décembre, fixant l'élection des municipalités au 1er février 1790, offrit à la noblesse d'épée irritée de voir les protestants jouer aux soldats dans la garde nationale, à la noblesse de robe jalouse de l'importance croissante de la bourgeoisie, aux prêtres fanatisés, à tous les partisans de l’ancien régime, l’occasion de devenir les maîtres ‘ ; ils avaient pour eux le commerce de détail frappé dans ses intérêts par la déchéance des privilégiés ‘, le peuple des ouvriers enrôlé dans les confréries catholiques, notamment dans la Congrégation des artisans 5, et qui du reste souffrait d’un commencement de chômage dû au malaise économique général 7, de la cherté des vivres due à la mauvaise

1. Journal national, nos 20 et 22, lettre de Rabaut Saint-Étienne à la municipalité, 28 décembre 1789, relative à cette affaire et commençant ainsi : « Je suis on ne peut pas plus flatté de la confiance dont vous m’honorez, et de la justice que vous rendez au zèle que je mettrais à entrer dans les désirs de votre ville » (Arch. commun, série AA).

2. C’est à propos de la formation du département du Lot qu’il s’indigne ainsi (Journai national, n° 20, première semaine de décembre 1789). …

3. On y voit Malfre perruquier, Pérès aubergiste (Avis aux citoyens de Montauban, déjà cité).

4. «L'Assemblée constituante venait de voter une loi relative à l’organisation des municipalités, les gens de bien comprirent à Montauban que, grâce à lexcellent esprit qui animait la population, on pouvait vraisemblablement espérer d’en expulser les hommes dangereux qui, dès le début de la Révolution, s'étaient emparés de l’administration municipale ...….. Les royalistes jettent cette idée dans la population qui l’accueille avec faveur. » Notice biographique de M. d’Elbreil, ancien avocat général à La Cour des Aides de Montauban et membre de la Chambre des députés sous la Restauralion, par un de ses enfants, p. 7. Toulouse, 1868, in-8, non mis dans le commerce, ouvrage rédigé sur les souvenirs écrits de d’Elbreil. Nous retrouverons d’Elbreil. M. A. Espinas se trompe donc, quand, dans son ouvrage : La philosophie sociale du xvine siècle et la Révolution, Paris, 1898, in-8, p.13, il représente les nobles à cette époque comme traqués et ne songeant qu’à sauver leur vie. C’est inexact pour ceux des villes.

5. Papiers Bosquet, collect. Galabert, et L27 arch. Tarn-et-Garonne, Cf. à Rennes, au début de 1789, un mouvement fomenté par la noblesse avec l’aide de ses valets et de ses fournisseurs contre la bourgeoisie (Belloc, Les deux fédérations brelonnes-angevines. Révolution française, t. XX VII, p. 17).

6. Voy. fol. 27 recto, Reg. B de délibér. du club, Arch. commun. Cette confrérie a été établie en 1714 sous l’invocation de la Vierge (Arch. commun., série GG., carton 5).

7. « Quand le malheur des temps forçait quelque maison de- commerce à renvoyer des ouvriers, c'étaient des huguenots qui voulaient faire mourir de faim les catho-

Page 1