‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 63 sur 889 · LES PARTIS PROTESTANT ET CATHOLIQUE A MONTAUBAN · texte numérisé non relu

LES PARTIS PROTESTANT ET CATHOLIQUE A MONTAUBAN

récolte; ils s’organisèrent pour écarter du scrutin la bourgeoisie, et, nous dit celui d’entre eux qui raconte tout le complot, « un conseil municipal presque entièrement composé de royalistes sort triomphant de l’urne électorale ! ». Peut-être les élections avaientelles été altérées par la fraude ?, mais nous verrons que l’élément réactionnaire était bien prépondérant, et la municipalité nouvelle représentait sans nul doute la majorité. Cette municipalité était composée de nobles, de gens de robe, et d’ecclésiastiques; il s’y trouvait des négociants protestants, mais plusieurs, titrés et très rentés, pour faire corps avec la noblesse s’attachaient à sa cause *. « Les droits énormes que l’Assemblée donne au pouvoir municipal, le droit de requérir les troupes, de proclamer la loi martiale, d’arborer le drapeau rouge se trouvent placés ainsi ..... » aux mains des catholiques ‘. Dans ce travail de classement des partis et des haines on ne voit pas trace d’une intervention nette de Jeanbon Saint-André 5. Le 17 novembre 1789, il reprenait ses conférerices d'instruction morale et religieuse pour les enfants f, le 30 décembre il souscrivait une quote-part très raisonnable à la contribution patriotique ’, et c’est là tout ce que nous pouvons en dire. Les événements allaient bientôt le jeter sur la scène, et plus brutalement qu’il n’aurait voulu. |

liques » (Avis aux citoyens de Montauban). « Quels sont les bourreaux? .des ouvriers

qu’on occupe cette année par charité; quelles sont leurs victimes ? les chefs des ate-

- liers » (Détail circonstancié de ce qui s’est passé à Montauban, Toulouse, 15 mai 1790, 8p., in-8, Bibl. commun. Bordeaux).

1. D'Elbreil, p. 17. A Sainte-Affrique, en 1791, pour préparer une attaque contre les protestants et les patriotes, on commencera par les empêcher de participer à l’élection de la municipalité (Jeanbon à Lasource, Révolution française, t. XI, p. 369).

2. Lameth, dans la Constituante, 10 avril 1790 (Moniteur, t. IV, p.92). Une assemblée de catholiques, aux Cordeliers à Montauban le 23 avril, protestera contre ses propos (Arch. commun.).

3. Voy. Miscellanea Devals, Calendrier national de Montauban pour 1790, Livre rouge neuf, p. 346. Elue le 1er février, la municipalité à pour maire Pierre-Jacques de Godaille d’Ayrac, chevalier, marquis de Cieurac; procureur de la commune Jean Armand Lade, trésorier de France ; substitut Seguy de Castelnau, avocat au Parlement ; sont officiers municipaux : le comte de Gironde, le baron Dupuy-Monthrun, dont nous reparlerons, le vicomte de Chaunac, de Molières lieutenant de vaisseau, plusieurs magistrats ou titulaires d’oflices, le curé de Montauban, un chanoine, etc.

4, Michelet, Révolution, édition de 1879, t. II, p. 108.

5. Le « Discours adressé à une assemblée religieuse de protestants dans une ville du Quercy, le jour que la milice bourgeoise fut appelée à prêter le serment national en octobre 1789 » (collection Em. Forestié), n’est certes pas de Jeanbon, M. de Félice l’a démontré (Sermons protestants prononcés au désert, p. 41). L'auteur dit à la p. 24 : « Je vais finir la vingtième année de mon ministère au milieu de vous. » Or, Jeanbon n’est pasteur que depuis 1773, et son ministère à Montauban n’a commencé

qu’en 1788. L'ouvrage ne rappelle, d’ailleurs, ni le style, ni le tour d’esprit de Jeanbon; très faible, très décousu, il a été attribué au collègue de Jeanbon, Fonfrède de Robert, ou à Pradel.

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