Ve Reg. du club (ibid
- 8. Moniteur, t. XX, p. 743. Une des brochures des thermidoriens, Coup-d’œil sur le gouvernement de lu tyrannie décemvirale, déjà cité, accuse le Comité de Salut publie d’avoir communiqué au cabinet anglais le lieu de rendez-vous assigné au convoi et à la flotte de Brest !
786 SECONDE MISSION DE JEANBON A BREST L'amiral Howe sorti le 13 floréal (2 mai), pour escorter au large le convoi des Indes, était rentré le 15 à Sainte-Hélène près de Plymouth laissant en arrière le contre-amiral Montagu avec six vaisseaux. Mais le 16 floréal, il était reparti et s'était porté dans les parages d'Ouessant ‘. Son apparilion à portée de nos côtes contrastait avec l'immobilité où il s'était tenu tant qu'il y avait eu à redouter un débarquement des Français sur le sol anglais, et coïncidait trop bien avec les nouvelles de l’arrivée prochaine de Van Stabel pour ne pas inspirer de légitimes appréhensions.
En l’apprenant, le Comité de Salut public et Dalbarade, le Représentant à Brest et Villaret sont en émoi ?. La première pensée de Jeanbon est pour lescadre de Cancale dont l'éloignement dans la circonstance est extrêmement fâcheux. Le 16, Jeanbon expédie à Cornic un courrier extraordinaire ; le 18 Cornic répond qu’il va rallier la flotte de Brest, mais qu'il lui faut quelques jours avant d'être prêt *. *. Or, Jeanbon croit savoir maintenant que la flotte anglaise croise entre l’île de Batz el Brest, c’est-à-dire sur la route que devra suivre Cornic. Le conventionnel se trompe, c’est la division de Montagu qui occupé celle position. Cependant Jeanbon communique le 19 ce renseignement à Cornic et l’engage à se concerter avec Villaret sur les précautions à prendre pour gagner Brest sans être enlevé ‘. Il écrit, d'autre part, au Comité : «La division que commande ce contre-amiral (Gornic) doit exciler toute votre sollicitude. Le point où croise l’armée anglaise est intermédiaire entre elle et nous. Sa jonction est par là même infiniment hasardeuse; mais, de plus, elle n’est pas possible. Le salut du convoi et vos ordres me font un devoir d’appareiller aussitôt que le vent le permetlra. Or, nous sommes prêts et Cornic ne l’est pas ; eu sortant nous devons chercher le convoi, et ne pas nous amuser à ferrailler avec l’armée anglaise à moins que nous n’y fussions forcés par les circonstances. En remplissant cet objet impérieusement commandé par vos instructions nous devrons nous éloigner des côtes, et Cornic, partant après nous, restera seul. Faites-vous apporter une carte, examinez la position respective de l'armée ennemie, de la vôtre et de vos divisions, et décidez ce que vous jugerez convenable par rapport aux forces de Cancale. Cornic peut encore recevoir vos ordres par un courrier extraordinaire, car, ou je me trompe fort, ou il ne sera pas prêt de
1. Rouvier, Histoire des marins français sous la République, p. 145.
2. Ordres de service de Jeanbon : 16, 17, 19 floréal, pour hâter les travaux, expédier des bâtiments légers en éclaireurs, etc. (Arch. commun. Brest).
3. Ile Reg. d'arrêtés des Représentants du peuple, Jeanbon à Cornic le 19 en réponse à sa lettre du 18 (collection Maurice Loir).
4. « Le général Villaret dans sa sortie a ordre de se proposer pour seul but le salut du convoi de Van Stabel. Sa jonction avec toi n'est qu’un moyen d'atteindre ce but. Mais, puisque cette jonction entre dans les vues du Comité, devenant général divisionnaire de l’escadre de Brest c’est à l’oflicier qui la commande que tu dois proposer tes observations d’après lesquelles il te transmettra ses ordres » (collection Maurice Loir).