LE CONVOI DE VAN STABEL MENACÉ PAR LORD HOWE
huit jours !. » Avant d'avoir recu cette lettre, le Comité de Salut . public prescrit le 20 floréal (9 mai), que la division de six vaisseaux de ligne avec ses frégates et bâtiments légers mouillée à Cancale ralliera Villaret d’après les instructions que lui adressera Jeanbon Saint-André ?. Le 21, Barère écrit à Jeanbon, et, s'étonnant que celuici ne parle plus de partir avec la flotte après en avoir toujours « témoigné le plus vif désir », il lui dit qu’il faut partir : «le sort de la campagne navale est attaché aux événements de cette première expédition, les précautions les plus grandes nous sont prescrites, tu fais partie du Comité dont la responsabilité s'étend sur tous les évé- * nements de terre et de mer, la gloire du pavillon français et le salut de la République l’appellent impérieusement sur l'Océan. C’est de là que nous attendons de tes nouvelles et que nous te féliciterons bientôt d’avoir favorisé ét défendu l’arrivage des subsistances du peuple * »
Toutefois, d’après cet arrêté du 20 floréal qui envoie la division de Cancale renforcer la flotte qui doit se porter au-devant du convoi d'Amérique, Cornic « restera au Port-Malo pour suivre les opérations relatives à l'expédition qui lui a été confiée par un arrêté précédent », de même la division de Thévenard. Dans la lettre du 21 à Jeanbon, Barère rappelle à son collègue que le salut du convoi ‘est « l'unique objet de la sortie actuelle et qu’il faul conserver la flotte pour l’expédition importante que le Comité de Salut public a préparée ». Un autre arrêté du même jour, 21 floréal, renouvelle l’ordre précédemment donné par le Comité de porter le nombre des vaisseaux de ligne à 100, celui des frégates à 160 ; 15 vaisseaux, 32 frégates devront êlre construits d'ici un an *‘. La sortie de la - flotte à la rencontre de Van Stabel n'est donc qu'un incident, le Comité persiste dans ses projets antérieurs : l'expédition sur Jersey et le développement méthodique et constant de nos forces navales.
Le 21 floréal, Carnot écrit à Prieur de la Marne à Nantes de se rendre sans aucun délai à Brest, « pour remplacer Jeanbon qui doit joindre la flotte actuellement en mer * ». La flotte, quoi qu'en pense le Comité, n’est pas encore partie, les vents contraires la retiennent au mouillage ÿ.
Jeanbon en profite pour rédiger l'arrêté du 21 floréal (10 mai 1794), complémentaire du code pénal arrêté le 20 brumaire et transformé en loi le 16 nivôse. Considérant, dit-il, « que la loi doit par sa juste sévérité garantir à la nation que les scandales et les
1. Autographe, collection Maurice Loir. Jeanbon envoie au Comité la réponse de Cornic du 18 floréal, puis vient la lettre que nous citons in extenso.