‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 636 sur 889 · INSTRUCTIONS REGUES DE BILLAUD-VARENNE LE 27 FLORÉAI · texte numérisé non relu

INSTRUCTIONS REGUES DE BILLAUD-VARENNE LE 27 FLORÉAI

est signalée de la sorte, tandis que Howe avec vingt-cinq vaisseaux croise au large, des Sorlingues au cap Finistère ! . Mais Jeanbon demeure dans l'incertitude; il attend des rapports d’ avisos envoyés à Nielly et sur les côtes d'Angleterre, ces avisos ne rentrent pas et une brume épaisse régnant sur l'Océan augmente le mystère. D'autre part, ie 24 floréal, rentre à Brest le brick 'Épervier envoyé avec la frégate l'Atalante sous le commandement de Linois pour prévenir Van Stabel de la sortie de Nielly à sa rencontre, l'Épervier s'est séparé de Linois antérieurement au 19 floréal, date à laquelle 7’Atalante a été capturée par le vaisseau anglais Le Suwiftsure, l'Épervier ne peut donc avertir Jeanbon et Villaret que Van Stabel n’a point élé informé qu'une division française l'attend au large ?

Jeanbon presse l’armement des vaisseaux Le “Caton et le Mas tueux, il voudrait les joindre à l’armée navale, puis n’ayant pas assez de bouches à feu et de poudre à leur donner, il se résigne à les laisser en rade *. Cornic l’avertil par une lettre du 25 que la division de Cancale n'est pas encore prête, ne rejoindra pas l’armée avant quelques jours.

Le 27 (16 mai 1794), le Représentant reçoit de Paris un courrier extraordinaire. Billaud-Varenne l’informe que le Comité de Salut public, assuré d’après ses lettres qu’il montera sur la flotte, lui recommande cependant de ne partir que si le convoi court réellement des risques, si « la certitude est donnée par des vaisseaux français de la sortie de la flotte anglaise » ; il ne faut pas compromettre « nos forces navales quand tous nos moyens supplémentaires ne sont point encore mis à exécution, et que le moindre échec pourrait faire avorter notre plan de campagne contre l’Angleterre, EE ce n’est pas une victoire qu’il nous faut pour l'instant, mais notre convoi, ce n’est pas un combat, mais une contenance fière et imposante qui écarte l'ennemi ou le tienne en panne; ajourner notre vengeance c’est la rendre plus sûre“ ».Dalbarade propose en même temps à Jeanbon, pour amener l’escadre de Cancale à Brest, la route d’Oues-

1. Troude, Batailles navales, t. Il, p. 361, Guezno et Topsent au Comité de Salut public, 26 floréal : vingt-cinq vaisseaux anglais ont été rencontrés par 45° latit. et & long. (AF11 300), ils en avertissent Jeanbon.

2. BB3 61, fol. 49; BB 46, fol. 11. Guérin prétend que Linois fut le premier, dans cette croisière, à désobéir au décret prescrivant de ne pas faire de prisonniers anglais (p. 401); or, ce décret est du 7 prairial (Procès-verbal, t. XXXVIIT, p. 133).

4: De la main de Billaud-Varenne. Il commence par dire à Jeanbon qu'il lui avait écrit le 21 dans la supposition que la flotte avait déjà mis à la voile et qu'il n’y était pas, mais le Comité voit par la correspondance de Jeanbon qu'il montera sur la flotte. Suit le premier passage que nous citons, puis Billaud prévient Jeanbon que la division de Cancale a reçu depuis trois jours l’ordre de rejoindre la flotte, et que le commissaire de la marine (Dalbarade) ést chargé d'éviter qu’elle Soit coupée. Vient ensuite le second passage cité. Signé B. Barère, Carnot, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois (collection Maurice Loir). Noter que l’espion du gouvernement anglais dit que Jeanbon ne veut pas livrer bataille et envoie « sa protestation à Billaud-Varenne son ami» (The manuscripts of J. B. Fortescue, t. Il, p. 590), c’est une preuve nouvelle de ce fait qu’il comprend très mal tout ce qu’il peut recueillir auprès du Comité

sant ou celle des Orcades à son choix ‘. Le Représentant répand à que l'opération de lourner les Iles Britanniques par le Nord, entreprise un mois plus tôt, aurait inquiété « furieusement » le commerce ennemi, et alimenté la République et nos ports d’une foule d'objets essentiels, mais il aurait fallu la division de frégates de Thévenard.

Maintenant, cette expédition serait plutôt nuisible. Il faut que la flotte

aille se réunir à Nielly que peut-être Van Stabel a déjà rencontré. « Vous voulez que la sortie de la flotte ait pour unique but d'assurer votre convoi et vous avez raison. Vous ne voulez pas combattre, et en effet, dans la sortie actuelle, il n’y a que deux circonstances où l’ar--

mée doive se mesurer avec ennemi, l'une si l'ennemi voulait l’em- . pêcher de joindre le convoi, et l’autre s’il menaçait ce même convoi. Mais si la division de Cancale prend la route des Orcades un combat devient inévitable », car la flotte devra pour l’attendre prolonger son

séjour à la mer, sans compter que sur la route des Orcades la division

de Cancale est exposée à une attaque sans aucun espoir de secours et doit être considérée comme à peu près perdue. Il faut donc que la division de Cancale vienne par Ouessant, ce trajet ne lui demandera que vingt-quatre heures, en demeurant « le moins de temps possible à la mer et en suivant le parallèle indiqué pour l’arrivage du convoi vous pouvez être assez heureux pour éviter un engagement ».Jeanbon termine en assurant au Comité que le convoï est bel et bien en danger : trente-cinq voiles ont été reconnues, une forte division croise à l’ouvert de la Manche, le reste de la flotte ennemie a pu se porter dans le golfe de Gascogne: « Dans cette position, devezvous, pouvez-vous laisser votre convoi abandonné aux forces insuffsantes qui l’accompagnent? » Il ajoute : « La division de Cancale arrivant dans Firoise trouvera le Caton et le Majestueux dans la rade de Berthaume. Si elle peut nous joindre sans inconvénient elle sera renforcée de ces deux vaisseaux. Alors la flotte serait portée à 40 vaisseaux, et s’ils étaient tous réunis je répondrais au Comité que. les Anglais n’oseraient plus l’attaquer.?. »

Cette concentration de quarante vaisseaux fort difficile à réaliser à la mer, il eût été bien avantageux de l’opérer avant la sortie de l'escadre. Mais nous savons que si elle n’a point eu lieu, si la division de Cancale est, demeurée loin de Brest, la faute n’en est point à Saint-André.

Le jour où Jeanbon écrit de la sorte au Comité, le 27 floréal © mai), Prieur de la Marne arrive à Brest. Il y entre juste à temps ‘ssister au départ de la flotte, Jeanbon est déjà embarqué sur :gne. À trois heures de l'après-midi le vent tourne au Nord,

re heures commence l’appareillage *. Prieur qui regrette de

‘avons pas sa lettre, mais Jeanbon y So dans sa lettre au Comité de

$ du 27, citée ci-dessous.

é de Salut public, 27 floréal. AFrr 294. :

Comité de Salut public. Nantes, 24 floréal : « Je pars, je marcherai jot -. AFu178). Prieur à Garnier de Saintes et Ingrand à Nantes, 3 prairial : à s \ Brest « Jeanbon était déjà sur la flotte » (IVe Reg. de correspondance

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