Constaté dans l'instruction même (BB* 37, fol
escadres en présence durant cette campagne, avec une e netteté, une bienveillance dont nous ne saurions trop le remercier. Étant donné l’impossibilité de concilier certaines versions des événements, nous nous bornerons, quand il y aura lieu, à rapprocher les assertions ‘des principaux acteurs et témoins du drame. = ; Ceux qui ont laissé un récit des faits sont d’abord Villaret- or ;
et Jeanbon. Le premier a exposé les péripéties des journées du 9 et du 10 prairial dans une lettre du 11 à Dalbarade, et le combat du 13 dans une lettre du 14, également adressée à Dalbarade et qui est une sorte de rapport très court; il a précisé ses assertions sur les faits du 10 et du 13 dans une nouvelle lettre à Dalbarade du 1% messidor, dans une dénonciation qu’il a présentée en messidor à Donzé- Verteuil contre certains de ses capitaines ‘. Moreau de Jonnès, le capitaine anglais Brenton, lui prêtent sur la journée du 13 des propos ? dont il faut tenir compte, mais la date très postérieure à laquelle il aurait tenu ces propos, le peu d’exactitude de Moreau de Jonnès dansses Aventures de querre, la haine que Brenton manifeste vis-à-vis de la France à chaque ligne de son ouvrage, rend leur témoignage contestable. Jeanbon, lui, a écrit, le 14 prairial avant midi, une lettre au Comité de Salut public et une autre à Prieur à Brest, sur les événements du 10 et du 13 *; nous avons surtout de lui un Journal sommaire de la croisière de la flotte de la République commandée par le contre-amiral Villaret, tenu jour par jour par le Représentant du peuple Jeanbon Saint-André embarqué sur le vaisseau la Monlagne » ; comme l'indique le titre, comme le prouve le texte du manuscrit *, c’est bien un récit au jour le jour, écrit par le secrétaire Labrouche pour les deux tiers, et la fin de la main de Jeanbon; il est pourvu de notes marginales également de la main de Jeanbon, et le Représentant y a ajouté une conclusion de quelques lignes avant de l'envoyer au gouvernement ; le manuscrit, qui comptait 56 pages, a été imprimé au retour de la croisière à Brest chez Gauchlet, imprimeur des Représentants du peuple (65 p. in-12°), puis à Paris, par décret de la Convention du 16 messidor, à l’Imprimerie nationale (42 p
in-8°). Nous examinerons plus loin-si ce journal est exact. Constatons ici qu’il est sincère : il donne les faits tels que le conventionnel les a vus du bord de la Montagne, sans les éclaircissements ou rec-
1. BB 37, fol. 188-189; ibid., fol. 189-191 ; ibid., fol. 204; lettre à Donzé-Verteuil, ibid., fol. 224.
2. Moreau de Jonnès, Aventures de guerre sous le Consulat et l'Empire, déjà cité. Paris, 1858, 2 vol. in-8, t. I, p. 180 ; Brenton, The naval history of Great Brilain, from the year 1798 to 1836, 1837, 2 vo. in-8, déjà cité, t. l, préface, p. xix.
3. AFr1 294, au Comité de Salut public; Moniteur, t. XX, p. 751 à Prieur.
. 4. Le manuscrit aux Arch. nat., DxLnH, n° 3; jusqu'à la p. 42 de la main du secrétaire Labrouche, de la p. 42 à la p.56 de celle de Jeanbon. Une diatribe contre les fourneaux à réverbère, et une autre contre Dalbarade qui aurait communiqué les signaux aux caboteurs au risque de les laisser ainsi tomber sous les yeux des Anglais, sont raturées, nous ne savons pourquoi. Le manuscrit compte 56 feuillets écrits seulement au recto, les rapports sont imprimés tous les deux aux Arch. nat. dans ADvu, ne 36; l'édition de Paris, Bibl, nat., Le 39, ne 74.
tifications d’une enquête postérieure, et par cela même il est pour nous en l'espèce le document princeps. Notons aussi le rapport verbal fait par Jeanbon à la Convention le 16 messidor !,,et quelques
lignes relatives à la croisière dans sa Réponse à la dénonciation
des citoyens de la commune de Brest en l'an III.
Il subsiste les journaux de bord de la plupart des capitaines français, et les pièces du procès instruit en l’an III et l’an IV devant le tri- bunal révolutionnaire de Brest, puis devant la cour martiale maritime ?. Nous avons le témoignage d’un ofticier de marine présent aux trois combats et qui en a minutieusement étudié toutes les phases : le capitaine de frégate Le Baslard de Kerguyffinéc alors enseigne sur l’America; nous avons celui de certains capitaines dont Saint- André, au retour de la croisière, a inculpé l'attitude dans la bataille, et qui ont riposté dans des écrits naturellement pleins d’animosité, mais dont il faut tenir compte ‘. Les rapports des capitaines anglais
et de Howe ne sont pas moins précieux *.