SES DÉBUTS
lui substituaient de deux lettres, l’une pour le Comité de Salut public, l’autre pour Prieur. A ce dernier, le Représentant et l'amiral demandaient de leur envoyer toutes les frégates disponibles, au Comité ils faisaient part de cette demande t : « "Le service de l’armée en exigerait un bien plus grand nombre que nous n’en avons; ces bâtiments, obligés de chasser en avant, soit la nuit, soit le jour, se séparent souvent de l’armée, et dans ce moment il nous en manque trois depuis deux et trois jours, elles rallieront sans doute, mais en altendant le service souffre ?. » On a dit que Villaret avait tort d'envoyer ainsi les frégates en chasse, que Jeanbon et lui ne songeaient qu’à faire des prises ?. Mais, comme le déclare Saint- Andrée c'était une des nécessités de la croisière : les Français allaient à la recherche de Nielly et Van Stabel, ils étaient exposés à rencontrer l'amiral Howe et croyaient aussi au voisinage de Montagu, il leur fallait donc éclairer constamment et très au loin la marche de la flotte, arrêter tout bâtiment passant à leur portée pour se renseigner sur les forces existant dans les parages qu'ils traversaient. Les frégates s ’éloignaient trop, mais loin de les encourager le commandant en chef trouvait ces fugues très fâcheuses, et Jeanbon, non content de les blâmer dans la letire ci-dessus au Comité de Salut public, écrit dans son Journal : « Nos jeunes capitaines de frégates, emportés par leur ardeur, se livrent à des chasses opiniâtres et croient faire merveille en faisant beaucoup de prises sur le commerce ennemi, mais, en armée, le premier des devoirs est de se conformer strictement aux ordres du général et de le perdre de vue le moins possible. Une conduite différente nuit au service et expose ces frégates elles-mêmes à être prises, pour ainsi dire sous le canon de l’armée. » D'autre part, dans ces mêmes lettres, se dessine l'appréciation quele Représentant et l'amiral élaient amenés à formuler sur leur flotte après quelques jours de