‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 659 sur 889 · Chevalier, op. cit., p · texte numérisé non relu

Chevalier, op. cit., p

2. Déposition du lieutenant Bugeault et d’autres officiers du Jacobin devant le tribunal révolutionnaire (BB* 38, fol. 248). Ajoutons que Gassin, interrogé sur le point de savoir s’il avait signalé à Villaret ses avaries et l'impossibilité où elles le mettaient de rester dans la ligne et à son poste, Gassin a répondu : « Je ne me rappelle pas » (BB 88, fol. 246).

3. Mémoire de Gassin, Mémoire de Gassin et Bompard. Devant la cour martiale maritime, Bompard dit tenir de Renaudin que celui-ci, emprisonné en Angleterre, avait entendu le lieutenant de la frégate de l’amiral anglais s'étonner de l'injustice avec laquelle Jeanbon traitait les capitaines français, « notamment celui du vaisseau le Jacobin duquel l’amiral anglais avait reçu le plus de dommages pendant l’action de la journée du 13 » (BB# 37, fol. 440); mais le témoignage est bien indirect, et nous allons voir que les Anglais ont fort mal vu certaines péripéties du combat.

Villaret persuadé qu'il avait fait fuir son ennemi, Howe qu’il avait fait plier Villaret. Mais à la place de l’amiral anglais d’autres assaillants survinrent, qui, désemparés aussitôt par les 130 canons de /a Montagne, s'éloignaient pour être rémplacés par de nouveaux adversaires. Pendant près de deux heures, Za Montagne se battit dans un tourbillon d’ennemis et de, fumée, groupe mouvant et confus d’où s'élevait le fracas d’une canonnade si violente qu’elle dominait tous les bruits de l’action. Le vaisseau fut criblé, les voiles hachées, 300 hommes furent tués ou blessés parmi lesquels treize officiers sur dix-huit, tout le monde fut plus ou moins contusionné, Villaret renversé de son banc de quart qu’un boulet brisa sous ses pieds. Il y eut des traits d’un héroïsme invraisemblable : deux gabiers vont réparer l’étai du petit mât de hune au plus fort du feu, et restent ainsi une demi-heure au milieu des projectiles, chantant /a Marseillaise ; aspirant Chardon, la cuisse emportée, entonne /a Carmagnole pendant qu’on lui fait l’amputation,; le lieutenant chargé de la manœuvre, Hue, frappé au bras gauche, reste au combat jusqu'à ce qu'une deuxième blessure au bas-ventre le culbute; le premier lieutenant, Angot, atteint à la jambe, demeure à son poste, et le capitaine Basire, dont nous avons déjà signalé la blessure, expire en disant : « Assurez le Représentant du peuple que je fais en mourant des vœux pour la République t. »

Quant à Jeanbon lui-même, dans son Journal, il ne dit que ces quelques mots de son rôle : à propos de l’ordre d’arriver crié à Gassin, dans le moment où {a Queen Charlotte coupait la ligne derrière la Montagne, « j'allai moi-même sur la galerie pour le lui transmettre, et ce fut en le lui donnant que le citoyen Basire fut atteint d'un boulet. » Dans une lettre qu’il écrivit à Prieur, le 14 prairial, et qui parut au Moniteur, nous lisons ceci : « Nous avons perdu le brave Capitaine Basire, il est mort en faisant des vœux pour la République. Une foule de braves gens ont succombé. J’envie leur sort. J'en ai vu périr à côté de moi, sur moi, et la part qui m'était réservée n’a pas rempli mes désirs. J'embrasse tous nos amis, tu peux leur dire que nous sommes dignes d’eux. » Villaret, le même jour, écrivit à Dalbarade : «Si quelque chose me console, c'est qu’à la suite d’un combat-aussi sanglant et tel que l’histoire de la marine n’en offre nul exemple, le Représentant du peuple Jeanbon Saint-André, qui tantôt à mon côté, ensuite dans les batteries, encourageant et excitant l’ardeur des canonniers et des équipages, a vu tomber sur lui et à ses côtés nombre de malheureux sans qu'il n’ait recu qu’une légère égratignure à la main droite ». Dans son rapport du 14 messidor, Jeanbon cite deux jeunes gens frappés à côté de lui et qui ne se sont occupés de leurs blessures « qu'après avoir acquis la certitude que le Représentant du peuple n’était pas lui-même blessé ». Il n'aurait donc évité l'atteinte des projectiles ennemis que par un

1. Dossier formé par Villaret, AF1r 295 ; Jeanbon aux Jacobins à Paris, 11 messidor. Moniteur, t. XXI, p. 108.

pur hasard, Mais nous verrons plus loin des assertions qui Fe à à représenter sous un jour moins favorable l'attitude de Saint-André.

Vers 10 heures, 10 heures 1/2, « dans une éclaircie » dit Jeanbon, Villaret put voir l’ensemble de l’action, et le major général Delmotte dressa le plan du champ de bataille. Le feu recommencça peu après pour ne cesser que quelques heures plus tard. Il prit fin à 5 heures d’après le journal du Représentant, à 3 heures d’après son rapport .du 16 messidor. La table de loch de la Montagne marque le terme de l’action à 3 heures 1/2, et Villaret à 2 heures; le lieutenant- Siméon, commandant le Papillon, et le major général Delmotte disent que le feu cessa vers midi mais que quelques vaisseaux se battirent jusqu’à 2 heures, les journaux des vaisseaux signalent les manœuvres de Villaret pour rallier son escadre vers 2? heures ‘. Un fait certain c’est qu’à l'instant où le combat prit fin, les deux armées étaient dans le plus complet désordre.

Selon Villaret, il n’y avait plus en ligne, dans le been de la Montagne, que le Terrible. Le plan ci-contre (p. 841) de Delmotte mentionne cependant à droite du Terrible le Téméraire, et à la gauche de Za Montagne l’Entreprenant. Gette dernière indication paraît fausse, !’Entreprenant ayant suivi le Patriote. Le plan mentionne encore à gauche de {a Montagne, le Neptune, le Scipion dont la présence réelle sur ce point nous paraît bien douteuse. Sous le vent, à deux lieues au sud de la Montagne, étaient en ligne, parallèlement à la direction de la ligne formée au commencement du combat, l'Eole, le Tourville, le Trajan, le Tyrannicide, le Jacobin; entre le Jacobin et le Neptune était le Patriote ; en avant du Neptune et près de l'ennemi /e Trente et Un Maiet le Républicain. Ce fut d'abord tout ce qu’aperçut Villaret. Il fit signal de le rallier aux six vaisseaux qui étaient sous le vent ?, il ne fut pas obéi. Alors il laissa arriver sur eux pour les joindre. Mais ensuite, l'amiral français vit au vent à lui seize vaisseaux complètement démâtés « pêle-mêle avec l'armée anglaise », et dans ce groupe il y avait certainement de nos bâtiments; de plus e Pelletier, le Gasparin, la Convention se trouvaient à deux lieues au vent de l’armée anglaise, c’est-à-dire au nord de celle-ci et des vaisseaux démâtés (voy. le plan p. 841).

Villaret s’expliqua ainsi la situation : les six vaisseaux en ligne sous le vent faisaient presque tous partie de son avant-garde, donc celleci avait plié, les vaisseaux démâtés représentaient l’arrière-garde qui avait tenu bon et que les Anglais avaient écrasée. Jeanbon raisonne de même : « L’ennemi, dit-il, voyant que notre avant-garde avait plié, s'était porté sur notre arrière-garde ». Gassin, M. Maurice

1. D’après Villaret le combat commence à 9 heures et dure cinq heures. Le capitaine Vignot, successeur de Basire sur la Montagne, déclare à la cour martiale qu’à 1 heure et demie de l'après-midi il y eut une éclaircie et que La Montagne fit signal de virer de bord, que ce signal n'ayant pas été exécuté fut répété à 3 heures et alors obéi (BB* 37, fol. 379).

2 Dénonciation de Villaret à Verteuil en messidor, déposition du capitaine Vignot citée plus haut, confirmée par Troude.

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POSITION DES DEUX ARMÉES AU MOMENT OU LE FEU À CESSÉ ET QUE LA FUMÉE S’EST DISSIPÉE,

Les vents au Sud, sur les trois heures ils ont varié au S.-S.-E.

Nota. — Le feu ayant cessé sur les 3 heures environ, époque où {a Montagne a arrivé pour rallier les vaisseaux sous le vent.

T Vaisseaux démâtés de tous mâts dont sept anglais. mm Vaisseaux français.

0 Vaisseaux anglais.

B. Frégates de la République.

D. Le Papillon.

E. La Nayade.

1 ’Éole : 2 lé Tourville ; 3 le Trajan; 4 le Tyrannicide; 5 le Jacobin; 6 le Patriote ; ? le 31 mai; 8 le Républicain; 9 l’Entreprenant'; 10 la Montagne; 11 Ze Terrible ; 12 le Neptune; 13 le Téméraire; 14 le Pelletier; 15 le Gusparin ; 16 la Convention.

q vaisseau anglais fuyant vent arrière ayant son mât d’artimon bas. Observations : à la fin du combat il y avait une vingtaine de vaisseaux ennemis qui avaient leurs mâts debout y compris les frégates. Le reste était démâté de leur grand mât, mât de hune, mât d’artimon.

Chiffré au désir de la Représentation en la séance du jury militaire tenue au port de Brest le 29 de nivôse an 4. Delmotte.

(Arch. marine, BB*+ 37.)

Loir adoptent cette manière de voir : au dire de M. Loir, les Anglais ont percé notre centre, et écrasé notre arrière-garde, tout en forçant notre avant-garde à rester spectatrice du combat. Mais, parmi les six vaisseaux en ligne sous le vent, quatre: le Trajan et le Tyrannicide, le Jacobin et le Patriote, appartiennent au centre; deux vaisseaux de l’avant-garde : le Téméraire et le Terrible, figurent: sur le plan Delmotte comme restés en ligne; deux autres de l’avantgarde, l’America, le Mucius, étaient parmi les vaisseaux démâtés que Villaret et Jeanbon croyaient appartenir à l’arrière-garde. On peut donc soutenir avec Troude et M. Chevalier que les Anglais n’ont pas effectué un mouvement tactique qui aurait consisté à refouler l'avant-garde puis à écraser le centre et l’arrière-garde, mais qu’on s’est battu sur toute la ligne au hasard.

Il fallait en hâte aller chercher les vaisseaux démâtés. S'ils avaient conservé quelque gréement ils auraient pu établir une voile de fortune et rallier Villaret, mais rasés comme des pontons ils étaient cloués à leur place, el à portée des Anglais qui pouvaient s’en emparer d’un instant à l’autre. Villaret rapporte qu’il fit signal à ceux qu'il venait de rallier sous le vent de virer de bord avec lui, atin de former une nouvelle ligne de bataille et d’aller dégager leurs infortunés compagnons. Jeanbon ne parle pas de cet ordre. Troude le confirme, de même le capitaine de frégate Degouy qui le considère comme une très bonne inspiration ‘. Les vaisseaux ralliés n’obéirent qu'au bout d’une heure et demie et après que Villaret leur eût répété le signal. Plus tard ils objecteront leurs avaries. Leur attitude ne permeltait pas à l'amiral de faire grand fonds sur eux au cas où il faudrail recommencer le combat pour arracher à l'ennemi les vaisseaux démâtés. Néanmoins, Villaret, avec une ligne de dix à douze vaisseaux, défila en ordre de bataille parallèlement aux bâtiments désemparés et aux Anglais. Ce mouvement permit au ÆFépublicain, au Mucius, au Trente et Un Mai, au Jemapes de se dégager, de déployer un bout de voile et de rallier l’armée.

Villaret ne poursuivit pas cette tentative. Il a dit que pour aller joindre les navires qui avaient abandonné le combat et étaient tombés sous le veut, il avait dû tomber sous le vent lui aussi, que par suite il avait désormais le vent contre lui et ne pouvait se rapprocher des vaisseaux démâtés. Effectivement, il n'y serait arrivé qu’en louvoyant péniblement, manœuvre difficile avec des bâtiments de gréement avarié comme ceux qui lui restaient. En outre, pour retirer ses vaisseaux mêlés à ceux de l'ennemi, il eut élé sans doute forcé d'engager un nouveau combat. Troude l’approuve. Gassin et Bompard, Kerguelen, Guérin, Rouvier déclarent qu'il aurait dû tenter l'opération, M. Maurice Loir est assez de cet avis : les deux premiers

1. Degouy, La stratégie navale (Revue des Deux Mondes, juillet-août 1889, p. 789) : « Nous n'aurions même laissé aucun vaisseau entre les mains de nos habiles adversaires, si le virement de bord signalé par Villaret à la fin de La journée avait été ponctuellement exécuté par toute son armée navale. »

prétendent que les vaisseaux démâlés dérivaient du côté de Villaret,

que celui-ci aurait pu facilement les recueillir. Les rapports de l’Achille et de l’Impétueux afirment que le passage de Villaret à distance en ligne de bataille eut pour effet de déterminer chez les Anglais un brusque mouvement de retraite; Gassin et Bompard se contentent de dire quel’ennemi très désemparé ne songeait point du tout à nous disputer les vaisseaux démâtés. M. Chevalier affirme que lord Howe, beaucoup moins maltrailé que Villaret, aurait eu dans un nouveau combal une supériorité matérielle considérable, et que l'amiral français agit prudemment en ne risquant pas une seconde bataille pour sauver les bâtiments désemparés. Voy. pour plus de clarté le plan ci-contre (p. 845).

On a fait intervenir Jeanbon pour expliquer que Villaret se soil décidé à la retraite. Un certain Bouvet de Cressé, sur le compte duquel nous aurons à revenir, affirme que par lâcheté Jeanbon défendit à l'amiral de tenter un mouvement offensif. Guérin et Rouvier l’admettent quoique Bouvet ne mérite aucune créance. Troude parle d’une conversation entre le Représentant et l'amiral où le premier aurait dit : « Si, en provoquant un nouveau combat, vous entrainez la destruction de l’armée navale, qui protégera le convoi de grains? » Mais il place cette scène au 14 prairial et la fait coïncider avec l'apparition de l’escadre Montagu, laquelle ne fut rencontirée que le 21 prairial. Du Chatellier déclare tenir du capitaine de pavillon de /a Montagne (sans doute Vignot, le successeur de Basire), que Jeanbon aurait simplement dit à Villaret : « Amiral, c’est à vous de prononcer, et quoi qu’il en soit, l'honneur de la République doit être intact, elle ne doit rien perdre !. » Chevalier pense que peutêtre, sans parler impérativement, Jeanbon aura rappelé à Villaret les instructions du gouvernement lui prescrivant la défensive, et lui aura fait observer qu’on n'avait aucune nouvelle de Van Stabel ?. En réalité, l'intervention même de Jeanbon reste douteuse, rien ne prouve qu’il ait cherché à peser sur la détermination de Villaret.

Que ce soit par prudence ou par impossibilité matérielle d’approcher les vaisseaux démâtés, il est cerlain que Villaret mit en panne. Mais aux vaisseaux qu’il avait déjà ralliés, il signala que ceux qui étaient en état de manœuvrer s’élevassent dans le vent pour aller offrir des remorques. Il£ n’en firent rien. Il signala également au Pelletier, au Gasparin et à la Convention, qui étaient au-delà des

1. Troude, t. IT, p. 361. Du Chatellier, Révolution en Bretagne, t. IV, p. 165. La National Biography (article sur Howe, t. XX VIII, p. 98, col. 2) prétend que Jeanbon était le véritable commandant en chef de la flotte, se fondant sur deux passages de Chevalier (pp. 127 et 131) qui n'ont pas cette signification. En réalité, nul ne sait la part à faire au Représentant et à l’amiral dans la direction de l'escadre.

2. Rouvier dit que Villaret apprit dans la soirée « qu'on avait aperçu beaucoup de bâtiments dans le sud, nouvelle qui décida Jeanbon à ne pas rechercher d’autres combats, parce qu'il supposa que Van Stabel avait passé » (p. 177). Nous n’avons vu nulle part trace de ce renseignement, et le Journal de Jeanbon montre qu’il n'avait que des présomptions morales sur la rentrée du convoi dans nos ports lorsqu'il revint à Brest.

vaisseaux démâtés, dele rallier vent arrière, eten passant de donner des remorques ; ils se contentèrent de venir se réunir à lui, bien que chemin faisant ils s’entendissent héler par l’/mpétueux et l’América qui leur demandaient du secours (voy. le plan p. 845). Villaret prescrivit encore aux frégates et corvettes d'aller chercher les bâtiments démâlés en louvoyant jusqu’auprès d'eux. Mais elles étaient trop peu nombreuses, La Précieuse aborda le Papillon et lui fit des avaries qui le mirent dans l'impossibilité d'offrir une remorque, bien que Jeanbon, dans son rapport du 16 messidor, affirme que le Pa-, pillon réussit à remplir cette mission; une corvette arrivée près de l’Achille s'enfuit, sur quelques coups de canon tirés par l'ennemi; /a Galathée parvint à remorquer Ze Terrible. Les autres frégates et corvettes revinrent en déclardnt que les vaisseaux démâtés appartenaient à la flotte anglaise. On pouvait s’y tromper, s'il faut en croire Troude qui assure qu'aucun de ces vaisseaux n’avait conservé son pavillon ; mais Troude est contredit sur ce point par le journal de bord de ces vaisseaux même et par le rapport du Papillon. Il faut donc admettre que les frégates et corvettes déguisèrent la vérité à l'amiral pour ne pas être accusées d’avoir mal rempli leur mission. Villaret ne trouva point leurs affirmations invraisemblables, car des officiers lui assuraient avoir vu deux ou trois vaisseaux français s'éloigner avant la fin du combat, et il dut penser que c’étaient là les bâliments qui lui manquaient.

Peut-être l'entretien de Villaret etJeanbon sur l’opportunité d’un mouvement offensif, en admettant la réalité de cet entretien, eût-il lieu après le retour des frégates. Howe n’avait point encore bougé depuis la cessation du feu : très maltrailé lui-même et craignant une nouvelle attaque, il expédiait de son côté, au dire de Teillard commandant de /’Zmpétlueux, des bâtiments légers parmi les vaisseaux démâtés pour dégager ceux qui lui appartenaient. Ces navires désemparés restaient donc entre les deux armées et devaient être la proie du vainqueur. Ceux d’entre eux qui étaient français espéraient toujours l’approche-de Villaret. Teillard avait « fait mettre le pavillon en berne et la flamme nationale par dessus pour demander assistance. Celte opération, quoique fort triste, élait accompagnée des cris de Vive la République ». Officiers et équipages passèrent par de cruelles alternatives de joie et de déception : ils virent d’une part /a Convention, le Gasparin, le Pelletier, et d'autre part les frégates de Villaret arriver sur eux, puis s'éloigner ; ils constatèrent que leur amiral, après avoir défilé à une certaine distance, demeurait obstinément en panne, et Teillard considéra cette attitude de Villaret comme une reculade, il la consigna sur son Journal en termes amers.

Puis, soit que le retour des frégates françaises auprès de leur flotte le décidât, soit que l’immobilité de Villaret le rassurât, Howe s’enhardit à saisir la proie qui était à sa portée : à 2h. 1/2, le Sans Pareil fut amariné, à 3h. 3/4 l’Impétueux, à 4 h. 1/2 le Juste : ce sont 1à les heures indiquées par le Journal de chacun de ces bâtiments. Pourtant, le rapport du Papillon prétend qu’à 4 h. 1/2

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