‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 665 sur 889 · LE CONVOI DE VAN STABEL DEMEURE EN DANGER · texte numérisé non relu

LE CONVOI DE VAN STABEL DEMEURE EN DANGER

entrés. En conséquence, il continua sa croisière pour les guetter au passage ‘. Son retour momentané à Plymouth n'avait eu d’autre avantage pour nous que de permettre à Doré le voyage de Cancale: à Brest. En reprenant sa faction sur Ouessant, Montagu redevenait très dangereux pour Van Stabel, pour Villaret,.

Pendant ce temps, Thévenard le cherchait inutilement de l’île de Batz à Cancale. Le 20 prairial (8 juin), ce capitaine rencontrant des frégates ennemies les pourchassait jusque sur Guernesey, puis il rentrait à Cancale. L’essai de diversion que lui avait prescrit le Comité de Salut public n’avait point abouti. L’état-major du Scévola un de ses vaisseaux, le dénonca au Représentant Le Carpentier qui, le 27 prairial, le fit mettre en arrestation ?.

De son côté, Prieur était fort anxieux sur le sort de la flotte. Le 14 prairial il avait écrit à Jeanbon : « Au nom de la République, donne-nous de tes nouvelles, je n’en dis rien mais ton silence me donne de l'inquiétude *. » Averti de la présence de Montagu, il sentit

. redoubler ses craintes, il pensa bien que l'Anglais était là « soit pour intercepter notre convoi qui peut arriver d’un jour à l'autre, soit pour prendre les bâtiments qui auraient souffert dans notre armée, soit enfin pour intercepter les vaisseaux ou frégates qui sont dans le cas de venir rejoindre à Bertheaume. La position de cette division anglaise est d'autant plus dangereuse que le général de notre armée ne la soupçonne pas, et qu’il serait possible que la flotte ennemie en face de la nôtre ne fût là que pour faire diversion en laissant à cette division le soin de faire à notre convoi tout le mal possible #. »

D'accord avec le commandant des armes, le contre-amiral Vautier, etavec Doré, Prieur prit le parti de faire sortir ce dernier pour observer Montagu : « Celle croisière, disait-il, aura le double avantage d’inquiéter l'ennemi, d'exercer et tenir en haleine nos jeunes équipages, et d’être plus à la disposition de l’armée qu’elle pourra rejoindre au premier signal * ». Sorti le 20 prairial au matin avec les sept vaisseaux de Bertheaume et quelques frégates, Doré rencontra Montagu avec dix-sept voiles dont douze vaisseaux. Il se hâta devant ces forces supérieures de rentrer à Bertheaume f. Le contre-amiral

anglais continua son inquiétante croisière.

1. Extrait des nouvelles de Londres du 13 juin 1794 (Guerre : armée des côtes de Brest).

2. AFn 297 dossier Le Carpentier ; BB‘ 36. fol. 17, 18 ; Le Carpentier au Comité de Salut public, 27 prairial (AFr 178).

3. IVe Reg. de correspondance des Représentants du peuplé. Arch. commun. Brest. ‘Cette lettre dut partir par les avisos de la division de Cancale : Le Marat et les Trois Couleurs que Vautier dit, le 16 prairial, avoir envoyé à l’armée navale avec les paquets de Prieur et Dalbarade (BB? 13, fol. 291).

4. Prieur au Comité de Salut public, 19 prairial, 11 heures du soir (IVe Reg. de correspondance des Représentants du peuple; l'original dans la collection Maurice Loir).

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